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Les Narvals
Le genre Monodon
Le Narval  (Monodon monoceros) ou Licorne de mer des Anciens est la seule espèce comprise dans le genre Monodon L. C'est un Cétacé odontocète, de la famille des Monodontidés, ou Baleines blanches, qui comprend aussi le genre composé des Bélugas.

Le Narval est remarquable par sa denture très anormale. Il n'y a pas de dents à la mâchoire inférieure et la mâchoire supérieure porte seulement une paire de grandes canines dirigées en avant, mais dont celle de droite reste toujours enfermée dans son alvéole, tandis que celle de gauche se développe, chez le mâle, en forme de défense, droite, mais tordue en spirale, dirigées en avant dans l'axe du corps et pouvant atteindre 2 à 3 m de long, c.-à-d. le tiers ou la moitié de la longueur totale de l'animal. La couleur est d'un gris pâle, plus claire dessous, avec de nombreuses marbrures foncées sur les flancs. Il n'y a pas de nageoire dorsale. 
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Narvals.
Narvals. Source : marinebio.org.

Le Narval monocéros (Monodon monoceros)

Le Narval a la tête relativement petite, le cou court et gros, le corps allongé, fusiforme, la nageoire caudale très grande, assez profondément échancrée en son milieu, lisse sur ses deux faces; un pli cutané indique seulement la nageoire dorsale. La peau est nue, lisse, veloutée, molle, luisante, et relativement mince; l'épiderme n'a que l'épaisseur d'une feuille de pa pier; le corps muqueux n'a pas deux centimètres d'épaisseur; le derme est mince, bien que solide. 

La couleur varie suivant l'âge et suivant le sexe. Le mâle est blanc ou blanc-jaunâtre, avec  des taches nombreuses, allongées, irrégulières, blanches ou brunes; chez la femelle, les taches tirent plus sur le brun. Elles sont dans les deux sexe plus serrées sur le dos que sous le ventre, et sont souvent confluentes sur la tête. Les jeunes animaux sont d'un gris bleuâtre ou ardoisés, mais sans taches; les animaux d'âge moyen ont des taches plus serrées et plus foncées que les vieux.

La défense, longue de deux à trois mètres, qui, chez le mâle, sort horizontalement de la mâchoire supérieure, est, quand elle a été nettoyée, d'un blanc jaunâtre, avec la pointe d'un blanc pur; pendant la vie de l'animal, elle est toujours sale. 

Exceptionnellement, les deux défenses se développent à peu près également chez le mâle; chez la femelle elles restent toujours rudimentaires. Le jeune, avant sa naissance, porte à la mâchoire supérieure trois autres paires de dents qui s'atrophient et disparaissent chez l'adulte.

La taille du narval est.de 4 à 5 mètres; elle peut même dépasser parfois les 6 m.

Distribution géographique. 
Le narval habite les mers du Nord; on le trouve surtout entre le 70° et le 80° de latitude nord, dans le détroit de Davis et la mer de Baffin. Il est commun dans le détroit du Prince-Régent, dans l'océan Arctique, entre le Groënland et l'Islande, à la Nouvelle-Zemble et sur les côtes septentrionales de la Sibérie. Il ne descend que rarement au sud du cercle polaire. Son apparition a été constatée plusieurs sur les côtes d'Angleterre, et  sur les côtes d'Allemagne.
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Narval.
Narval.

Moeurs, habitudes et régime. 
Nous ne devons pas nous étonner si les Anciens ont raconté mille fables au sujet du Narval. Un animal aussi singulier a dû provoquer l'étonnement de l'humain, et tant que la science n'est pas venue apporter ses observations, l'imagination a pu se donner beau jeu. La défense, surtout, a été le sujet de bien des légendes.

Strabon, déjà, parle d'une licorne marine de très grande taille, et que l'on trouve fréquemment sur les côtes d'Espagne avec la baleine. Albert le Grand, un peu plus explicite, dit que cet animal est un poisson; qu'il porte sur le front une corne, avec laquelle il peut percer les autres poissons et même les navires; mais qu'il est si lent, que ceux auxquels il s'attaque l'évitent facilement. Un auteur inconnu dit que ce monstre marin a le pouvoir de percer même de grands navires, de les détruire, et de causer ainsi la mort d'un grand nombre de personnes; mais que le Créateur, dans sa bonté, a fait cet animal si lent que les navires auxquels il est signalé ont tout le temps de s'enfuir. Roggefort en donna le premier dessin exact. D'après lui, le Narval se sert de sa corne pour combattre les baleines, et pour briser la glace; aussi en voit-on souvent dont cet organe est cassé. Fabricius mit en doute que le Narval attaquât, comme on le croyait, avec sa défense, les soles et les autres poissons dont il se nourrit, et qu'il la tint relevée jusqu'à ce que sa proie arrivât à sa bouche, de façon à ce qu'il pût la saisir avec sa langue. Scoresby est de l'avis de ceux qui voient dans cette dent un organe nécessaire pour casser la glace. Pour nous, nous ne la considérons que comme une de ces armes que portent souvent les individus mâles d'une espèce; nous ne comprendrions pas, autrement, comment pourrait vivre la malheureuse femelle, si cet organe était si indispensable à la vie du Narval, puisqu'elle en est privée. 
Le Narval évite la terre, et recherche la pleine mer. Peut-être, comme nombre de cétacés, émigre-t-il de l'est à l'ouest et de l'ouest à l'est on n'a pour se fixer à ce sujet que les récits des Groenlandais.

Rarement, on voit le Narval seul. Les navigateurs ont rencontré généralement des troupes de 15 à 20 individus, toujours du même sexe. Dans le Nord, surtout là où les glaces laissent une grande étendue de mer libre, on les trouve réunis par centaines.

Autant qu'on a pu le constater, les Narvals sont des animaux paisibles et inoffensifs, ne cherchant querelle ni à leurs semblables, ni aux baleines. Ils nagent serrés les uns contre les autres, l'un appuyant sa dent sur le dos de celui qui le précède. Souvent deux ou trois dents se croisent. Ils ne se servent même pas de leur défense pour se défendre contre les Orques qui ravagent leurs bandes. 

Quant à la lenteur de mouvements que les premiers observateurs leur ont reconnue, les navigateurs ultérieurs la nient. D'après eux, au contraire, le Narval serait très vif, et nagerait avec une incroyable rapidité. D'un seul coup de sa queue, il tourne habilement à droite ou à gauche; mais il lui est difficile de se mouvoir dans un cercle étroit. Chaque fois qu'il arrive à la surface de la mer, il lance de l'eau par ses naseaux avec un grand bruit. Quand un troupeau est réuni, on entend comme un gargouillement, produit par le passage simultané de l'air et de l'eau.

Le Narval se nourrit de mollusques et, de poissons. Scoresby trouva dans l'estomac d'un individu qu'il ouvrit des pleuronectes, qui avaient presque trois fois la largeur de sa cavité buccale, et il se demande comment il lui était possible, avec sa bouche édentée, de saisir et d'avaler de pareilles proies; il croit qu'il les avait auparavant transpercés de sa dent, et les avait avalés après les avoir ainsi tués. Mais ce navigateur oublie la malheureuse femelle, qui, elle aussi, a besoin de vivre. Il est probable que le Narval atteint sa proie à la nage, et la comprime dans sa bouche pour pouvoir l'avaler. (A.E. Brehm /E. Trouessart).

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