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Pression

Pression (dans l'orgue), n. f. - La pression de l'air, dans les soufflets et les sommiers de l'orgue, doit être équilibrée de façon à ce que les tuyaux sonores parlent bien, avec la justesse et la netteté requises. Dans l'orgue hydraulique de l'Antiquité et du haut Moyen âge, cet équilibre était obtenu par la pression de l'eau qui comprimait l'air destiné à alimenter le sommier. 

On a pu établir qu'une hauteur d'eau déterminant une différence de trois pouces et demi (environ 7,5 cm) avec l'eau était suffisante : ce chiffre indique la pression maximum nécessaire. Avec les orgues à soufflets, ces derniers étaient souvent insuffisants : on y remédiait en les multipliant et en surchargeant de grosses pierres ou de lingots de métal la table supérieure des soufflets. La pression constatée dans l'orgue antique resta sensiblement la même jusqu'au cours du XIXe siècle : les meilleures orgues avaient des pressions mesurées au manomètre hydraulique, s'étageant d'environ 4 centimètres à 7,5 cm. Mais, avec les progrès considérables de la soufflerie, obtenus à partir d'environ 1830, on put augmenter la pression d'air, et par conséquent la force des jeux. Une pression de 7,5 cm devint bientôt la moindre : avec les jeux d'anches, on arriva à des pressions de plus en plus fortes. 

Cavaillé-Coll, en 1839, inaugurait des sommiers à double laie, de manière à obtenir des pressions différentes pour le grave et l'aigu d'un même jeu, afin d'en équilibrer la sonorité, ce qu'avaient cherché en vain les facteurs de toute époque. 

Dans l'orgue de Saint-Sulpice (1862), de grands réservoirs « alimentaires » sont chargés par les soufflets à des pression de 10 à 20 cm de colonne d'eau de là, l'air passe dans des réservoirs « régulateurs » qui distribuent, l'air comprimé à des pressions variant de 8 à 15 cm. suivant les jeux ou les tuyaux. 

De leur côté, les facteurs anglais poussaient de plus en plus les pressions pour les grands jeux d'anche. Dès 1833, un jeu du Town-Hall de Birmingham avait 22 cm de pression; en 1867, quatre jeux d'anche du St. George's Hall de Liverpool avaient une pression renforcée à 55 cm; celui de la cathédrale Saint-Paul, de Londres (1872, restauré en 1891) a une tuba de 62 cm de pression et en 1896, Hop Jones proposait un jeu analogue de 2,50 m de pression pour la cathédrale de Worcester : mais ce dessein ne put être, pratiquement réalisé. Néanmoins, l'orgue de la cathédrale de Liverpool (1914) a des pressions allant de 8 cm à 1,72 m.

La pression des doigts sur les claviers demande beaucoup de force dans les anciennes orgues : on a évalué à environ 550 à 600 grammes l'analogue de la force d'un doigt pour enfoncer les touches divers orgues demandaient même de 1200 à 1400 grammes. L'invention du levier pneumatique par Barker (1832), remédia à cet inconvénient, que les systèmes tubulaires ont complètement supprimé dans les orgues de construction nouvelle. (Michel Brenet).

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Dictionnaire Musiques et danses
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