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Le Lied
est une romance, une chanson, une sorte de
ballade très cultivée en Allemagne. C'est strictement une
poésie destinée à être chantée, exprimant,
dans une série de strophes à mélodie identique, un
sentiment unique. En fait, cependant, le lied
n'est pas toujours composé en vue du chant,
et le sentiment qu'il exprime est parfois complexe. Il existait déjà
des lieder chez les Germains à l'époque de Tacite,
qui a en vue ce genre lyrique lorsqu'il parle
de carmina antique (Germ., II). Le plus ancien lied qui se
soit conservé est le Hidebrandsled, fragment de la légende
héroïque. Au même sujet appartiennent le Nibelungenlied,
qui est en réalité un poème épique
résultant de la fusion de lieder anciens; le Seyfridslied,
etc.
Au Moyen âge
on voit aussi apparaître : des lieder religieux (geistliche lieder),
qui furent suivis d'une foule d'autres composés par Luther,
Klopstock,
Novalis, Annette de Droste-Hülshoff, etc.; des lieder à sujet
patriotique ou historique, tel le Ludwigslied, auquel Walther de la Vogelweide,
Gleim, Arndt, Berner, etc., donnèrent de
nombreux successeurs; des lieder ayant l'amour pour thème, dont
les auteurs, depuis les Minnesinger jusqu'à
l'époque contemporaine, en passant par Goethe,
Lenau, Heine, etc., sont innombrables.
Plus tard, apparaissent les lieder populaires
(volkslieder), dont le caractère essentiel est la naïveté
et l'ingénuité. Les deux recueils principaux de volkslieder
sont : le Cor merveilleux de l'enfant, publié en 1806-1808
par Achim d'Arnim et Clemens
Brentano et Anciens lieder populaires hauts et bas allemands,
collection publiée en 1844-1845 par L. Uhland.
En tant que type musical, le lied est une
mélodie vocale, et ce genre de composition a produit d'innombrables
chefs-d'oeuvre. Il suffit de rappeler les noms de Beethoven,
de Franz Schubert, de Mendelssohn, de Kücken, de Schumann, de Robert
Franz, d'Henri Proch. En ce qui concerne sa forme proprement dite, elle
est volontiers de deux sortes : ou les diverses strophes de la poésie
se disent toutes sur la même musique, ou bien la poésie, prise
dans son ensemble, est mise en musique d'un bout à l'autre, sans
qu'on en puisse détacher une partie. Dans ce dernier cas, la forme,
plus élargie, suit de plus près le sens intime des paroles. |
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