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Gaillarde

Gaillarde, très ancienne danse, à trois temps et d'un mouvement vif et animé, que l'on exécutait ordinairement après la pavane ou d'autres danses plus graves.

La gaillarde a été complètement décrite par Tabourot comme le branle; elle comprenait cinq pas et une attitude, et se dansait cavalier et dame séparés. La musique était celle du tourdion, mais plus lente; elle se sautait. La variété des mouvements était illimitée; les pas étaient ceux de la vieille école française (ruade, grue, etc.), combinés avec les cabrioles qu'on exécutait à la onzième ou à la dix-septième mesure, sautant et frappant les pieds en l'air l'un contre l'autre. La volte, d'origine provençale, était une espèce de gaillarde dont la vogue fut générale dans toute l'Europe au XVIe siècle. Les pas et les mouvements s'exécutaient en sautant ou en réunissant les pieds. 

En voici la description : le couple après avoir fait la révérence faisait quelques pas de danse en se tenant par la main; un pas avec un petit saut sur le pied gauche, un pas plus grand du pied droit et un grand saut à pieds joints. Pour tourner, le cavalier quittait la main gauche de la dame, passait son bras gauche derrière son dos, la saisissait à la taille avec la main gauche, tandis que de la main droite il prenait son corsage, appuyait sur la hanche gauche pour l'aider à sauter; la dame prenait de la main droite l'épaule ou le collet de son cavalier, abaissant sa robe de la main gauche, puis ils s'enlevaient légèrement, lui sautant sur le pied gauche, elle sur le droit, le second pas plus allongé n'était pas sauté; ils l'exécutaient en changeant de pied, elle du pied gauche et lui du pied droit; puis ils faisaient un grand saut en pivotant et retombaient en position les pieds joints, ayant exécuté une conversion de trois quarts. Ils continuaient alors en reprenant les mouvements énumérés. 

On se rendra aisément compte de la fatigue que comportait la volte; ses amateurs étaient souvent tellement échauffés et mouillés par la transpiration, qu'il leur fallait changer de linge pendant le bal. L'amour que le duc d'Anjou, plus tard Henri III, conçut pour la belle Marie de Clèves, est rattaché par la légende à un incident du bal du 14 août 1572 où tous deux vinrent successivement changer dans le même cabinet. (GE).

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Dictionnaire Musiques et danses
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