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L'Étranger,
action musicale en deux actes, poème et musique
de Vincent d'Indy, représentée pour la première fois
à Bruxelles, au théâtre de la Monnaie, le 7 janvier
1903, puis à l'Opéra de Paris
le 4 décembre de la même année. Le compositeur a écrit
lui-même en prose rythmée un livret symbolique, qui n'est
pas toujours exempt d'obscurités.
Dans un village des bords de l'Océan
est venu se fixer un Etranger, qui s'est donné pour mission d'aimer
les autres et de les secourir dans le péril. Il possède
"une pierre de miracle", qui lui donne le pouvoir de calmer les tempêtes.
Tous le haïssent, à l'exception d'une humble jeune fille, Vita,
qui, délaissant son fiancé, le douanier André, se
prend à aimer l'Etranger. Celui-ci, pour s'être laissé
toucher par l'amour, ne se juge plus digne de commander à la nier.
Il va partir, après avoir remis à Vita la pierre de miracle.
Vita la jette à la mer. Une terrible tempête s'élève.
L'Etranger monte sur le canot de sauvetage pour aller au secours d'un bateau
en perdition. Vita seule ose l'accompagner, et tous deux sont engloutis.
La musique est construite sur le système
des leitmotive; les thèmes principaux se rapportent à
deux idées l'idée de la mission, de l'apostolat de l'étranger,
et l'idée de la mer (la force morale et la force de la nature);
à la première se rattache le leitmotiv tiré de l'office
du jeudi saint, celui de l'Emeraude, le thème de la confiance de
Vita; à la seconde, l'invocation lyrique de Vita à la mer,
les motifs d'orage, le fracas de la tempête au second acte. La facture
témoigne dune réelle hauteur d'inspiration, d'une science
approfondie des ressources de l'harmonie et de l'orchestration; science
un peu laborieuse aussi, et fatigante pour l'oreille; car il arrive que
la fraîcheur, la simplicité du sigle musical - qualités
essentielles pourtant au théâtre - disparaissent parfois sous
la perfection trop compliquée de la technique. |
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