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Chorégraphie
(du grec khoreia, danse, et graphô, j'écris),
art d'écrire la danse, avec ses figures et ses pas, au moyen de
signes conventionnels. Cet art, qui ne paraît pas avoir été
connu des Anciens, dut naître au XVIe
siècle, quand les ballets devinrent à la mode. Le plus ancien
ouvrage où l'on en traite fut publié en 1588, sous le titre
d'Orchésographie, par un chanoine de Langres, Jehan Tabourot,
qui prenait le nom anagrammatique de Thoinet Arbeau. Au commencement du
XVIIIe siècle, Beauchamp, maître
de ballets de Louis
XIV, et Feuillet, maître de danse, publièrent simultanément
des traités sur la Chorégraphie, dont ils se disaient les
inventeurs : il en résulta un procès. Bien que le parlement
eût décidé en faveur de Beauchamp, la méthode
de Feuillet prévalut. Le livre de ce chorégraphe parut en
1701 sous le titre de la Chorégraphie, ou l'Art d'écrire
la danse par caractères, figures et signes démonstratifs;
les préceptes qu'il contient ont été adoptés,
sauf des modifications légères imaginées par Dupré
et Noverre.
II y a des signes qui indiquent sur le
papier la position des pieds :un petit cercle ou un point noir figure la
place du talon, et une ligne qui en part marque la direction du pied sur
le parquet. Les détails et la durée des pas sont indiqués
par des lettres et des tirets. Ainsi, la lettre a, placée à
la tête d'un pas, indique par sa forme la durée de ce pas
: selon que la lettre est accolée d'une blanche ou à une
noire, la durée du pas équivaut à une blanche ou à
une noire de l'air sur lequel on danse; si c'est une croche, la lettre
n'est tracée qu'à moitié, en forme de c. Le plié,
Ie sauté, et autres agréments des pas, sont marqués
par de petits tirets, et les tournoiements par des demi-cercles, quarts
de cercle ou cercles entiers. Les mouvements des bras sont également
indiqués d'avance.
L'art de la chorégraphie est resté
imparfait; car, selon la remarque de Noverre, s'il indique l'action des
pieds et les mouvements des bras, il n'indique ni les positions ni les
contours qu'ils doivent avoir, et ne montre ni les attitudes du corps,
ni les effacements, ni les oppositions de la tête.
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En
bibliothèque - Noverre, lettres
sur les arts imitateurs et sur la manse en particulier, Paris, 1807,
2 vol. in-8°. |
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