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Musiques et danses > La danse
Histoire de la danse
La danse de société
Danses de salon et de bal

Les bals de cérémonie de l'Ancien régime

Les bals de cérémonie de l'Ancien régime étaient réglés dans le plus minutieux détail comme tout ce qui concernait l'étiquette. Au commencement, tout le monde était assis, les dames devant, les cavaliers derrière. A l'ouverture du bal, le roi se levait, tous à sa suite; il se rendait au point où devait s'ouvrir le bal et dansait avec la reine ou une princesse du sang. Tant qu'il dansait, tous se tenaient debout, l'oeil fixé sur lui; quand il se rasseyait, on pouvait en faire autant. Un prince, le premier dans la hiérarchie, venait alors, saluait le roi, la reine et dansait avec celle-ci. 

La première danse était d'habitude un branle, puis venaient une courante, une gavotte, enfin le menuet qui était la pièce de résistance. Après chaque danse, les personnes qui venaient de s'y adonner restaient debout un moment et saluaient celles qui devaient danser ensuite, les y invitant en quelque sorte. Le cavalier n'allait pas chercher sa dame, mais l'attendait; il ne la reconduisait que de quelques pas. 

Un bal de cérémonie ne se donnait pas sans qu'il eût là au moins un maître de danse pour en surveiller l'ordonnance et veiller à ce qu'aucune faute ne fût commise ou du moins à ce que le danseur averti pût la réparer aussitôt. Cet usage s'était généralisé pour d'autres bals qu'on désignait sous le nom de bals parés. On appelait bal réglé un bal où des personnes de noblesse ou de la haute société reproduisaient l'étiquette des bals de cérémonie de la cour; on désignait un roi et une reine du bal qui l'ouvraient solennellement; après la première danse, le cavalier priait sa dame de lui dire avec qui il devait continuer; il invitait la dame ainsi désignée, lui désignait à son tour un cavalier et ainsi de suite; quand tous avaient dansé, le premier couple recommençait. La personne invitée ne devait pas remercier, mais seulement se rendre à la place où s'engageait la danse et, si elle ne savait pas l'exécuter, faire du moins quelques révérences. 

Souvent ces bals étaient dirigés par un maître des cérémonies, muni d'une canne à pommeau d'or, qui désignait en les saluant le cavalier et la dame destinés à s'apparier. Son autorité était absolue. Une des danses préférées était la courante, dansée par douze couples. Lorsque paraissaient des masques, on leur faisait les honneurs du bal; ils dansaient tous l'un après l'autre, puis on reprenait la série au point où elle avait été interrompue. Excepté pour la courante et le branle, on ne laissait danser qu'un couple à la fois.

La courante.
La courante, plus tard détrônée par le menuet, avait été regardée comme la danse de société modèle, surtout au temps où Louis XIV affichait sa prédilection pour elle. C'est par cette danse, d'une noblesse universellement reconnue, que la chorégraphie française établit son empire dans toutes les capitales et relégua partout les danses nationales au rang de danses populaires, tandis que la danse française devenait une sorte de privilège et d'usage distinctif de la bonne société. Au XVIIIe siècle, la courante fut peu à peu abandonnée et disparut malgré les efforts des maîtres de danse qui en avaient fait la base de leur enseignement. Sa forme classique du XVIIe siècle diffère assez de celle du XVIe dont il a été question à la page sur la danse en France pour qu'une nouvelle description soit utile. 

Le cavalier, tenant son chapeau de la main gauche, offrait la droite à la dame et la conduisait au lieu où commençait la danse; tous deux faisaient la révérence aux assistants, puis l'un pour l'autre; le cavalier mettait son chapeau sur sa tête, sa main droite sur sa hanche où la dame avait placé la sienne, puis ils dansaient en combinant leurs mouvements. On se plaçait dans la cinquième position, le pied gauche en avant, ployant les jarrets; on décrivait une courbe avec le pied droit de manière à arriver à la première position, le corps dégagé sur le pied gauche, puis on tendait les genoux et on s'enlevait sur la pointe des pieds amenant le pied droit en avant à la quatrième position. Ces mouvements constituaient le pas grave ou temps de courante; on faisait coïncider les pliés avec le temps levé et les élevés avec la cadence de manière à ployer avant la mesure et à se dresser exactement au moment de la reprise de la mesure; on levait les bras en se dressant ou les abaissait en fléchissant. 

Après ce pas préliminaire, on posait le pied droit (qui était sur la pointe dans la quatrième position) sur le talon, dégageant le corps sur ce pied et ramenant le gauche à la première position. On fléchissait les deux genoux et en se relevant on avançait le pied gauche; c'était un demi-coupé. Le pied gauche bien posé à terre et portant le corps, on ramène le droit d'un mouvement raide; on fléchit les deux genoux, on coupe en avant avec le pied droit dégageant le corps sur lui et on ramène le gauche sur le côté; ceci est le coupé. On renouvelle deux fois ces pas, on fait du pied gauche un pas rigide en se tournant légèrement du côté gauche; on exécute un temps de courante du pied droit, un pas rigide du pied gauche en ployant un peu le jarret, et encore un temps de courante; ces quatre pas se font vers la gauche. Les figures que l'on dessine sont très simples; on se forme en carré, en octogone, en ovale, à moins que l'on ne se contente de monter et descendre dans le sens de la salle. Après avoir répété ces pas plusieurs fois, on recommence les révérences pour conclure. 

Dans une variante de cette danse, après le compliment, le cavalier quittait sa dame allant à gauche, elle à droite, puis tous deux se tournaient, marchaient parallèlement, se rencontraient au bout du salon et renouvelaient ce mouvement qui, malgré son apparente simplicité, ne pouvait être exécuté bien en mesure qu'après un apprentissage prolongé. La musique écrite sur la mesure six-quatre était très bien cadencée.
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Diaghilev et Cocteau.
La manie de la danse.
Marie-Antoinette enfant, dansant à Schoenbrunn.
La manie de la danse
d'après Debucourt.

La gavotte.
La gavotte jouit d'une très grande faveur depuis le XVIe siècle jusqu'au XIXe. Vers la fin du XVIe siècle, c'était une danse nationale du Dauphiné, assez semblable au branle du Haut-Barrois avec ses sauts. Elle n'avait pas sa musique propre, mais se dansait d'après une série de doubles branles dans la mesure simple, comprenant essentiellement un double à gauche et un double à droite. On intercala un pas de gaillarde. Une fois la danse engagée, un couple se détachait, faisant face aux autres; le cavalier embrassait toutes les dames et la dame tous les cavaliers, puis ils reprenaient leur place et le couple suivant répétait cette manoeuvre et ainsi de suite; toutefois, il arrivait que le privilège du baiser ne fût accordé qu'au premier couple. 

Au XVIIe siècle, la gavotte devint une danse scénique et fut introduite dans les opéras et figura dans les suites et les sonates. A peu près oubliée au XVIIIe siècle, elle reparut sous le premier Empire à Paris comme danse de société; les maîtres de danse en firent un pas de deux comprenant treize variations, après un prélude et une conclusion formés d'une révérence de menuet de huit mesures.

Le quadrille
Au XVIIIe siècle se prononça la décadence des danses de société qui, au fil des décennies, se transformèrent complètement. On renonçait à toutes ces danses sérieuses et compliquées dont le principal avantage était de déployer de l'élégance, de prendre de belles attitudes, de se mouvoir selon les lois de l'esthétique. La contredanse, beaucoup plus facile, gagne du terrain; la courante disparaît, puis le menuet déjà plus léger. On essaye des danses anglaises d'un mouvement plus rapide où les pas sont sautés, la mesure deux-quatre est préférée à la mesure trois-quatre. On en vient enfin au quadrille dont les figures sont plus variées que celles des anciennes danses, laissant moins de temps pour voir ce que les mouvements des danseurs peuvent avoir de gracieux ou de disgracieux. On en vient enfin à notre contredanse ou quadrille français.
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Contredanse.
Contredanse.

Le quadrille est une  danse composée d'un ensemble de figures dérivées des anciennes contredanses, et où les danseurs sont formés en groupes de quatre, en deux couples. Cette transformation d'anciens pas et cette fixation eurent lieu vers la fin du XVIIIe s. Mozart a écrit à Vienne, vers 1784, deux Quadrilles pour orchestre composés chacun d'un menuet et un allegro, les menuets de huit mesures seulement. Köchel lui en attribue encore d'autres. 

Tel qu'il a été fixé vers 1800, le quadrille comportait quatre figures le pas d'été, ou simplement été, la poule, la pastourelle, le pantalon. Au premier quart du XIXe s., le quadrille moderne se compose définitivement de cinq figures : pantalon, été, poule, pastourelle, finale, alternativement écrits sur des mouvements plutôt vifs, en 6/8 et 2/4. 

Diverses variétés de quadrilles ont été imaginées. Celui dit des Lanciers, inventé à Dublin en 1818 par un professeur français de danse, Duval, à l'imitation d'autres figures anglaises, remanié et fixé en 1856, a reçu en Allemagne pendant quelque temps le nom de Quadrille de la Cour

Les autres danses anciennes

Malgré leur variété et les combinaisons nouvelles inventées par les maîtres de danse comme les quadrilles du Prince impérial, des Variétés parisiennes, des Menus-Plaisirs, etc., toutes ces formes de la contredanse ne pourraient suffire à composer un programme de bal; il y faut une plus grande variété de pas et d'airs musicaux. Le vide laissé par la disposition des anciennes danses de société françaises a été comblé par les danses giratoires empruntées à l'Allemagne. Par là s'est consommée la division profonde à la fin du XIXe siècle entre les danses de société et les danses scéniques. Les ballets sont d'ailleurs, à cette époque, en décadence malgré le talent déployé par des danseuses comme Marie Taglioni, Fanny et Thérèse Elsler, Carlotta Grisi, Fanny Cerrito , etc. Cette forme de la chorégraphie en est revenue trop souvent aux tours de force, leur sacrifiant les belles poses.

La valse.
Le type des danses allemandes tournées est la valse. Elle est dérivée de l'allemande et de la forme appelée Langaus parce qu'on s'efforçait d'y parcourir le plus d'espace en longueur en tournant le moins possible. Le Langaus dominait au XVIIIe siècle et fut remplacé par notre valse dans le dernier tiers du XVIIIe siècle.

Celle-ci fut mise à la mode en 1787 par l'opéra de Vincent Martin, Una Cosa rara, qui l'emporta à Vienne sur le Figaro de Mozart. La première forme de la musique de valse qui comportait deux parties de huit mesures, fut modifiée comme le caractère de la danse par Weber dont la fameuse Invitation, écrite en 1819, marque une révolution dans la musique chorégraphique : le mouvement de la valse tourbillonnante supplanta l'ancien. Strauss la porta à sa perfection.

La valse, telle qu'on la joue et la danse depuis Weber, est d'un caractère absolument différent des danses classiques françaises que nous avons étudiées jusqu'à présent. Dans celles-ci nous avons toujours vu les pas exécutés selon des figures déterminées par un couple ou par plusieurs, le cavalier restant très séparé de sa dame, lui donnant à peine la main. Au XIXe siècle, on en revint au contraire aux danses populaires et l'on adopta celles de l'Allemagne, ces danses tournées où danseur et danseuse étroitement enlacés continuent ou accélèrent leur mouvement jusqu'au vertige. Dès la fin du règne de Louis XIV, on avait introduit l'allemande avec tours, forme primitive de la valse, qui reproduisait d'ailleurs d'anciennes danses françaises au point qu'on a soutenu que le rythme et le nom même de la valse avaient passé de France en Allemagne
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Gause : bal à la cour de François-Joseph I, à Vienne.
Bal à la cour de François-Joseph Ier, à Vienne, par Wilhelm Gause, ca. 1900.
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Quoi qu'il en soit, c'est en Alsace que la France les reprit au temps de Louis XIV. La musique de l'allemande avec tours était sur la mesure deux-deux (plus tard seulement trois-quatre) et le pas se décomposait en trois « pas marchés » ou plutôt glissés; les danseurs étaient accouplés, ou groupés quatre par quatre; toute la danse était glissée, alternativement en avant et en arrière. Très élégante et très gracieuse, l'allemande avec tours était d'une exécution difficile à cause surtout des poses des bras. Au début du premier Empire cette danse eut un regain de vogue extraordinaire. C'est alors aussi que les galop fut amené d'Allemagne et définitivement acclimaté en France. La valse s'y introduisit aussi et finit par régner dans les bals. 

A la valse dite allemande ou à trois temps s'ajouta la valse russe ou sauteuse à deux temps (bien que la musique se joue à trois temps). Nous en reproduisons le règles d'après la description donnée par Lemaître dans le Manuel Roret. La valse à trois temps se compose de deux pas; ils complètent le demi-tour de valse, qui se fait en une mesure, et, répétés dans la seconde mesure, ils forment un tour entier de valse. Ces pas diffèrent l'un de l'autre, quoiqu'ils soient pour ainsi dire entrelacés, de manière à empêcher les pieds de l'un des valseurs de heurter les pieds de l'autre. Ainsi, pendant qu'un cavalier fait un pas, la dame en fait un autre et les tours de valse s'exécutent ainsi de suite sans interruption.

Pour exécuter le pas de la valse à trois temps, le cavalier avance le pied gauche devant la dame (1er temps), ramène le pied droit derrière le pied gauche (2e temps), puis, se soulevant légèrement sur les pointes, passe le pied gauche devant le pied droit en troisième position (3e temps). La dame, de son coté, avance le pied droit, ramène le pied gauche et le passe devant le pied droit en se soulevant un peu sur les pointes. Les deux danseurs ont ainsi fait un demi-tour de valse en trois temps ou une mesure. En répétant ce mouvement pendant l'autre mesure, le couple se trouve avoir exécuté un tour entier de valse.

On peut voir par ces détails que cette valse ne se compose que de deux pas principaux, le troisième servant de préparation à la mesure suivante. Ainsi, lorsque l'un des deux valseurs avance le pied droit pour commencer le premier pas décrit ci-dessus, l'autre valseur porte en même temps le pied gauche en arrière pour commencer l'autre pas, laissant au premier la facilité d'avancer le pied; tous les deux exécutent alors un demi-tour, puis l'on répète le pas que l'autre vient d'exécuter dans le second demi-tour, pour achever le tour de valse. Pour commencer la valse, le cavalier doit passer son bras droit autour de la taille de la dame et lui soutenir la main droite dans la main gauche à la hauteur de la ceinture, le bras gauche de la dame étant appuyé sur l'épaule de son cavalier. Lorsque les deux danseurs sont en place, la dame à la droite de son cavalier, celui-ci part du pied gauche en tournant devant sa danseuse; la dame exécute le mouvement inverse et la valse est engagée. 

Quelques danseurs ont l'habitude de faire précéder le départ d'une préparation qui consiste à balancer légèrement sur le 3e et le 4e temps de la mesure. Pour bien valser, tous les temps doivent être exactement marqués. Les deux danseurs doivent faire attention à ce que chaque demi-tour soit nettement et complètement exécuté, de manière qu'en le terminant ils se trouvent toujours du côté opposé à celui où ils étaient placés en partant. S'il en était autrement, les valseurs se jetteraient infailliblement les uns sur les autres, ou sur ceux qui sont au milieu de la salle, ce qui arrive souvent lorsqu'il se trouve de mauvais danseurs dans la société, et ce cas est en France de beaucoup le plus fréquent.

Dans la valse à deux temps, le pas se compose simplement d'un glisse et d'un chassé (deux mouvements); néanmoins elle se danse sur une mesure à trois temps, quoique d'un mouvement plus précipité que pour la valse à trois temps. Ce serait une erreur de croire que, chaque mesure de la valse contenant trois temps, les danseurs doivent exécuter trois tours en deux mesures. Le glissé se fait plus lentement que le chassé, le premier durant deux temps, tandis que le second ne dure qu'un temps. Cette valse est donc réellement à trois temps et devrait plutôt s'appeler à deux mouvements, mais la locution vicieuse a prévalu. D'après ce qui précède, il nous sera facile d'expliquer le pas de cette valse. Le cavalier, placé un peu plus sur le côté de sa dame que pour la valse à trois temps et légèrement courbé sur son épaule, glisse le pied gauche en allongeant un peu la jambe, pour que, le pied droit venant à chasser le pied gauche et à prendre sa place, le danseur se trouve avoir exécuté un demi-tour de valse. La dame, de son côté, glisse du pied droit et chasse du pied gauche. Ce même pas étant exécuté à la mesure suivante, les deux danseurs se trouvent avoir exécuté un tour entier de valse. Les valses à deux ou à trois temps se dansent ordinairement en avant, le cavalier partant du pied gauche et la dame du pied droit. Mais les danseurs qui ne redoutent pas la difficulté peuvent les valser à droite ou à gauche, en avant ou en arrière, et même sur place, si un obstacle se présente ou s'ils préfèrent ne pas toujours tourner dans le même sens.

La polka.
La polka est une danse originaire de Bohème, dont l'histoire est assez curieuse. Elle fut inventée vers 1830 par une paysanne, notée par le professeur Neruda qui la fit exécuter par des étudiants, puis l'apporta à Prague vers 1835 et lui donna son nom qui vient du mot tchèque pûlka qui veut dire moitié et fait allusion au demi-pas qui la caractérise. Elle fut dansée à Paris au théâtre de l'Odéon par Raab qui la mit à la mode, et se répandit partout avec la plus extrême rapidité; elle était d'ailleurs très analogue à la schottisch ou valse écossaise, déjà connue à Paris. Devenue ainsi une danse française de société, elle fut réimportée partout, y compris à Prague. La première musique de polka a été écrite par Hilmar de Kopidlno.

La polka se danse à deux temps, mais on décompose le pas en quatre mouvements. D'ordinaire, on la danse en tournant en avant, le cavalier de gauche à droite et la dame de droite à gauche ; mais souvent on intervertit le sens, ne fut-ce que pour éviter l'étourdissement, ou encore on prend un mouvement rétrograde. Voici comment le pas se décompose pour le cavalier : Il lève le pied gauche derrière la cheville du pied droit, saute légèrement sur le pied droit et glisse le pied gauche en avant (1er mouvement) ; puis il ramène le pied droit derrière le pied gauche (2e mouvement); il glisse le pied gauche en avant (3e mouvement) ; enfin, il ramène le pied droit derrière la cheville du pied gauche (4e mouvement). Le cavalier exécute ainsi un demi-tour dans les trois premiers mouvements de la polka; le quatrième mouvement, comme le troisième de la valse, ne sert qu'à préparer le départ pour la seconde mesure. Cette fois, le cavalier, dont le pied droit se trouve placé derrière la cheville du pied gauche, saute légèrement sur le pied gauche en glissant le pied droit en avant (1er mouvement). il ramène le pied gauche derrière le pied droit (2e mouvement), il glisse le pied droit en avant (3e mouvement), puis il ramène le pied gauche derrière la cheville du pied droit (4e mouvement). Il se retrouve ainsi dans la position initiale, après avoir accompli un tour entier sur lui-même.

La dame exécute le même pas que le cavalier, mais en sens inverse, c.-à-d. que, pendant qu'il part du pied gauche, elle part du pied droit et réciproquement. Elle suit la direction que lui donne son cavalier à droite, à gauche, en avant ou en arrière. Comme dans la valse et dans toutes les danses tournées, le cavalier passe son bras autour de la taille de sa danseuse, dont le bras gauche repose sur l'épaule du cavalier; en même temps, il lui soutient la main droite dans sa main gauche, à hauteur de la ceinture.

La polka tremblante, appelée quelquefois à tort polka anglaise, est une danse populaire de Bohème; elle porte dans le pays le nom de trasdk. C'est le maître de danse Allarius qui l'introduisit à Paris où ses quatre pas de saut, son mouvement tournant de droite à gauche, ses conversions inattendues, la firent préférer à la vraie polka. Ce fut alors la danse vive par excellence, au point d'éclipser le galop à qui on avait pourtant donné une allure aussi rapide et désordonnée que faire se pouvait.
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Polka.
Tango.
Polka.
 Tango.

La schottisch
La schottisch (orthographe allemande de scottish) ou valse écossaise est une danse assez semblable à la polka qu'elle a précédée dans les salons et devant qui elle a dû céder, le rythme musical en étant moins vif. On l'a appelée de noms fort divers : gambade anglaise, gambade française, sauteuse, polka rhénane, polka sauteuse. La mesure est à deux temps comme celle de la polka, mais d'un mouvement plus lent; les temps sont très accentués, surtout dans les mesures 3, 4, 7 et 8, où se placent huit temps de sauteuse.

On décompose la schottisch en deux parties. La première, qui se compose des deux premières mesures, s'exécute avec deux mesures de polka; la seconde, qui se compose des deux mesures suivantes, s'exécute en sautant deux fois alternativement sur chaque pied, ce que l'on nomme pas de sauteuse. Le cavalier part du pied gauche et la dame du pied droit.

La schottisch se valse comme la polka, le cavalier et sa dame étant placés de même que pour cette danse. C'est principalement pendant les mesures de sauteuse que les deux danseurs tournent sur eux-mêmes le plus rapidement.

La mazurka.
La mazurka est une danse polonaise que l'on a dépouillée de presque toute son originalité en la combinant avec la polka. Elle fut primitivement adaptée à la scène où ses figures gracieuses et compliquées purent se déployer. Lorsqu'on l'adopta dans les salons, il fallut la simplifier et on fabriqua la polka-mazurka.

La polka-mazurka.
La polka-mazurka se danse sur une mesure à trois temps, d'un mouvement modéré. Le pas s'exécute en six temps pendant l'espace de deux mesures. Un cavalier, tenant sa dame par la taille comme pour la polka, glisse le pied gauche en avant (1er temps), chasse avec le pied droit en même temps qu'il lève le pied gauche (2e temps), puis ramène le pied gauche à la hauteur de la cheville du pied droit (3e temps). Pour la seconde mesure, il glisse de gauche à droite avec le pied gauche, qui se trouve levé près du pied droit (4e temps), chasse du pied droit en levant le pied gauche (5e temps), puis ramène le pied gauche à plat près du pied droit, en sautant légèrement, tandis que le pied droit se lève et vient se placer près du pied gauche à la hauteur de la cheville (6e temps). La dame exécute les mêmes mouvements en sens inverse, c.-à-d.. qu'elle part du pied droit quand son cavalier part du pied gauche.

La polka-mazurka se valse ordinairement en avant, ou se danse en ligne droite, lorsque la place manque. Pour valser la polka-mazurka, les danseurs exécutent un tour entier en pivotant de gauche à droite pendant les 4e et 5e temps de la seconde mesure, de façon qu'ils se retrouvent au 6e temps dans la position initiale.

La redowa.
La redowa, danse bohème (rejdovâk), bien dégénérée, est une combinaison de la valse à deux temps et de la polka-mazurka.

Le boston.
Le boston est moins une danse qu'une manière d'exécuter les danses tournantes, quelle que soit la mesure (valse, galop, polka, mazurka, etc.) et quelle que soit la rapidité du mouvement. Ce qu'il a de particulier, c'est d'exiger une grande connaissance des pas; il se rapproche ainsi des anciennes danses françaises, tandis que jusqu'à sa vogue la tendance avait été de restreindre sans cesse la difficulté; il a néanmoins eu un grand succès. 

Le cavalier pose sa main à plat dans le dos de la danseuse, et non plus autour de sa taille; il doit toujours la faire aller en avant. Le pas se compose de trois temps; il se fait à droite ou à gauche de l'une ou l'autre jambe, en avant ou en arrière. Pour le pas en avant (jambe droite) dans le 1er temps, on avance le pied droit en glissant (les deux pieds étant au moment du départ sur la même ligne); au 2e temps, on glisse sans secousses, le pied gauche en avant pour le porter à hauteur du pied droit; au 3e temps, on rapproche par un petit mouvement le talon droit du gauche, en maintenant les pieds peu ouverts.

Vient alors le pas en arrière; ayant avancé d'un pas, il faut reculer d'un pas également, pour revenir à la première position et recommencer ensuite. Le pas en arrière s'exécute à l'inverse du précédent. Dans le 1er temps, on glisse le pied gauche en arrière; dans le 2e temps, on porte le pied droit en arrière, à hauteur du gauche; dans le 3e temps, on rapproche le talon gauche du talon droit.

La chose la plus difficile est d'exécuter les changements de pied nécessaires afin de ne pas faire toujours le mouvement dans le même sens. Quand on a fait la dernière partie d'un tour à droite par exemple, c.-à-d. le pas en arrière et que l'on veut changer de pied, il faut effectuer un deuxième pas en arrière en le commençant par la jambe droite, amener, comme il a été prescrit dans l'explication du mécanisme du pas, le pied gauche en arrière à hauteur du droit et rapprocher le pied droit du pied gauche, puis repartir du pied gauche ; le changement se trouve opéré. Ce mouvement n'est gracieux que s'il est exécuté avec une grande aisance.

Les tours se font un peu différemment de ceux des autres danses, ainsi qu'il ressort des détails donnés sur le pas ; on ne tourne pas sur place, on se déplace en décrivant une sorte de carré dont on parcourt deux côtés en avant et deux en arrière.

Le cancan.
Le cancan ou chahut est une danse de fantaisie, sautée ou selon le terme technique « pincée » dans les bals publics; les gestes et les balancements du corps sont censés imiter la marche du canard. Il se danse sur les figures du quadrille, plutôt sur la première, mais les pas sont négligés bien qu'on s'attache à observer la mesure. La caractéristique est le dégingandage des danseurs et des danseuses qui y déploient toute leur fantaisie. La forme contemporaine du chahut est relativement lascive, le grand art des danseuses consistant à lever la jambe aussi haut qu'elles peuvent. Ces acrobaties n'excluent pas une grâce provoquante très appréciée du public des bals.

Le cotillon.
Les contredanses et les danses tournées à l'aide desquelles on compose dans la seconde moitié du XIXe siècle les programmes de bal ne suffisent pourtant pas à les égayer; en dehors des mascarades dont ce n'est pas ici le lieu de parler, on a cherché à varier les agréments de la danse de société à l'aide d'éléments pittoresques. C'est à ce désir que répondaient au début du siècle les danses de caractère et que correspondra plus tard le cotillon. Les danses de caractère qui eurent en leur temps une grande vogue donnaient lieu à des travestissements de tout genre; elles avaient la prétention de rendre le caractère d'une société ancienne ou étrangère; on les combinait sous formes de quadrilles, créant des quadrilles espagnols, orientaux, vieux français, etc. Après de longues répétitions on s'essayait à reproduire les danses nationales ou les anciennes danses tombées en désuétude. Bref, c'étaient là de petites représentations très voisines de la danse scénique ou du ballet.

Le cotillon a d'abord été une sorte de branle à  4 ou 8 personnes. On a donné ce nom, par la suite, à une danse polkée, mêlée de scènes mimiques et chorégraphiques, par laquelle on terminait  souvent un bal.  (A.-M. B. / M. Brenet).

Danses modernes et contemporaines


La plupart des danses de société apparues au XXe siècle trouvent leur origine dans les 
danses apportées en Amérique par les esclaves Noirs arrachés à l'Afrique de l'Ouest,
à l'exemple de la juba, dansée par les afro-américains travaillant dans les plantations
du Sud des Etats-Unis et dont dérivera le charleston.


Danses rock-swing (Etats-Unis)

Charleston. - Apparue à la fin du XIXe siècle, cette danse est devenue très populaire au cours des années 1920, pour passer de mode au moment de la crise de 1929.
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Lindy hop, danse dérivée du charleston et dans laquelle on peut voir comme l'épine d'orsale de la plupart des danses nées aux Etats-Unis au XXe siècle. Elle est apparue dans les années 1920 à Harlem (quartier de New York). A l'origine appuyé sur des musiques de blues et de jazz; redécouvert dans les années 1980, il s'est adapté, comme le charleston, au style hip-hop.

Balboa, danse, qui a également des accointances avec le charleston, et qui née en Californie du Sud dans les années 1920. Il en a existé plusieurs formes (pure-balboa, bal-swing ou randy-swing). Elle a été très populaire au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Shag (collegiate shag), danse qui serait née en Caroline du Nord en 1927 (?), devenue populaire d'abord à New York, puis dans tous les Etats-Unis et jusqu'en Australie au cours de la décennie suivante. (on a donné le nom de  Carolina shag (née dans les année 1940 et dérivée du Carolina jitterbug) et St Louis shag (directement dérivée du charleston) à des danses d'origines différentes).

Jitterbug, une forme du lindy hop. On donnait aussi ce nom (d'abord appliqué aux alcooliques souffrant de délirium tremens) aux danseurs de swing dans les années 1920.

Western Swing  (West Coast swing), forme adoucie du Jitterbug, influencée par la musique country et le jazz, qui s'est répandue dans les années 1950. Elle laisse une large part à l'improvisation.

Eatern swing (East Coast swing), danse apparue dans les années 1940 et dérivée à la fois du lindy hop et du foxtrot, dont elle reprend le rythme rapide.

Boogie-woogie, cette danse, généralement adossée à la musique rock'n'roll (parfois aux muisuqes boogie woogie et au blues),  apparaît comme une forme européenne du  East Coast Swing.

Imperial swing. - Née au  Club Imperial in St Louis (Missouri), cette danse est un mélange de East Coast et de West Coast swings.

Hand dancing (Wahington hand dancing, D.C. hand dancing, ou D.C. swing). - Danse qui s'est constituée progressivement entre les années 1920 et 1950, à Washington, à partir du lindy pop et du jitterbug.

Rock and roll ou Rock'n'roll. - En tant que danse, c'est la forme prise par le lindy hop (et le boogie-woogie des années 1940), au moment de l'émergence, dans les années 1950, de la musique rock, sur laquelle elle s'appuie. Le rock acrobatique, imaginé dans les années 1970, qui, comme son nom l'indique, ajoute à cette danse des figures acrobatiques, n'est pas une danse de société, mais une danse de compétition, comme le jive.

Jive, c'est aujourd'hui la forme standardisée, dansée en compétition, du rock'n' roll. A l'origine, dans les années 1930, elle est apparue comme une variante du Jitterbug et a  été introduite sous ce nom en Europe au cours de la Seconde Guerre mondiale. Il en existe des variantes : le skip jive (associé à la musique jazz) a été populaire en Grande-Bretagne dans les années the 1950 et 1960; le modern jive est apparu en Europe (Londres, Paris) dans les années 1980.

Danses latino-américaines et antillaises 

Bachata. - Danse formée en République Dominicaine, et qui s'est répendue dans toutes les Antilles depuis les années 1960. Dans les années 2000, des formes nouvelles lui ont fait accueillir des éléments issus du tango (bachatango), de la salsa ou du zouk-lambada, créant autant de ramifications.

Merengue. - Danse originaire de la République dominicaine. Elle a pris aux Etats-Unis, où s'est déroulé l'essentiel de son évolution, une forme fortement teintée d'influences cubaines.

Tumba. - Danse venue des anciennes Antilles néerlandaises (Aruba, Curaçao) où l'on en trouve des précurseurs dès le XVIIe siècle, mais qui se rattache aujourd'hui au merengue.

Biguine.- Danse dont le précurseur a été apporté d'Afrique occidentale par les Noirs des Antilles françaises, formée dans sa forme actuelle au XIXe siècle, et qui eut un grand succès en France dans la première moitié du siècle suivant. Sa musique a eu une influence sur le jazz de la Nouvelle-Orléans.

Zouk. - Danse de carnaval, apparentée au merengue, apparue aux Antilles françaises au début des années 1980 et popularisée en France par le groupe Kassav. Elle dérive de la kadans, d'origine haïtienne.

Samba. - Danse apparue au Brésil au début du XXe sicle et qui dérive du maxixe ou tango brésilien.

Lambada. -  Popularisée au Brésil et en France à la fin des années 1980 par le groupe Kaoma, cette danse à la vogue passagère reprend certains aspects de la salsa, du merengue, du maxixe et de diverses autres danses du Nord-Est du Brésil.

Mambo. - Danse originaire de Cuba, créée dans les années 1930 par Arsenio Rodríguez. Après la Seconde Guerre mondiale elle refleurit au Mexique et aux Etats-Unis (New York).

Danzon. - Danse cubaine, variante de la contredanse cubaine ou habanera.

Cha-Cha-Cha. - Danse imaginée à Cuba en 1953 par Enrique Jorrín. Elle dérive du danzon.

Plena. - Danse et musique apparues au tout début du XXe siècle à Porto Rico.

Tango. - Le tango, né en Argentine ou en Uruguay vers la fin du XIXe siècle (tango argentin, tango rioplatense) est une danse et un style de musique, influencé aussi bien par des danses d'origine européennes (menuet, flamenco, mazurka, valse, scottish) que par des danses d'origine africaine, dansées par les esclaves Noirs et leurs descendants. En s'internationalisant, dès les années 1920, il a pris plusieurs formes : tango canyengue, tango orillero, tango de salon, tango de scène, tango nuevo, milonguero (apilado), etc.

Rumba. - Ce terme désigne une famille de danses et de musiques afro-cubaines (yambú, columbia, rumaba de Matanzas, guaguancó, rumaba de la Havane). Ses racines remontent jusqu'au XVIIIe siècle.

Conga. - Danse cubaine dont le nom dérive de celui d'un instrument cubain d'origine africaine, et d'un type de musique déjà attestés au début du XVIe siècle. Elle s'est répandue aux Etats-Unis dans les années 1930 (conga de salon) et s'est enrichie dans les années 1940 d'éléments de la rumba.

Pachanga. - Danse et musique issues du merengue et de la conga inventées dans les années 1960 à Cuba. On y a vu quelque temps un successeur du cha-cha-cha.

Salsa. - Danse et musique cubaine dérivée de la rumba et de la conga. Il en existe, depuis les années 1950,  une variante colombienne, qui est devenue plus populaire que son aînée.

Boléro. - Danse et musique d'abord pratiquées en Espagne (XVIIIe), et dont une forme nouvelle est apparue à Cuba à la fin du XIXe siècle. La Rumba dansée aux Etats-Unis dans les années 1930 est aussi une forme du boléro cubain.

Perreo. - Danse vraisemblablement d'origine porto-ricaine, associée au style musical  reggaeton. Elle est toute en élégance : le cavalier frotte lascivement son bas ventre sur les fesses de la dame...

Zamba. - C'est une danse et une musique traditionnelles argentines.

Autres danses

Paso Doble (ou pasodoble). - Danse espagnole, appuyée sur une musique jouée lors des corridas.

Foxtrot ou fox-trot (du nom de son créateur Harry Fox). - Danse dérivée, sur un rythme différent, de la valse. Elle est née en 1912 aux Etats-Unis avec les premiers orchestres de jazz et a été très populaire dans les années 1930.  Les actuels slow-fox et quickstep (fox rapide) sont des évolutions codifiées du foxtrot proprement dit. Le discofox (ou disco fox), apparu au milieu des années 1970 et en relation avec la vogue de la musique disco, emprunte aussi bien au foxtrot qu'à la salsa et aux diverses danses rock-swing.

Hustle. - Danse disco, populaire dans les années 1970, qui emprunte certains de ces éléments au discofox.

Madison. - Danse en ligne américaine populaire à la fin des années 1950 et au début des années 1960.

Twist. - Bien qu'on puisse en tracer l'origine jusque dans les années 1890, dans les plantations du Sud des Etats-Unis, le twist a été une danse qui a eu une vogue éphémère, comme le madison, au début des années 1960, quand il s'est inscrit dans la mouvance du rock'nroll. Cette danse a inspiré quelques autres danses telles que le jerk, le mashed potato, le monkey, le pony, le watusi et le funky chicken.

B-boying (Break dance). - Danse de rue relevant de la mouvance hip-hop, apparue à New York au début des années 1970, parmi les Afro-Américains d'origine Porto-Ricaine. Elle a un analogue californien, issu, lui de la culture funk, le popping, et connu en France sous l'appellation impropre de smurf.

Danses électro. - On peut réunir sous ce nom différentes danses,  généralement exécutées sur des musiques électro house (ex. Daft Punk) ou techno (ex. Kraftwerk), apparues dans les années 2000 et qui mélangent les styles industriel, disco, vogue, waacking, hip-hop, glowsticking popping et flexing, avec également certains éléments empruntés au b-boying.

Danseurs de salsa.
Danseurs de salsa. Source : Openclipart.
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Dictionnaire Musiques et danses
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