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Monuments de Venise
L'intérieur de la basilique Saint-Marc
Aperçu
L'extérieur de la basilique
L'intérieur
 L'intérieur de la basilique Saint-Marc, ainsi que l'extérieur, est en forme de croix grecque, et a une longueur de 76,50 m. Elle est divisée en trois nefs, aussi bien dans la croisière principale, que dans la transversale. A l'extrémité de chaque croisière il y a une coupole et là où se rencontrent les deux croisières s'élève la coupole centrale soutenue par de grands piliers.

A peine le visiteur a-t-il franchi la porte pour passer à l'intérieur, qu'il reste frappé de la profusion de l'or, des marbres et des pierres précieuses telles que l'agate, le jais, le serpentin, etc., qui revêtent les parois et les grands piliers. Il serait chose extrêmement ardue que de vouloir décrire toutes les mosaïques, les bas-reliefs et tout ce qu'il y a de beau dans ce temple sublime de l'art; il suffira de dire que c'est là une vision de Saints, d'Anachorètes, de Prophètes et de Madones, défilant devant le regard, offrant un spectacle en chanteur en même temps qu'éblouissant, qu'aucune expression ne saurait rendre.
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Venise : intérieur de la basilique Saint-Marc.
L'intérieur de la basilique Saint-Marc. 

Nous nous bornerons ici à donner une indication sur toutes les principales choses qu'on ne pourrait passer sous silence sans faute grave, et nous commencerons par signaler le pilier du bénitier (situé à droite du grand portail) qui est en porphyre et repose sur un tronc de marbre grec à bas-reliefs anciens, qu'on suppose provenant d'un autel dédié à Neptune.

Au-dessus de cette porte centrale on admire une des plus anciennes mosaïques de l'église, représentant le Christ, la Vierge et Saint Marc à ses côtés; et très anciennes sont aussi les mosaïques de la première coupole. Celle du grand cintre au-dessus de la porte, divisée en cinq compartiments, avec des visions de l'Apocalypse est l'oeuvre des frères Zuccato (1560); et on la suppose exécutée d'après les cartons de Titien. Beaucoup de mosaïques sont de Bartolomeo Bozza (XVIe siècle), qui les exécuta d'après les cartons de Joseph del Salviati.

Dans le presbytère les mosaïques de la grande voûte sont remarquables, quelques-unes d'entre elles sont de Giannantonio Marini, d'autres de Marc Lucien Rizzo et de Vincent Bianchini (1517). Les belles mosaïques garnissant les murs de la nef latérale gauche du transept, où s'ouvre la porte qui mène au vestibule, sont de Laurent Ceccato sur cartons de Palma le jeune et de Dominique Tintoretto.

Le maître-autel est séparé de l'église par une balustrade à huit colonnes, supportant une frise sur laquelle reposent 14 statues représentant les douze Apôtres, la Vierge Marie et Madeleine; ces statues sculptées par les frères Masegni en 1373, sont parmi les plus belles sculptures vénitiennes de l'époque. Au milieu de la balustrade, il y a un grand crucifix avec une croix en feuilles d'argent doré, travail de l'année 1394 attribué à Antoine de Marc Benato; et à l'extrémité, du côté de la nef, il y a deux chaires en marbre très précieux, soutenues par des colonnes. La chaire à droite de qui regarde est celle du haut de laquelle Henri Dandolo décréta la quatrième Croisade en l'année 1203; l'autre aussi est remarquable, parce qu'elle est surmontée d'une sorte de petite niche saillante dorée en style mauresque. Le grand arc au-dessus de la galerie est décoré de mosaïques dessinées par Tintoret.

Aux parois latérales de l'avant-corps du presbytère sont placées les stalles du choeur en bois et finement sculptées par Fra Sebastien Schiavone, d'après le style de la Renaissance (1536). et au-dessus d'elles il y a de précieux bas-reliefs en bronze sculptés par Sansovino et réprésentant des scènes de la vie de Saint Marc.

A gauche, il y a le nouveau trône Patriarcal de Saccardo, érigé en 1895. Les colonnettes séparant les stalles du choeur, ont chacune quatre statuettes en bronze. Celles de droite représentant les quatre Evangélistes, sont de Sansovino; celles de gauche, représentant les quatre Docteurs de l'Eglise, sont de Calliari.

Un riche dais ou baldaquin, soutenu par quatre colonnes en marbre grec très précieuses surmonte l'autel; c'est là une des principales merveilles de la Basilique. Les colonnes sont toutes historiées de bas-reliefs du XIe siècle, de style byzantin, représentant des faits tirés de l'Ancien et du Nouveau Testament. Sur l'autel s'élève très étincelante la célèbre Pala d'Oro (Auréole en or) de 3,48 m de longueur et de 1,40 de hauteur formée de feuilles d'or et d'argent doré, émaillée de scènes sacrées et incrustée de plus de 2000 gemmes précieuses. Ce travail superlativement merveilleux est d'origine byzantine, antérieur à l'an 1000. On le dit exécuté à Constantinople en 976 sur l'ordre du doge Pierre Orseolo et ensuite agrandi et renouvelé par les doges Ordelafo Falier (1105), Pierre Ziani (1209) et André Dandolo (1343). Dans la partie postérieure de l'auréole il y a un tableau divisé en 14 compartiments qui fut peint en 1314 par Maestro Paolo de Venise. A l'intérieur de l'autel on conserve le corps supposé de Saint Marc; qui y fut déposé le 26 août 1435, une inscription spéciale en rappelle les vicissitudes.
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La Pala d'Oro. © Photos : Serge Jodra, 2012.

Derrière le maître-autel, au fond de l'abside, il y a l'autel du Sacrement, lui aussi surmonté d'un dais en bronze supporté par quatre colonnes à spirale (qui, dit-on, proviennent d'un temple de Salomon), deux desquelles sont en albâtre transparent et deux en africain oriental. Aux côtés de la chapelle on remarque de petits tabernacles en marbre avec statues de saints, ouvrages précieux en style gothique. Les mosaïques de la coupole représentent Jésus au milieu des plus grands prophètes d'Israël, et la mosaïque au fond de l'abside avec Jésus sur le trône est du XVIe siècle.

Dans le choeur s'ouvre la très belle porte en bronze par laquelle on pénètre dans la sacristie, ayant de très beaux bas-reliefs de Sansovino, qui y sculpta aussi son propre portrait avec ceux du Titien, de Paul Véronèse et de l'Arétin. Au milieu est représentée la Déposition de Jésus dans le Sépulcre et la Résurrection; aux côtés il y a de belles têtes d'Evangélistes et de Prophètes. L'intérieur de la sacristie est richement décoré de très belles mosaïques de Rizzo et d'autres artistes du XVIe siècle qui y laissèrent leur nom. Les sculptures en bois des armoires, remontent à la même époque et sont de Fra Vincent da Verona, de Sébastien Schiavone, des Frères Antoine et Paul da Mantova et de Bernardin Feranda de Bergame.

Dans la croisière transversale gauche, il y a la chapelle de la Madone, ayant un tabernacle aux petites portes de bronze à figures, où l'on renferme la célèbre image de la Vierge Nicopéïenne qui fut acquise par Henri Dandolo à Constantinople en 1204 et tenue en grande vénération. L'image fut enrichie au XVIIe siècle d'un splendide cadre en or chargée de gemmes.

Des deux côtés de l'autel on voit des figures et des bas-reliefs du XIIIe siècle et à proximité, il y a deux candélabres en bronze qui remontent à 1520 et qui sont attribués à Alberti.

A proximité de la chapelle de la Madone il existe deux autels lombards dédié l'un à Saint Paul, l'autre à Saint Jacques. Ils ont tous deux de la valeur artistique et furent exécutés par Antoine Rizzo sous le dogat de Christophe Moro (1462-1471).

Dans la nef mineure de ladite croisière gauche, on admire la chapelle des Mascoli, ainsi appelée parce que la Madone qu'on y vénère était souvent invoquée, dans le passé, par les femmes vénitiennes désirant avoir des enfants mâles. Cette chapelle fut édifiée en 1433 et est ornée de très belles mosaïques de Michel Giambona, considérées parmi les plus belles oeuvres de l'école vénitienne. L'autel est surmonté d'une ancône à trois compartiments avec les statues de la Vierge, de Saint Marc et de Saint Jean. Une belle mosaïque sur le mur à droite, représente l'arbre généalogique de la Vierge.

Par la porte d'à côté on pénètre dans la chapelle de saint Isidore, construite en 1348 pour y conserver honorablement les reliques du saint dont on voit le corps étendu sur la chasse en marbre placée dans l'autel.

Sur la voûte et le long des murs en haut, il y a des bandes en mosaïque et style byzantin avec reproduction d'épisodes de la vie du saint.

Dans la croisière droite sont remarquables : La chapelle du Sacrement décorée de quelques bas-reliefs des XVe et XVIe siècles; La chapelle de saint Clément avec d'élégants et riches candélabres en bronze du XVIe siècle; L'autel de saint Jacob, avec une statue du saint attribuée à Pierre Lombardo.

Dans la nef gauche, en partant du grand portail on remarque tout de suite la petite chapelle du Crucifix, soutenue par six colonnes, dont l'une en porphyre noir et blanc et qui est jugée la plus précieuse de l'église. Dans la nef droite, il y a la chapelle du baptistère avec des mosaïques anciennes, de différents siècles compris entre le XIe et le XIVe. Le baptistère s'élève au centre de la chapelle et son couvercle en bronze est divisé en plusieurs compartiments triangulaires où sont sculptées des figurations sacrées de : Titien, Minio da Padova et de Dominique de Florence, élèves de Sansovino (1545). Au sommet du couvercle s'élève la statue du Précurseur également en bronze et exécutée par François Segala de Padoue.

Les bas-reliefs de l'autel représentent Saint Jean-Baptiste et les Saints Théodore et Georges; la table de l'autel même est très remarquable, étant formée d'un gros bloc de granit qui fut transporté de Tyr en 1126 par le doge Dominique Michiel avec les deux colonnes de la Piazzetta.

Près de la muraille se trouve le mausolée du célèbre doge André Dandolo (1354).

De ladite chapelle on accède à celle appelée Chapelle Zen, parce qu'elle est dédiée au cardinal G. B. Zen, auquel la République de Venise voulut aussi élever le riche monument qu'on admire au milieu de la chapelle même. Le travail du monument, achevé en 1515, est d'Antoine et de Pierre Lombardo et d'autres artistes renommés, parmi lesquels Pierre Joan Campanato (ou des Cloches), qui exécuta aussi la fonte des statues et des ornements en bronze de l'autel. Les deux lions en brocatelle, sont du XIVe siècle et les deux bas-reliefs du panneau représentant la Madone et un Ange, sont des travaux des premiers temps de l'Empire d'Orient. On arrive aussi à cette chapelle par le péristyle de l'église.

Le Trésor de Saint Marc. 
Au fond de la nef de la croisière de droite, il y a la porte donnant accès au locaux du Trésor; cette porte est surmontée d'une archivolte arabe, semblable à celle que l'on voit dans la porte extérieure vers la Piazzetta des Lions. Les locaux du Trésor sont divisés en deux parties : dans l'une l'on admire une riche collection de reliques et d'objets précieux, dont la plus grande partie vint de Constantinople, ainsi que l'Evangile de Saint Marc, l'épée du doge Morosini, un trône épiscopal du Xe siècle, une tête de Saint Jean-Baptiste, des candélabres attribués à Benvenuto Cellini, etc.; dans l'autre partie on remarque : un vase en cristal avec prétendument quelques gouttes du Sang de Jésus, quelques fragments de la Croix, une colonne en argent avec un morceau de la colonne de la Passion, un calice en agate avec un os du crâne de Saint Jean-Baptiste et d'autres reliques et ossements de saints, etc. Mais tous les objets précieux et de valeur inestimable qu'on admire aujourd'hui dans les locaux du Trésor, ne représentent qu'une partie minime de ceux accumulés, avec des soins jaloux, par la République en tant d'années de guerre et de conquêtes, et dont la plus grande partie fut dispersée dans le monde après la chute de la République même et la domination française de 1797.

De la chapelle de Saint Pierre, à gauche du presbytère, on passe dans une cour où sont rassemblés des fragments architecturaux et décoratifs en marbre, et où se trouve aussi la chapelle de Saint Théodore, dont l'origine remonte à celle édifiée par Narsète. C'est dans ce petit temple, que se rassemblait le Tribunal de l'Inquisition.

A gauche du portail principal de l'église, il y a un escalier qui conduit à la galerie interne, d'où l'on peut admirer de près les merveilleuses mosaïques de la voûte. De la galerie intérieure on peut ensuite passer à l'extérieure, d'où l'on peut aussi observer les célèbres chevaux en bronze.  (A. Scrocchi).

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Dictionnaire Villes et monuments
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