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Tanis (égypt.,
Zâni;copte,
Djani;
Zo'an
de la Bible ).
Ville de l'ancienne Égypte
(aujourd'hui Sâ el-Hagar), chef-lieu du XIVe
nome de la Basse-Égypte, s'élevait sur la rive droite du
bras du Nil auquel elle donnait son nom. C'était l'une des plus
anciennes villes du Delta, qui pouvait remonter pour le moins à
la VIe dynastie, comme cela est attesté.
par le nom de Pépi ler Mérirâ,
trouvé dans ses ruines. Une tradition recueillie dans la Bible
(Nombres, XIII, 22) plaçait sa fondation sept ans après
celle d'Hebron. Quatre époques semblent lui avoir été
particulièrement favorables :
1° la XIIe
dynastie;
2° les Hyksos;
3° la XIXe
dynastie et particulièrement Ramsès
II;
4° l'époque contemporaine des
livres historiques de la Bible, alors que l'Égypte était
gouvernée par des rois qui avaient choisi Tanis pour capitale (XXIe
et XXIIIe dynasties).
Dans les intervalles, elle fut ou négligée,
ou même (après la mort de Ramsès
II) saccagée, comme le prouvent les débris d'un colosse
de ce roi employés dans la construction du pylône de Seshank
III. Au temps des prophètes d'Israël, elle passait pour une
grande cité orgueilleuse et fournissait un thème à
leurs invectives (Isaïe ,
XIX, 11, 13; Ezéchiel ,
XXX, 14). Sa décadence dut commencer comme celle de Bubastis ,
sous les rois saïtes, la fondation de Naucratis
et l'accroissement de Saïs
n'ayant pu qu'être nuisibles aux villes situées sur les branches
orientales du Nil. Elle existe à peine pour Hérodote,
et si Strabon la considère comme une grande
ville, Josèphe en fait beaucoup moins
de cas. Elle figure plus tard dans quelques listes d'évêchés.
L'emplacement de Tanis, reconnu par le
général Andréossy, dans la plaine qui porte le nom
moderne de Sân, sur la rive droite du canal el-Moueis (l'ancienne
branche tanitique), à 15 kilomètres environ au Sud du lac
Menzâlèh, offre une surface de 179 hectares. Les ruines en
sont visibles à 20 kilomètres de distance, sous l'aspect
de monticules, d'où émergent, dès qu'on les approche,
d'énormes débris de toute sorte renversés dans un
désordre chaotique. On y reconnaît encore les restes de trois
édifices :
1° un grand temple, compris
dans une vaste enceinte en briques crues de 305 m de long sur 215 de large.
Cet édifice est orienté de l'Ouest à l'Est. Le sol
est jonché d'énormes débris de toute espèce
(obélisques, statues
colossales, architraves, colonnes,
etc.) formant un chaos indescriptible. Le colossal y atteint des proportions
peu communes. On y reconnaît les débris de la porte occidentale
de l'enceinte élevée par Seshank III (XXIIe
dynastie), vingt pas plus loin, les restes d'une colonnade du temple de
Ramsès II, puis des obélisques,
que leurs fragments permettent d'évaluer à dix ou douze.
L'aire où gisent ces énormes monolithes est couverte de fragments
de murs et de statues. Le nom de Ramsès II se trouve sur presque
tous ces débris. Les restes du sanctuaire et d'autres constructions
essentielles portent le nom de Pépi Ier
Mérirâ (VIe dynastie), de
plusieurs rois de la XIIe dynastie, de
Ramsès II, de son successeur Ménephtah et du roi de la dynastie
nubienne
(XXe dynastie) Taharka
.2° En dehors de l'enceinte, à
l'Est, sont les ruines d'un autre temple entièrement bâti
en granit : de belles colonnes à chapiteaux
dactyliformes y portent les cartouches de Ramsès
II et en surcharge ceux d'un Osorkon (XXIIe
dynastie).
3° Dans la direction Sud-Est., à
7 ou 800 m du grand temple, Mariette a mis au
jour les arasements d'un troisième temple.
Mariette fit à Tanis, en 1860, des
fouilles fructueuses qui amenèrent la découverte de célèbres
statues portant les cartouches du roi hyksos Apopi, (auj. au musée
du Caire ).
D'autres fouilles entreprises en 1884 par Flinders
Pétrie pour l'Egypt Exploration Fund, ont fourni à
cet égyptologue le prétexte d'une publication qui est un
inventaire très complet des objets et des textes trouvés
dans le temple. C'est aussi à Tanis que fut découvert le
premier exemplaire du document célèbre connu sous le nom
de Décret de Canope .
(G.
Bénédite). |
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