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Dictionnaire
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| Saint-Gaudens,
Castrum Sancti Gaudentii,
Sent Gaudenç, est une ville
du département de la Haute-Garonne, fort agréablement
située, sur le rebord d'un plateau qui domine la rive gauche de
la Garonne; 404 m d'altitude; 10900 habitants. On jouit d'une vue superbe
sur toute la chaîne centrale des Pyrénées, sur laquelle
se détache le massif du Cagire (1912 m). Appelée d'abord
le Mas-Saint-Pierre, cette localité prit le nom du jeune
enfant
Gaudentius, martyrisé au Ve
siècle par les Wisigoths ou, selon une autre tradition, par les
Sarrasins.
Au Moyen Âge Saint-Gaudens s'est construite et a grandi
autour de deux belles rue (auj. rue de la République et rue Victor-Hugo),
bordées de plusieurs maisons bien bâties, parmi lesquelles
nous distinguerons celles de l'hôtel de Prame. Son église'
romane,
autrefois collégiale, est remarquable; elle paraît une des
plus anciennes de la contrée. On peut y voir de beaux chapiteaux
historiés et une salle capitulaire du début du XIIIe
siècle.
La Collégiale de Saint-Gaudens. © Elsa Soucasse, 2006. Une porte latérale, bâtie sans doute vers la fin du XIVe siècle ou au commencement du XVe siècle, est ouverte sur le côté gauche de l'édifice; le style de ses ornements ne manque pas d'élégance; mais on doit lui préférer une autre porte à plein-cintre, ouverte dans l'axe de l'édifice, et qui est de l'époque même de la construction de l'église; elle est très étroite et cependant plus monumentale que l'autre. On a rattaché à cette porte des souvenirs antérieurs de près de sept siècles à sa construction. C'est là, en effet, que l'on montre les fers du cheval du farouche Abd-el-Rahman. Selon la légende populaire, il poursuivait l'enfant martyr Gaudentius, qui, ramassant la tête que le Sarrasin venait de lui trancher et s'enfuyant à toutes jambes, put entrer dans l'église, en fermer la porte; et le fer du cheval de celui qui le poursuivait, heurtant le bois, y demeura enfoncé. C'est donc encore une tête de plus ramassée par celui auquel on vient de la couper, avec cette seule différence qu'ici le héros de la légende est un tout jeune enfant, tandis que dans les autres cas assez nombreux, c'est ordinairement un évêque martyr (Saint-Denis, par exemple).Côté Sud règne une esplanade d'où l'on jouit de charmants points de vue sur la vallée et sur la chaîne des Pyrénées; spectacle, il est vrai, gâché par les cheminées et les fumées de l'usine de pâte à papier, installée en contre-bas, à quelques kilomètres de là, près des berges de la Garonne. En 1951, on a construit sur cette esplanade un monument dédié aux trois maréchaux pyrénéens : Foch, Joffe et Galiéni. Le col du Pont-du-Roi, qui aboutit au val d'Aran Saint-Gaudens fut capitale de la vicomté
du Nébouzan (qui dépendait du comté du Comminges
Saint-Gaudens sur une vieille photographie. Ces pays de montagnes étaient des pays de liberté. La plupart des villes, si petites fussent-elles, se montraient fort jalouses de l'antiquité de leurs droits. Les chartes de Saint-Gaudens, Aspet, Samatan, portent toujours en tête : « Libertés, franchises, privilèges, dont les habitants jouissent de temps immémorial, dont il n'est preuve du contraire. »Chaque fois qu'il changea de maître, Saint-Gaudens eut la sage précaution de se faire confirmer ses franchises municipales. En 1334, il présenta au comte de Foix Ils portaient « une robe longue et un chaperon, le tout demi-partie rouge et noire, servant de livrée, pour intimider et donner frayeur aux méchants, et contenir les bons dans le devoir, le tout de drap de France paré et garni de satin noir. »Des institutions libres stimulent l'activité et donnent le bien-être. Aussi Saint-Gaudens jouit-il d'une grande prospérité dès le XIIIe siècle. Entrepôt de toutes les marchandises qui venaient de l'Espagne « La Révolution, écrit Armand Marrast vers le milieu du XIXe siècle,, la révolution passa dans Saint-Gaudens comme une vieille connaissance à laquelle la bourgeoisie fit bonne hospitalité, seulement Saint-Gaudens prit la peine de s'appeler plus tard haute-ville, et encore plus tard on releva les cloisons, on recrépit les murs fendus de vétusté, on refit même une sorte de porte cochère, pour que le lieu connu sous le nom de l'évêché pût s'élever à la hauteur d'un hôtel de la sous-préfecture. Saint-Gaudens n'en a pas moins conservé les traces de ses antiques annales : des promenades larges et bien tracées le long de ses boulevards, un nouveau palais de justice, une halle moderne, des fossés qui se comblent, et la ville semblant sourire de ce côté à des constructions élégantes, telle est à peu près la part que la civilisation a conquise. Celle de l'histoire est toujours la plus large; elle garde sa vieille église, son vieux cloître de l'hôpital, son hôtel-de-ville brisé, mâché, tombant, durant foujours, sa vieille halle avec son toit en forme de parapluie, et toutes ses maisons qui n'ont pas d'âge, pas de style, pas de nom d'architecte, maisons qu'on aurait dites bâties par des bohémiens pour un jour de halte, et dont la boue noircie, durcie par les siècles comme un ciment romain, semble jeter à tant de générations de passants, le sourire d'une éternelle vieillesse. Tout cet aspect est pourtant sombre, et c'est un contraste désagréable, pour le voyageur fatigué ou insouciant, que celui d'une ville aussi ancienne au milieu d'un paysage aussi florissant. Mais il n'en est pas ainsi pour ceux dont le nid pend à quelques fentes de ces masures, leur antiquité les leur rend plus chères. »Outre Armand Marrast, Saint-Gaudens a vu naître, entre autres, Raymond, le fondateur de l'ordre de Calatrava |
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© Serge Jodra, 2006 - 2008. - Reproduction interdite.