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| Rochefort
(Rupifortium) ou Rochefort-sur-Mer est une ville de France Monuments.
Histoire.
Ce n'est qu'en 1047 que l'on voit figurer dans les chartes le nom d'un baron de Rochefort, Fuscaldus de Rupeforti, mais comme c'était un seigneur puissant, ayant droit de châtellenie, et qu'une église paroissiale existait là dès 1050, le château devait remonter à une date plus lointaine; sans doute, un castrum destiné à protéger l'entrée du fleuve contre les incursions des Vikings (IXe siècle). En 1096, une autre charte mentionne Hugo dominus Rocafortis. Des chartes diverses du XIIIe siècle montrent comme possesseurs du château des membres de la famille de Mauléon, l'une des branches des seigneurs de Châtelaillon (Castellum Alonis). Cette châtellenie fut incorporée à la couronne en 1307 par Philippe le Bel, et le nom des seigneurs de Rochefort s'éteignit. Le château de Rochefort-sur-Charente appartint successivement aux rois de France et d'Angleterre. Durant les guerres de religion, il fut pris et repris par les deux partis, de 1570 à la fin du XVIe siècle. En 1594, la terre de Rochefort, réunie au domaine, fut donnée à Adrien de Lozeré, premier valet de chambre du roi, dans la famille duquel elle est restée jusqu'en 1665. Louis XIV, ayant fixé sur ce point l'établissement d'un arsenal maritime, on pensa d'abord à racheter le château et ses dépendances, appartenant au sieur de Cheusses, gentilhomme protestant, qui avait épousé la petite-fille de Lozeré. Sur son refus, Colbert de Terron, ayant appris que cette terre avait été aliénée de la couronne, la retira de la part du roi. La famille de Cheusses ne fut jamais remboursée. On ignore l'époque précise où le château de Rochefort a disparu. Quant à l'emplacement qu'il occupait, on a trouvé ses fondations dans les fouilles pratiquées en 1895 pour la reconstitution de la préfecture maritime. L'altitude en cet endroit est de 8 m; c'était le bord d'une falaise. Pour le nouveau port de guerre, ce ne fut
qu'après avoir jeté les yeux sur la Seudre et Brouage que
l'on se détermina pour la Charente, et, sur ce fleuve, pour l'emplacement
du château de Rochefort. Colbert confia
à son cousin Colbert de Terron la mission de fonder le port et la
ville. La prise de possession eut lieu en mai 1666. Deux années
à peine s'étaient écoulées et déjà
le port était pourvu des établissements nécessaires
et pouvait mettre à l'eau de grands vaisseaux. Cette activité
permit à Rochefort de jouer un rôle important dans la guerre
de Hollande Après la retraite de Colbert,
et sous l'administration du deuxième intendant, de Muier (1674),
la ville fut entourée de fortifications, que Vauban
vint visiter en 1684. Vers cette époque, la première école
navale fut fondée à Rochefort : c'étaient d'abord
les Cajacs, puis les Vermandois, licenciés, puis rétablis
en 1683 sous le nom de gardes de la marine. Sous l'intendant Bégon,
Rochefort déploya pour ses armements une grande activité
dans la nouvelle lutte contre l'Angleterre et la Hollande, avec les flottes
de Château-Renaud et de Tourville (1690). On travailla aussi aux
défenses pour couvrir Rochefort, si bien que l'escadre anglaise,
commandée par lord Barcklay, n'osa pas aller au delà de l'île
de Ré. Une nouvelle tentative eut lieu en 1703. Sous Louis
XV l'activité se dirigea vers les spéculations com merciales,
et le port de la Cabane-Carrée prit naissance. En 1765, création
du bagne; visites de l'empereur Joseph II et du comte d'Artois, en 1777,
et de Lafayette, qui s'embarqua à Rochefort,
le 11 mars 1780, pour l'Amérique La Révolution (1789) et les guerres qui s'ensuivirent donnèrent au port une nouvelle activité. Malheureusement, la Terreur y fit son oeuvre sanglante avec les proconsuls Laignelot et Lequinio et le bourreau Hentz. En 1808 visite de l'empereur et ses projets de défenses du port. L'année suivante survint le désastre maritime dit l'Affaire des brûlots (avril 1809). Le 3 juillet 1845, Rochefort voyait de nouveau entrer dans ses murs Napoléon, mais cette fois vaincu et partant pour l'exil. Rochefort a vu naître : les amiraux La Galissonnière (1693-1756), La Touche-Tréville (1745-1804) et Rigault de Genouilly (1807-1873), le chirurgien Clémot (1776-1852), le Dr Savigny, naufragé du radeau de la Méduse; le naturaliste Lesson (1794-1849), les peintres Gauffier (1761-1801), Audebert (1759-1829), le chimiste Grimaux (1835-1900), le romancier Julien Viaud (Pierre Loti), né le 14 janvier 1850, mort en 1923. Armoiries.
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