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Rennes (Condate
Redonum, puis Redones; en bas-bretonRoazoun,
Roaon, Roëon, et, en français,
souvent orthographié Rhennes au XVle
et au XVIIe siècle) est une ville
de la France ,
chef lieu du département de l'Ille-et-Vilaine, au confluent de ces
2 rivières, à 340 kilomètres à l'Ouest-Sud-Ouest
de Paris;
ancienne capitale de la Bretagne .
Population : 210 000 habitants.
Histoire.
Rennes, capitale des Redones, qu'il ne
faut pas confondre avec Redon
(Roto), existait déjà au Ier siècle
av. J.-C., époque à laquelle Crassus,
lieutenant de César, en fit la conquête.
Rennes resta en dehors de la zone des invasions barbares et les Francs,
les rois mérovingiens et les
empereurs carolingiens ne parvinrent
jamais à la soumettre complètement. Au IXe
siècle, les conquêtes de Nomenoë annexèrent au
territoire de l'Armorique
proprement dite la ville et le pays de Rennes, de même que Nantes.
Après l'assassinat de Salomon III par Gurvand, il y eut, pendant
un siècle, un comté de Rennes indépendant. Geoffroi
Plantagenet,
fils du roi d'Angleterre'
Henri
Il et se prétendant héritier du duché de Bretagne ,
fut couronné duc à Rennes (1169). Les Juifs
acquirent de l'importance et furent bannis de Rennes vers la fin du XIIIe
siècle. Les biens des Templiers
furent confisqués au commencement du XIVe
siècle. Les états provinciaux de la Bretagne ,
qui s'organisèrent au XIIIe siècle,
se réunirent à Rennes en 1315.
L'événement le plus important
de l'histoire de Rennes au Moyen âge
fut le siège qu'elle eut à soutenir pendant la guerre de
Cent ans
(guerre de la succession de Bretagne ).
La ville, qui tenait pour le parti de Charles
de Blois et du roi de France ,
fut assiégée par le duc de Lancastre,
du 30 octobre 1356 au 5 juillet 1357. Elle était défendue
par les deux capitaines Penhouët et Bertrand de Saint-Pern, repoussa
plusieurs attaques et fut délivrée par Du
Guesclin. L'histoire de ce siège mémorable a été
racontée en grand détail par le poète Cuvelier, avec
tous ses épisodes plus ou moins légendaires (mine souterraine
des Anglais sous les remparts, découverte
par les trépidations de bassins de cuivre remplis de boules de fer,
stratagème des assiégés pour attirer un troupeau de
porcs dans la ville par une poterne, tour mobile d'attaque ou beffroi
des assiégeants, van du duc de Lancastre, etc.) dans la Chronique
rimée de Bertrand Du Guesclin, v. 1053-2029). C'est à
cette époque que remonte le culte de Notre-Dame-des-Miracles.
Rennes s'agrandit notablement au XVe
siècle. Elle comprenait plusieurs faubourgs ou recrues. L'enceinte
des murailles fut refaite et élargie de 1420 à 1450. Pendant
la guerre de Cent ans ,
beaucoup de marchands de Normandie
et de drapiers de Flandre
vinrent se réfugier à Rennes et y apportèrent leur
industrie.
Au XVIe
siècle, Rennes prit part aux guerres civiles de la Ligue, fut occupée
par le duc de Mercoeur (1589) et fut une des dernières villes à
se soumettre à Henri IV, qui vint y faire
une entrée solennelle (1598). La peste
sévit plusieurs fois à Rennes au XVIe
et au XVIIe siècle. On la constate
en 1563-1564, en 1582-1585, de 1588 à 1602, en 1605, de 1607 à
1617, de 1622 à 1627, en 1628, de 1629 à 1634, en 1636-1637
et une dernière fois en 1640. En 1720, un grand incendie, qui dura
une semaine entière, détruisit la plus grande partie de la
ville; 850 maison furent détruites. En 1789, il y eut à Rennes
une émeute où figura le général Moreau
(27 janvier). Pendant les guerres des chouans ,
Rennes fut fidèle à la cause libérale et devint le
centre des opérations de l'armée républicaine.
A la fin du XIXe
siècle, la ville de Rennes fut choisie pour être le siège
de la haute cour de justice militaire (juin-septembre 1899) qui fit une
révision dans le procès du capitaine Alfred Dreyfus. Pendant
la Seconde guerre mondiale, la ville subit les bombardements alliés,
notamment ceux de 1943 et 1944, qui occasionnèrent de forts dégâts
dans les quartiers Sud-Est (Saint-Hélier) et Nord-Ouest.
Rennes a été le siège
d'un concile tenu en 1273.
L'imprimerie
fut établie à Rennes en 1483.
Anciennes
institutions municipales.
Après la conquête des Gaules
par César, l'administration municipale romaine
fut établie à Rennes. L'existence des consuls de la ville
est constatée par l'inscription de la porte Mordelaise (238 ap.
J.-C.). Au Moyen âge ,
Rennes fut toujours la ville la plus importante des ducs de Bretagne ,
malgré sa rivalité avec Nantes.
Les ducs de Bretagne se faisaient couronner à Rennes, y résidaient
et y tenaient leur cour féodale. Lorsque la Bretagne se fut rendue
complètement indépendante des empereurs carolingiens,
il y eut pendant quelque temps deux comtés distincts à Rennes
et à Vannes.
Les comtes de Rennes furent : Gurvand, gendre d'Erispoë (mort en 877);
Judicaël ler (877-888); Judicaël
ou Juhel-Bérenger (888-v. 952); Conan Ier,
dit le Tort (v. 952-992) et Geoffroi Ier,
comte de Rennes et duc de toute la Bretagne (à partir de 992). Pendant
toute la période ducale de l'histoire de Bretagne, Rennes ne jouit
que d'une liberté restreinte. La ville avait à sa tête
un gouverneur ou capitaine, nommé par le duc de Bretagne, un lieutenant
du gouverneur, deux connétables, chargés de l'administration
militaire, qui représentaient ensemble le gouvernement du duc. Les
bourgeois formaient un petit conseil d'échevins, dont les principaux
étaient appelés miseurs et faisaient les fonctions de receveurs
municipaux; ils étaient aussi chargés de veiller à
l'entretien des murs de la ville (devoir de clouaison).
Un procureur de ville ou procureur-syndic,
nommé par le gouverneur, représentait les bourgeois pour
toutes les affaires municipales, transmettait les requêtes et les
remontrances des particuliers, était chargé de la vérification
de tous les travaux urbains, etc.; il était le représentant
de la ville au parlement de Bretagne
et à la chambre des comptes de Nantes.
Le grand portier avait la garde des clefs de la ville, qu'il devait remettre
chaque soir au gouverneur, à son lieutenant ou aux connétables.
Après la réunion de la Bretagne à la France
et à la faveur des troubles du XVIe siècle,
le gouvernement municipal de Rennes acquit une indépendance relative.
Tous les officiers municipaux furent nommés directement par les
bourgeois. Le gouverneur n'eut plus, à partir de 1552, que la présidence
du conseil de vide. Il y eut un second procureur de la ville au présidial
de Rennes, de 1578 à 1724, un contrôleur on payeur spécial
depuis 1514 (avec 72 livres de gages et 6 deniers pour livres sur le montant
des opérations financières).
Les privilèges et l'organisation
municipale de Rennes furent confirmés par Henri
IV, en mars 1592, par un édit spécial. Au commencement
du XVIIe siècle, l'hôtel de
ville ou «-maison de ville-»,
reconstruit sous l'administration de César de Vendôme, gouverneur
général de Bretagne ,
atterrait aux remparts, près de la porte Mordelaise. Avec la monarchie
absolue, Rennes perdit son autonomie. Le régime des charges héréditaires
et vénales donna à Rennes, comme à toutes les autres
villes, un maire perpétuel : cette fonction ne fut remplie à
Rennes que par un seul titulaire, Rallier, de 1693 à 1724, époque
à laquelle la charge de maire fut supprimée définitivement
à Rennes. Une juridiction consulaire, avec un premier juge et quatre
consuls élus par les marchands, fut instituée en mars 1710
et forma une sorte de tribunal de commerce. Les principaux privilèges
dont jouissait la ville de Rennes sous l'ancien régime étaient
les suivants : l'exemption des aides et subsides (impôts indirects),
depuis 1484; l'exemption du ban et de l'arrière-ban (service militaire),
qui dégrévait principalement la petite noblesse (depuis 1491);
l'exemption du droit de franc-fief (impôt payé par les roturiers
possesseurs de biens nobles), qui facilitait l'acquisition de la noblesse
par les roturiers (depuis 1516); l'exemption du droit de lods et ventes,
le privilège du billot (exemption des droits d'octroi pour les vins
et provisions), etc.
Rennes était le siège du
Parlement royal de Bretagne ,
institué par Henri Il (mars 1553), augmenté
successivement d'une chambre des enquêtes (juin 1557), d'une chambre
des requêtes (1580), etc. Les sessions du Parlement de Bretagne se
tenaient alternativement à Rennes et à Nantes
jusqu'en 1560, époque à laquelle le parlement fut rendu sédentaire
à Rennes. Les sessions étaient chacune de trois mois. En
juillet 1600, un édit de Henri IV porta
leur durée à six mois. De 1675 à 1689, le parlement
de Bretagne fut transféré temporairement à Vannes.
Au parlement de Rennes était adjointe une cour des aides. Il y avait
un hôtel des monnaies, ayant pour marque un 9. Rennes était
le siège d'une généralité et de l'intendance
de Bretagne. Au commencement du XVIIe siècle,
il y avait à Rennes une église réformée, comptant
seulement 200 membres, d'après Du Boisson-Aubenay (1636).
Blason.
Les armoiries de Rennes sont : palées
d'argent et de sable de 6 pièces, au chef d'argent chargé
de 4 hermines de suite.
Ils
sont nés à Rennes.
Rennes a vu naître, au XVIIe
siècle : le bénédictin
Lobineau, le jésuite Tournemine, l'oratorien
La Bletterie, le littérateur Saint-Foix; au XVIIIe
siècle : le marin La Motte-Picquet, les littérateurs Kéralio
et Robinet, le magistrat La Chalotais, l'avocat Gerbier,
le jurisconsulte Poulain-Duparc, le cardinal de Boisgelin, le comte Lanjuinais,
l'érudit Ginguené, le bibliographe
Quérard,
le sculpteur Lanno; au XIXe siècle:
le peintre H. Delaborde, le romancier Paul Féval,
le polytechnicien Vanneau, le général Boulanger, Alexandre
et Amaury Duval, etc.
Monuments.
Le périmètre de la ville
gallo-romaine a subsisté pendant tout le Moyen âge
et n'a été modifié qu'en 1420 et en 4450 : en partant
de la porte Mordelaise, il suivait les Lices,
traversait la rue Rallier, rejoignait le Champ-Jacquet, passait à
l'angle des rues actuelles La Fayette et Châteaurenault, atteignait
la Vilaine, qu'il longeait jusqu'à la place de la Mission, et remontait
ensuite vers la Porte Mordelaise.
La Porte Mordelaise (XVe
siècle) est flanquée de deux tours à mâchicoulis;
elle servait aux entrées solennelles des princes; elle porte encastrée
une inscription gallo-romaine.
L'église
cathédrale Saint-Pierre (1787-1844) a remplacé des édifices
plus anciens : la première église (1180-1359) fut réédifiée,
en tout on en partie, en 1541 et en 1755; le portail actuel fut commencé
en 1490.
L'église Saint-Melaine, appelée
aussi Notre-Dame depuis 1845 (XVe-XVIe
siècles), a une tour surmontée d'une statue colossale de
la Vierge et terminée seulement en 1857.
Autres églises : L'église
Saint-Aubin a un portail du XVe siècle.
L'église Saint-Hélier remonte au XVe
siècle. L'église Saint-Germain (XVe-XVIIe
siècles) possède des vitraux,
statues,
etc., remarquables. L'église Saint-Etienne (XVIIe
s.) et l'église Saint-Sauveur (1728), possèdent aussi divers
objets d'art. La chapelle de Toussaint (1624-1657)
faisait partie de l'ancien collège des
jésuites.
Les anciennes églises Bonne-Nouvelle (XIVe
s.), qui faisait partie du couvent des dominicains,
Saint-Yves (XVe s.), et du Vieux-Saint-Etienne
(XVIe-XVIIIe
siècles), laïcisées à l'époque de la Révolution
pour servir de magasins militaires.
Citons aussi : l'ancien palais abbatial
de Saint-Melaine (1672) sert aujourd'hui de palais archiépiscopal
ou archevêché; l'ancien couvent des religieuses de Saint-Georges
(reconstruit en 1669 par l'abbesse Madeleine de La Fayette); le palais
de justice (mon. hist.) est le principal édifice civil (1618-1854)
: il fut construit sur les plans de Jacques Debrosse et achevé par
Cormeau; l'hôtel de ville (XVIIIe
s.) est dû à Gabriel; il contient
une salle des concerts.
Parmi les monuments plus modernes, il faut
citer la salle de spectacle ou théâtre
(1835) et le palais universitaire (1849-1855), renfermant le musée
de peinture, qui est l'un des plus importants
de province. La bibliothèque
(occupant les bâtiments de l'ancien présidial) est riche en
manuscrits.
La ville de Rennes possède un assez
grand nombre de maisons anciennes (XVe-XVIIe
siècles) , principalement situées dans les rues
Saint-Guillaume, Saint-Michel, Saint-Thomas, Saint-Germain d'Antrain, etc.
(hôtels Cuillé, Du Molan, de Montbourcher, etc.).
Il y a plusieurs belles promenades, notamment
celle du Thabor (ancien parc de l'abbaye de Saint-Melaine).
(E.-D. Grand). |
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