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Pylos

Trois villes de la Grèce antique ont porté le nom de Pylos.

Pylos d'Elide, sur le Pénée, au confluent du Ladon. C'était une place avancée des Eléens.

Pylos de Triphylie (auj. Biskini), à l'Ouest du mont Minthe que Strabon voulut identifier avec la capitale de Nestor, opinion généralement abandonnée.

Pylos de Messénie (auj. Palaeo Avarina, Palaeokastro) au Nord de la rade de Navarin; Pylos est d'ailleurs redevenu le nom officiel de Navarin (Neokastro). La ville antique était située au Nord-Ouest de la rade, sur le promontoire Koryphasion, presqu'île montueuse baignée par la mer à l'Ouest et au Sud et dominant l'étroite passe Nord ou de Sykia qui accède à la rade; de l'autre côté de cette passe est l'île de Sphactérie (auj. Sphagia), qui forme une longue jetée abritant de la haute mer la baie de Pylos ou Navarin, dont l'entrée principale est au Sud de l'île, entre celle-ci et la ville moderne de Navarin.

L'antique Pylos occupe une position très forte, isolée à l'Est par une lagune, au Nord une anse, qui ne laissent le long de la mer que deux accès étroits. Le rocher lui-même est abrupt de tous côtés sauf au Sud-Ouest. Au Nord se creuse la grotte de Nestor, haute de 20 m, où la légende mythologique fait cacher par Hermès les boeufs dérobés à Apollon. Le sommet de la montagne est bordé de murailles antiques surmontées des ruines d'un château franc.

Pylos fut la capitale d'un des grands Etats de l'époque mycénienne, celui, selon la mythologie, des Nélides, contemporains des Atrides de Mycènes, et dont le héros le plus fameux fut le sage Nestor. Il régnait des bords de l'Alphée jusqu'aux limites du royaume des Atrides. C'est de là que les Nélides passèrent plus tard en Attique. A la fin de la seconde guerre de Messénie, Pylos résista jusqu'au bout aux Spartiates; mais après la chute d'Ira ses habitants émigrèrent à Cyllène, puis à Naupacte et en Sicile

La ville demeura déserte jusqu'à ce qu'au cours de la guerre du Péloponnèse, Démosthène, général athénien, l'occupa et en fit une base d'opérations contre les Spartiates, sur la côte Ouest du Péloponnèse (424), songeant à rallier autour de ce port, le meilleur de la région, les Messéniens. Il se retrancha sur le promontoire Koryphasion. Les Spartiates accourus l'investirent par terre et par mer, et s'installèrent dans l'île de Sphactérie. Mais Démosthène repoussa leur attaque et la flotte athénienne de Zacynthe surprit la flotte lacédémonienne dans la rade, la détruisit et bloqua dans l'île de Sphactérie 420 Spartiates l'élite de cette aristocratie militaire, installés là avec le double d'hilotes. Malgré leurs efforts, les Spartiates ne purent débloquer l'île; ils demandèrent la paix à Athènes. Cléon la fit rejeter et, blâmant l'inaction des généraux, promit de ramener en vingt jours les ennemis captifs. Il y parvint, grâce à Démosthène; après l'incendie des bois de l'île, les avant-postes lacédémoniens furent enlevés et la garnison, cernée sur la hauteur centrale, se rendit.

La paix de Nicias (421) stipulait la rétrocession de Pylos à Sparte, mais elle ne fut pas exécutée et les Athéniens y restèrent encore quinze ans. Plus tard, Epaminondas rebâtit la ville lorsqu'il reconstitua la nation messénienne. Sa valeur stratégique en fit un objet de querelles entre les Messéniens, la ligue achéenne et les Macédoniens. Pausanias la visita.

Au VIe siècle ap. J.-C., elle fut occupée par une colonie d'Avars, d'où le nom d'Avarinos, d'où on a tiré Navarin. Vers 1290, Nicolas de Saint-Omer édifia sur les ruines de Pylos le château appelé maintenant Palaeo-Avarine, et bientôt délaissé pour l'emplacement actuel de Navarin. Les Francs et les Vénitiens ont aussi dénommé le port d'Avarinos Zunch, Zonchio, à cause des joncs qui y croissaient. (GE).

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Dictionnaire Villes et monuments
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