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Dictionnaire
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| Pétra
(Ouadi Moussa). - Ville ancienne de l'Arabie (aujourd'hui en Jordanie),
environ à 100 kilomètres au Nord du golfe Arabique, qui fut
une capitale des Nabatéens. Le nom de Pétra correspond à
l'hébreu Sela (II, Rois, XIV, 7 Isaïe -
Le Khazneh Firoûn, à Pétra. Au delà, les hautes murailles du Sik sont creusées d'un nombre immense de tombeaux qui s'étagent sur une grande hauteur. On arrive au théâtre formé de 33 gradins. La ville est encombrée de restes d'arcs de triomphe, de temples, etc. ; mais aujourd'hui les tombes dominent toutes ces ruines. Ces monuments, dont le style dénonce l'époque romaine, se sont répandus avec l'extension du royaume nabatéen en pleine Arabie jusqu'à Medaïn-Salih, l'ancienne Hegra, près de Médine. Les tombeaux creusés dans le roc y sont ornés des mêmes façades composées d'éléments grecs et orientaux. On remarquera la gorge et le créneau assyriens. Le fronton grec rappelle par sa décoration les monuments similaires de Judée. D'autre part, on retrouve le système des fours à cercueil. Beaucoup de tombeaux de Medaïn-Salih sont datés par une année des rois nabatéens, à partir de l'an 3 avant notre ère. On a ainsi un point de repère certain que ne fournissent pas les monuments de même style de Pétra qui, chose remarquable, sont anépigraphes. L'importance de Pétra nous est surtout
connue à l'époque gréco-romaine. Strabon
et Pline en donnent des descriptions précises.
Elle est alors la capitale des Nabatéens et donne son nom à
la contrée environnante, l'Arabie Pétrée. Les
produits naturels y étaient abondants. L'huile seule faisait défaut,
on la remplaçait par le sésame. Pétra servait d'entrepôt
pour l'or, l'argent, la myrrhe, l'encens
Vues
du Sik, le défilé qui donne accès à
l'ancienne cité de Pétra,
Les traces historiques des Nabatéens
remontent fort haut; ce sont les Nahaitou des inscriptions cunéiformes
et les Nebaioth que la Bible Rabel Ier semble avoir été le fils et successeur d'Obodas ler. Arétas II Philhellène (vers 85-62) était le frère de Rabel Ier. Sous lui, le royaume nabatéen acquit sa plus grande extension Il occupa tout le pays, depuis Damas qu'il prit vers 85 jusqu'à la mer Rouge, où il fonda le port de Haoura. Pompée envoya contre lui Scaurus qui conclut la paix avant de combattre. Dès lors les Nabatéens reconnaissent la suzeraineté de Rome. Clermont-Ganneau a proposé d'intercaler Obodas II (vers 62-47) entre Arétas III et Malichos (vers 47-28). Le successeur de ce dernier, Obodas II (vers 29-9), laissa le pouvoir à son ministre Syllaeos, d'un habileté consommée. Quand Aelius Gallus entreprit un expédition dans le Sud de l'Arabie, Syllaeos lui offrit 1000 hommes; mais il le guida de façon à lui rendre la campagne très dure et lui fit faire en six mois un trajet qui n'en exigeait que deux. Ce Syllaeos épousa Salomé, la soeur d'Hérode le Grand, et paraît avoir eu de grandes ambitions. Arétas IV Philopatris (vers 9 av. 40 ap. J.-C.) parvint à s'en débarrasser. Syllaeos fut mis à mort à Rome. On sait par saint Paul
que cet Arétas avait rétabli son autorité sur Damas.
Son successeur, Malichos III (vers 48-71), reperdit cette ville, tandis
que le royaume nabatéen tombait de plus en plus dans la dépendance
de l'empire romain Obodas IV et Rabel II lui succèdent, puis Trajan
en 105 de notre ère organise la province d'Arabie qui s'étendait
du Hauran jusqu'à la mer Rouge. De cette époque paraît
dater la voie romaine reliant Pétra à Gérasa. Pétra
eut encore quelques siècles de prospérité. Le christianisme
trouva asile de bonne heure. Depuis le commencement du Ve
siècle, cette ville fut le siège d'un archevêque dépendant
du patriarcat de Jérusalem
Tombeau à Medaïn-Salih (Hegra). Bien que riche comme l'attestent les auteurs
anciens et les monument qu'il a laissés, ce peuple de trafiquants
et de caravaniers ( |
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© Serge Jodra, 2005. - Reproduction interdite.