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Dictionnaire
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Rue
Vivienne, à Parisampudiae amandae.Et voilà les premières Parisiennes dont l'histoire ait conservé les noms : une jeune fille morte à dix-sept ans, et une mère désolée. La rue Vivienne resta
une route à travers champs pendant tout le Moyen âge A la mort de Mazarin,
ce palais fut partagé en deux hôtels, qui existent encore.
Le premier, qui prit le nom de Mazarin (auj. Hôtel Tubeuf), avait
son entrée principale
rue
des Petits-Champs : il fut donné au duc de la Meilleraye, époux
d'une nièce du cardinal, et devint en 1719 l'hôtel de la Compagnie
des Indes. Quelques années après, on y établit la
Bourse, plus tard le contrôle général des finances,
et enfin, pendant la révolution, les bureaux du trésor public.
Après que le ministère des finances eût été
transféré rue de Rivoli (avant de rejoindre le quai de Bercy),
cet hôtel fit partie de la Bibliothèque impériale (auj.
Bibliothèque Nationale).
Le deuxième hôtel, formé du palais Mazarin, prit le
nom de Nevers et fut donné au marquis de Mancini; il devint sous
la Régence le siège de la banque de Law
et avait alors sa principale entrée rue Vivienne : il fut acheté
par le régent en 1721 et destiné à la bibliothèque
du roi. En face du palais Mazarin étaient, dans la rue Vivienne,
outre l'hôtel Colbert, deux autres hôtels appartenant au frère
et au neveu du grand ministre, Croissy et Torcy.
La rue Vivienne. Sous la Régence, et grâce au contact de Law, de sa banque, de ses actions, la rue Vivienne commença à être habitée par le commerce. Sur la fin du règne de Louis XV, elle était devenue une rue alerte et galante, pleine de colifichets et de jolies femmes, s'étant fait du maniement des rubans et des dentelles l'industrie la plus active; elle était aussi une des rues de la finance, des parvenus, des turcarets. Aussi la révolution fut-elle vue d'un mauvais oeil dans cette rue d'aristocrates en jupon ou à collet vert, et la section des Filles-Saint-Thomas, dont elle était le centre, se signala par son royalisme pendant toutes les journées révolutionnaires; c'est elle qui défendit le trône au 10 août et les girondins au 31 mai, qui marcha contre Robespierre au 9 thermidor, qui tira la Convention des mains des faubourgs au 1er prairial, enfin qui fit le 13 vendémiaire. Sous l'Empire, la
rue Vivienne parvint à conquérir deux maisons de la rue
des Petits-Champs (qui se nommait encore Neuve-des-Petits-Champs),
qui lui barraient l'entrée du Palais-Royal,
et alors au moyen du triste et utile passage du Perron, elle vit le mouvement
et le commerce, concentrés jusque-là dans le royal bazar,
s'écouler chez elle. Sous la Restauration, elle perça l'emplacement
du couvent des Filles-Saint-Thomas, sur lequel l'on élevait la Bourse
(Palais Brongniart), puis celui
de l'hôtel Montmorency-Luxembourg, dans la rue Saint-Marc, et elle
s'en alla atteindre les boulevards dans leur partie la plus brillante et
la plus active. Naître au Palais-Royal, non loin du Théâtre-Français,
toucher à la Bourse, finir aux boulevards, c'est une destinée
unique dans les fastes des rues de Paris |
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© Serge Jodra, 2008. - Reproduction interdite.