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Rue Valette, à Paris (Ve' arrondissement). - Cette rue, qui se nommait autrefois rue des Sept-Voies, prolonge la rue des Carmes, à partir de l'intersection avec la rue de l'Ecole-Polytechnique et aboutit au Panthéon. Dans cette rue se trouvait l'église Saint-Hilaire, qui avait donné son nom à une partie de la Montagne-Sainte-Geneviève, dite mont Saint-Hilaire. On y trouvait de plus : au nº 9, le collège-hospice de la Merci, fondé en 1515; au nº 18, le collège de Reims, dont les bâtiments sont occupés aujourd'hui par le collège Sainte-Barbe :
En 1460, un ancien régent de grammaire au Collège de Navarre, Geoffroy Lenormant, ouvrit cet établissement où viennent étudier Ignace de Loyola et François-Xavier, futurs fondateurs de l'ordre des jésuites, et peut-être aussi Calvin, Le curé de Saint-Hilaire, Robert Dugast, dota en 1556 ce collège des revenus nécessaires à la subsistance de quatre boursiers, un principal, un économe et un chapelain. Après des fortunes diverses, les bâtiments seront rachetés en 1798 par un ancien ecclésiastique rallié à la Révolution, Victor de Lanneau de Marcy (1758-1830), qui rebaptisera l'institution "Collège des Sciences et des Arts, ci-devant Sainte-Barbe" et lui redonna un nouvel essor. Reçu à l'agrégation en 1821, Michelet y a enseigné l'histoire entre 1822 et 1826; il a prononcé en 1825 un "Discours sur l'unité de la Science" resté célèbre. Alexandre Labrouste a dirigé l'établissement de 1838 à sa mort, en 1866, et ses frères édifieront les bâtiments neufs, juste avant ceux de la bibliothèque Sainte-Geneviève. (Infos : Ville de Paris).
Paris : le Collège Sainte-Barbe.
Le Collège Sainte-Barbe, rue Vallette. © Photo : Serge Jodra, 2010.

Au nº 25, se trouvait  le collège Fortet, qui a eu Calvin pour élève et qui a été le premier berceau de la Ligue : là furent élus les Seize dans une assemblée de quatre-vingts personnes; au nº 26, le collège Montaigu, qui avait été fondé en 1314 et qui ne recevait que de pauvres étudiants :

« Dans le commencement, ils allaient aux Chartreux recevoir avec les pauvres le pain que ces religieux faisaient distribuer à la porte de leur monastère. Jamais ils ne mangeaient de viande et ne buvaient de vin; ils jeûnaient perpétuellement; leur habillement consistait en une cape de gros drap brun, ce qui les faisait appeler les pauvres capettes de Montaigu.» 
Ce collège a eu Érasme pour élève. En 1790, il fut transformé en hôpital, puis en prison militaire; on l'a démoli vers le milieu du XIXe siècle pour construire sur son emplacement la bibliothèque Sainte-Geneviève. (Th. Lavallée).
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Dictionnaire Villes et monuments
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