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Rue de Sèvres,
à Paris.
- Cette rue, qui marque la limite entre le VIe'
arrondissement
et le VIIe'
arrondissement,
commence aux rues du Cherche-Midi
et de Grenelle pour finir aux boulevards
Garibaldi et Pasteur (place Henri-Queuille). On la trouve désignée,
au XIIIe siècle, dans des titres
de l'abbaye Saint-Germain-des-Prés,
sous le nom de la Maladrerie, parce que l'hôpital ainsi appelé
y était situé. En 1641, on la nommait rue de l'Hôpilal-des-Petites-Maisons.
Elle doit sa dénomination actuelle au village de Sèvres,
auquel elle conduit. Deux décisions ministérielles des 23
frimaire an IX et 15 messidor an XII, signées Chaptal, ont fixé
la moindre largeur de cette voie publique à 10 m.
A l'angle de la rue du Cherche-Midi était
situé le couvent des Prémontrés réformés.
L'ordre des Prémontrés, fondé par saint Norbert, au
XIIe siècle, avait à peu près perdu la bonne réputation
que son ancienne discipline lui avait acquise, lorsque le père Daniel
Picart, abbé de Sainte-Marie-aux-Bois, en Lorraine, conçut
le dessein d'y introduire la réforme. Aidé par Gervais Lairuel,
abbé de Saint-Paul-de-Verdun, il fit de nouveaux statuts, auxquels
les papes donnèrent leur approbation. Alors une nouvelle congrégation
se forma sous le titre de la Réforme de Saint-Norbert. Quoique confirmée
par lettres-patentes de 1621, elle ne possédait point encore en
1660 d'établissement à Paris. Le chapitre général
tenu cette même année à Saint-Paul-de-Verdun, résolut
de créer une maison dont tous les couvents de l'ordre partageraient
la dépense. Le père Paul Ferrier fut choisi pour faciliter
l'exécution de ce projet. La reine Anne d'Autriche lui accorda sa
protection, et ses libéralités permirent aux Prémontrés
d'acheter en 1661, dans la rue de Sèvres, un grand terrain et une
maison qu'on appelait les Tuileries. Ils obtinrent, en 1662, le consentement
de l'abbé de Saint-Germain, et de nouvelles lettres-patentes, dans
lesquelles le roi se déclare leur fondateur, et les qualifie de
chanoines réguliers de la Réforme de l'étroite observance
de l'ordre de Prémontré. La première pierre de l'église
fut posée le 13 octobre 1662, par la reine-mère. Cet édifice
devint bientôt trop petit, et fut rebâti en 1719, sur les dessins
de Simonet, architecte. Supprimée en 1790, cette maison religieuse
dévint propriété nationale, et fut vendue le 1er prairial
an V.
Au n° 27 est la maison dite de l'Association
des dames de Saint-Thomas de Villeneuve. Cette communauté fut fondée
en 1659, par le père Ange Proust, augustin réformé
de la province de Bourges et prieur du couvent de Lamballe. Cette fondation
avait pour but de desservir les hôpitaux. L'utilité d'un tel
établissement fut bientôt constatée. Louis XIV, auquel
on en rendit compte, le confirma par lettres-patentes données en
1661. Cette bienfaisante institution répandit bientôt son
heureuse influence dans toute la Bretagne. Paris possédait déjà
plusieurs maisons de ce genre ; mais la misère, qui tend toujours
à s'accroître dans les grandes villes, fit penser que les
Filles-de-Saint-Thomas-de-Villeneuve pouvaient donner d'utiles secours
aux malades. Le 16 août 1700, Jeanne de Sauvageot, dame de Villeneuve,
acheta de Jacques-Joseph Guille une maison et un jardin situés dans
la rue de Sèvres, et en passa déclaration au profit des.
Filles-de-Saint-Thomas. Cette communauté fut confirmée de
nouveau par lettres-patentes (lu mois de juin 1726, et on lui permit alors
d'acquérir jusqu'à 20,600 livres de rente. Ces religieuses
étaient hospitalières et suivaient la règle de Saint-Augustin.
Après la mort du père Ange, elles choisirent pour supérieur-général
le curé de Saint-Sulpice, En 1793 on voulut assimiler leur maison
à une communauté religieuse et s'emparer des biens qu'elle
possédait. Quelques voix reconnaissantes protestèrent et
obtinrent la conservation de cet établissement, uniquement consacré
à l'éducation des pauvres et au soulagement des malades.
(L.). |
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