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Rue du Rocher, à Paris  (VIIIe arrondissement). -Cette rue relie le boulevard de Courcelles à la rue Laborde. Elle doit son nom à une ancienne enseigne. La rue suit le tracé d'une antique voie romaine. Tout ce quartier possédait jadis des moulins. Le moulin de la Marmite était sur l'emplacement de l'angle des rues du Rocher et de Madrid; le moulin des Prunes était en face sur la rue du Rocher; le moulin Boute-à-Feu, un peu plus bas à gauche, et le moulin des Prés était sur l'emplacement du chevet de Saint-Augustin, etc.

La partie de la rue comprise entre la rue de la Bienfaisance et le boulevard de Courcelles s'appelait le chemin des Erancis (= estropiés); la partie sud était au XVIIIe siècle le faubourg de la Petite-Pologne. En 1815 la rue a été ouverte sur ce quartier dit de la Petite-Pologne et la rue a été prolongée en 1826 jusqu'au boulevard de Courcelles.

Au haut de la rue et jusqu'aux Folies de Chartres, entre le mur d'enceinte et la rue de Valois, s'étendait un terrain vague qui en 1794 fut une voirie révolutionnaire. Les inhumations ordinaires y furent faites du 5 au 25 mars 1794, puis les guillotinés y furent ensevelis du 25 mars au 10 juin. Madame Elisabeth, qui fut la dernière des vingt-quatre victimes qui périrent sur l'échafaud le 10 mai 1794, fut inhumée là. Le fossoyeur Joly reconnut le corps de la princesse à ses vêtements, mais en 1817 les investigations pour retrouver les restes furent vaines. Là aussi furent inhumés les deux Robespierre, Couthon, Saint-Just, Lebas, Bourbotte, Romme, Goujon, Henriot, les membres de la Commune mis hors la loi par le 9 Thermidor, Simon, le geôlier de Louis XVII, etc. Sur cet emplacement dit la Fosse aux Erancis, un bal s'installa plus tard, puis le percement du boulevard Malesherbes et le prolongement de la rue de Miromesnil morcelèrent le terrain.

N° 61. Emplacement d'une ancienne petite maison construite au XVIIIe siècle pour les deux soeurs Grandis, de l'Opéra, qui vivaient avec Bandieri de Laval, maître des ballets du roi, et maître à danser des enfants de France. (Ce Bandieri mourut en 1867 rue Basse, à la porte Saint-Denis). Joseph Bonaparte acquit cette propriété quelque temps avant le Consulat. Mme Laetitia l'habita ainsi que le maréchal Gouvion Saint-Cyr en 1815. Les jardins s'étendaient sur l'emplacement des rues de Madrid et Portalis. Sous le second Empire, la propriété devint Institution Cousin qui était très en vogue à cette époque. L'hôtel actuel de Hochon a été construit par Lefuel en 1877.

N°20. Lycée Racine.

A l'intersection de la rue de Vienne se trouvait autrefois l'hôtel de Lucien Bonaparte

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Dictionnaire Villes et monuments
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