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Rue
Mandar, à Paris.
- Cette rue du IIe'arrondissement
,qui va de la rue Montorgueuil
à la rue Montmartre, a été ouverte, en 1790, par l'architecte
Mandar sur les terrains appartenant à un certain Lecouteux et sur
l'emplacement de l'hôtel Charost. Elle a porté d'abord le
nom de cour Mandar. C'était alors une propriété particulière
fermée à ses deux extrémités par des grilles.
Une lettre ministérielle du 3 thermidor an IX porte ce qui suit
:
D'après
les observations, citoyen préfet, qui m'ont été faites
sur l'utilité pour le quartier des halles, de la communication connue
sous le nom de cour Mandar, j'ai décidé qu'elle serait mise
au nombre des rues de Paris, et comme telle, pavée, éclairée
et nettoyée aux frais de la commune. Je vous invite, citoyen préfet,
à prendre, en ce qui vous concerne, les mesures nécessaires
pour l'exécution de cette décision , et notamment pour que
les grilles placées aux deux extrémités de la communication
dont il s'agit, qui prendra le nom de rue Mandar, soient promptement enlevées
et pour que le pavé en soit entretenu avec soin, etc : Signé
Chaptal.
Mandar avait vécu
au n°9. Pendant longtemps, les dîners du Caveau moderne se firent
au nº 2 (restaurant du Rocher de Cancale). Cette société
de chansonniers datait de 1796 et s'est éteinte en 1817 : c'était
le dernier reflet des moeurs littéraires du XVIIIe
siècle, de cette gaieté un peu gauloise, de cet amour des
plaisirs faciles, de ces débauches spirituelles, de cette vie d'écrivains
sans ambition comme sans prétention, obscure, modeste, bourgeoise,
qui est si loin de nous. Là ont chanté Piis, Parny, Desfontaines;
là Désaugiers a longtemps présidé;
là Béranger est venu apporter
ses premiers essais. (L. / Th. Lavallée). |
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