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Rues et monuments de Paris
Rue Lepic
Rue Lepic, à Paris  (XVIIIe'arrondissement). - Cette rue relie le boulevard de Clichy et la rue Puget à la place Jean-Baptiste-Clément et à la rue de la Mire. Elle fut conditionnée par Napoléon pour l'établissement d'une batterie, puis formée en 1840 comme route départementale (n°15). Elle portait le nom de rue de l'Empereur en 1852. Son nom actuel lui a été donné en 1864 en mémoire du général Lepic (1765-1827) qui prit part à la défense de ce quartier en 1814.
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Paris : la rue Lepic.
La rue Lepic, à Montmartre.

N° 16. Passage Lepic (fermé par une grille).

N° 15. Rue Cauchois. (Nom de propriétaire.) Au 10 se trouve l'impasse Cauchois et au 19 l'impasse Marie-Blanche qui s'appela précédemment impasse Sainte-Marie. Au bout de l'impasse Marie-Blanche, au 7, construction originale. Ces constructions nouvelles, en partie néo-gothiques, s'élèvent sur l'emplacement d'une maison néo-médiévale que le comte Charles de L'Escalopier avait fait construire en 1835. Cette demeure gothique, qui renfermait une bibliothèque importante (actuellement à Amiens), un musée du Moyen âge, et des serres importantes, fut démolie en 1882. L'entrée était rue des Dames (17 actuel de la rue Joseph-De-Maistre).

N° 17. Emplacement de l'ancien bal dit de GuillaumeTell.

N° 19. Rue Constance. S'appela rue Sainte-Marie. Nom en 1867 suivant le désir du propriétaire.

N° 22. Rue Robert-Planquette, du nom d'un compositeur (1848-1903). Nommée avenue des Tilleuls avant 1926 (elle devait alors son nom à d'anciens tilleuls disparus aujourd'hui et c'est cette avenue qui fut la cause du titre du roman d'Alphonse Karr : Sous les Tilleuls), et impasse Gaillard avant 1843. Au 11 habita le peintre Roubille. La rue se termine par un petit square orné de deux colonnes. Dans ce square se trouve un pavillon du XVIIIe siècle (n° 11) qui fut habité par Mlle Flore, des Variétés, en 1855, par Hyacinthe, du Palais-Royal, en 1858, par Coppee dans sa jeunesse en 1860. On voyait là avant 1889 quatre bas-reliefs en pierre qui étaient attribués à Bouchardon mais qui en réalité étaient d'Adam le Cadet. Ces bas-reliefs avaient été exécutés pour décorer extérieurement un pavillon du jardin de la Bouëxière vers 1753. Ils avaient été rapportés ici en 1854 après la démolition du Tivoli de la barrière Blanche. 

N° 25. Emplacement de l'ancien cabaret artistique (?) de la Vache Enragée. Philibert Audebrand, homme de lettres et doyen des journalistes, mourut à cette adresse en 1906.

N° 28. Rue Véron. Doit son nom à celui d'un ancien maire de Montmartre de 1830 à 1841. Au 26, mascaron et statue sur la façade. Au 23, curieuse maison revêtue d'ardoises.

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Paris : street art rue Lepic (Misstic).
Paris : street art rue Lepic (Misstic).
Pochoirs de Misstic, au 44 rue Lepic.-

N° 53. A été habité par Jean-Baptiste Clément (1836-1903), communard et chansonnier (il a été l'auteur, notamment du Chant des Cerises). Fenêtres surmontées de mascarons.

N°54. Emplacement de l'ancienne galerie d'art d'Alphonse Portier. Le troisième étage a été habité par Théo Van Gogh, qui y a hébergé son frère Vincent Van Gogh (1853-1890) entre 1886 et 1888.

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Paris : le 54 de la rue Lepic.
Van Gogh : Depuis la fenêtre du 54 de la rue Lepic.
Le 54 de la rue Lepic et ce que voyait Van Gogh depuis sa fenêtre (1887).

N° 47. Rue Tourlaque (1863). Nom de propriétaire. Le peintre Toulouse-Lautrec (1864-1901) a eu son atelier au 7 entre 1884 et 1897 et il avait vécu au 21 en 1882. Au 22 se trouve la Cité des Fusains qui a accueilli de nombreux artistes de renom (Bonnard, Max Ernst,  Magritte,  Joan Miro, Dali, etc). En octobre 1909 un effondrement subit se produisit rue Tourlaque, au coin de la rue Damrémont, et une malheureuse femme fut engloutie. Cet effondrement était dû à un fontis. Rappelons à ce sujet que le sous-sol de Montmartre recèle des vides considérables et ignorés provenant des anciennes carrières de gypse (plâtre). D'ailleurs les régions minées reconnues officiellement occupent sous Paris une superficie de 771 hectares, c'est-à-dire le dixième de la superficie de la capitale.

N° 64. Rue Durantin. S'appela rue Bastien et passage Masson avant 1885. (Nom de propriétaire). Au 40, derrière une grille, cour assez curieuse avec fontaines.

N° 68. Rue de l'Armée d'Orient, autrefois rue de l'Orient, ainsi renommée en hommage aux soldats qui ont combattu dans cette région pendant la Première Guerre mondiale. Elle a été habitée par des artistes et ses jardins recèlent des arbres exotiques. Poulbot y a eu son atelier entre 1910 et 1925 au n°11, qui a également été habité par le poète Paul Fort (1872-1960). Au 4, théâtre Michel Galabru, autrefois Conservatoire Maubel. Apollinaire y fit jouer en 1917 sa pièce Les Mamelles de Tirésias, un des points de départ du mouvement surréaliste.

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Paris : la rue Tourlaque au carrefour de la rue Caulaincourt.
Paris : la rue de l'Armée d'Orient (théâtre Michel Galabru).
La rue Tourlaque.
Le théâtre Michel Galabru, 
rue de l'Armée d'Orient.

N° 88. Rue Tholozé.  Face au débouché de cette rue se trouve le moulin Blute-fin, qui fait partie du domaine privé où était l'ancien bal du Moulin de la Galette, et qui comprend aussi, à l'angle de la rue Girardon, face au débouché de la rue d'Orchampt, le moulin Radet (Les moulins de Montmartre).

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Paris : le moulin Blute-Fin, à Montmartre.
Paris : le moulin Blute-Fin, à Montmartre.
La moulin Blute-Fin.
Le moulin Radet.
© Photos : Serge Jodra, 2013.

La Butte Montmartre a compté plus de trente moulins à plâtre (ou à gypse), parmi lesquels étaient les moulins du Tafin, Radet, Paradis, Grande Tour, de la Lancette. Ce dernier s'effrondra en 1827. Les deux moulins qui restent (Radet et But-à-fin ou Blute-Fin), tous les deux à l'emplacement dit du Moulin de la Galette, datent l'un de 1268, l'autre de 1275. Le moulin, que l'on peut visiter, fut visité par Etienne Marcel. On y voit les traces d'un obus de 1814. La famille Debray était propriétaire du moulin depuis 1640, et les frères Debray le défendirent courageusement contre les Cosaques en 1814: l'aîné des fils, tué par ces derniers, fut attaché aux ailes du Moulin. Les moulins furent éprouvés également en 1871.

A droite du petit escalier qui conduisait de la salle de bal à la terrasse où se trouvent le Moulin et le Point de vue, il y a, au fond d'un petit passage, la Mire dite du Nord. Cette pyramide a été érigée en 1736 par Cassini fils, pour servir d'alignement à la méridienne de Paris du côté du Nord. Antérieurement, en 1675, l'abbé Jean Picard, chargé des opérations géodésiques nécessaires à l'exécution de la mesure en toises du méridien de Paris, travail entrepris en 1669 par l'Académie des sciences, avait planté là un poteau de bois dit Poteau de la Méridienne, au point jugé être dans la direction du vrai Nord par rapport à l'axe de l'Observatoire. La Mire du Nord fait partie du domaine de la Ville depuis 1878 avec le modeste terrrain qui l'entoure. Au sujet de la Mire, que bien peu de Parisiens connaissent, rappelons que Colbert avait songé à établir l'Observatoire à Montmartre et que ce projet fut écarté à cause des fumées de Paris.

Le bal du Moulin de la Galette était un des plus curieux de Paris et n'a jamais été atteint par le snobisme des autres établissements montmartrois. Au sujet de sa fondation nous ne pouvons mieux faire que de citer ici les lignes que Sellier a consacrées à ce bal dans ses Curiosités historiques et pittoresques du Vieux Montmartre :

« Au commencement du dernier siècle, les Debray ne débitaient encore que du lait et des petits pains de seigle aux promeneurs qui s'arrêtaient à leur moulin. A la fois meuniers et cultivateurs ils possédaient une trentaine de vaches, et plusieurs arpents de terre dans les environs et à la barrière de Clichy, où les anciens se rappelaient très bien avoir rencontré leurs charrues. Devenu par la suite un cabaret fort achalandé, où la pâtisserie et le petit bleu avaient remplacé le laitage et le pain bis, c'est seulement vers 1833 que le moulin Debray subit la transformation qui en fit désormais un temple voué à Terpsichore. En ce temps-là son propriétaire était le petit père Debray, ainsi qu'on l'appelait. C'était un amateur passionné de la danse, et il passait pour être le plus léger et le plus gracieux batteur d'entrechats du pays. Le Vestris de Montmartre aimait à réunir à son moulin les jeunes gens de l'endroit pour leur enseigner son art favori et les grâces du maintien qu'on y doit apporter. Il le fit tout d'abord pour l'amour de l'art, et ce n'est qu'après coup, que l'idée lui vint de tirer profit de son académie chorégraphique. Ainsi fut fondé le bal public du Moulin de la Galette. »


N° 98. Rue d'Orchampt. S'appela rue Barthélemy. Nom actuel donné par un propriétaire.  Courteline, L.F. Céline et Dalida y ont vécu dans un immeuble qui donne aussi rue lepic. Au 2 se trouve une inscription de 1792 rappelant le respect des propriétés et du travail. Cette inscription est la reproduction de celle qui figure sur une des tours de la porte de la Cavalerie à Arles. Elle est l'oeuvre d'Anthonelle, qui n'était plus maire en 1792, mais qui dut en suggérer l'idée à la municipalité. Elle fut inspirée, lisons-nous dans le Bulletin de la Société du Vieux Montmartre, par le désir de mettre un terme aux pillages des Marseillais, de Bertin, Rebecqui et de leurs émules.

N° 100. Au sommet de cette maison se trouvait un observatoire astronomique et météorologique fondé par le docteur autrichien Gruby sous Napoléon III. Le docteur Gruby est enterré au cimetière Saint-Vincent. (F.de Rochegude).

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Dictionnaire Villes et monuments
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