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Rue d'Anjou, à Paris  (VIIIe arrondissement). - Cette rue relie la rue du Faubourg-Saint-Honoré à la rue de la Pépinière. Ouverte en 1049 entre le faubourg Saint-Honoré et la rue de la Ville-l'Évêque, elle fut prolongée en 1721 jusqu'à hauteur de la rue des Mathurins et en 1778 jusqu'à la rue de la Pépinière. Ce dernier tronçon porta primitivement le nom de rue Quatremère, en mémoire d'un échevin. La rue s'appela rue des Morfondus, puis avant 1881 rue d'Anjou-Saint-Honoré. Nom en l'honneur du duc d'Anjou, fils de Henri Il et de Catherine de Médicis (Henri III).

Mlle Contat habitait en 1780 le 2 (ancien). Mlle Laguerre habita la rue ainsi que Mme Récamier qui logea quelque temps dans un petit hôtel que le chancelier Pasquier lui avait prêté. Falconet fut propriétaire dans la rue. Le marquis de Rochegude, brigadier des armées du roi, loua en 1760, dans la rue, une petite maison attenante à la maison du comte de La Marck (rue de Surène), pour le compte d'un régiment des gardes françaises, où il était capitaine, et le maréchal de Biron approuva cette acquisition. Cette maison appartenait à Luzard. 
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Paris : rue d'Anjou.
La rue d'Anjou, à Paris. © Photo : Serge Jodra, 2011.

Helvétius eut un hôtel dans la rue, hôtel qui passa à sa fille la comtesse de Meun, puis à Mmes de Seignelay et de Beljiojoso. L'hôtel de la princesse Beljiojoso avait été précédemment occupé par Mme de Malesherbes. La princesse fut l'amie d'Alfred de Musset qui, brouillé avec elle, écrivit les vers Sur une morte. Les murs du salon de cet hôtel étaient tendus de velours noir parsemé d'étoiles d'argent. La princesse de Beljiojoso quitta en 1848 cet hôtel, aujourd'hui démoli, pour aller s'installer rue de Courcelles. La comtesse de Boigne, auteur des fameux mémoires légués par elle à son neveu le marquis d'Osmond, habita la rue d'Anjou ainsi que le marquis de Bourgade, la maréchale Maison, la duchesse de Rozan, le général Ventura, etc.  En 1856, la Légation de Suède était située rue d'Anjou. Les parents des frères Deveria étaient au 297 (ancien) en l'an VI.

N° 76. Maison de forme cintrée, assez curieuse à voir du côté du boulevard Haussmann.

N° 51. Hôtel de P. Nadar. L'atelier a été fondé par Félix Nadar qui s'installa d'abord 35, boulevard des Capucines, puis rue Saint-Lazare.

N° 52. Hôtel de Bouville. Destutt de Tracy, l'idéologue, y mourut en 1836. Cet hôtel est très remanié.

N° 48. Emplacement de l'ancien hôtel de La Belinaye (1787), où habita également le député Quinette. 

N° 44. Hôtel Froment-Meurice bâti en 1900 sur une partie de l'hôtel de Boissy.

N° 42. Avait été construit par le président Talon. Affermé à la princesse de Bauffremont. Famille d'Aligre. Le comte de Saint-Geniès, auteur dramatique et journaliste sous la Restauration, y naquit. Il avait été question d'édifier ici un Alhambra. Remanié en 1902 de fond en comble par la Compagnie du Creusot. Corniche décorée de mascarons.

Le boulevard Malesherbes a détruit en 1861, du côté des chiffres impairs de la rue d'Anjou, l'hôtel de la marquise de Créqui, et du côté des chiffres pairs la maison de Chabot, l'hôtel Nicolay qui fut ambassade de Hollande, puis la résidence du général Moreau, de Bernadotte et du comte Clary. La percée du boulevard a fait également disparaître de ce côté de la rue d'Anjou, l'hôtel de La Rivière. En face de cet hôtel de La Rivière et s'étendant entre les rues de Surène et de la Ville-l'Évêque, était l'hôtel d'Espagnac formé de deux hôtels. Le grand hôtel était habité par les d'Esclignac (1742) et le petit hôtel qui y attenait et donnait rue de la Ville-l'Évêque, était habité par les d'Espagnac (1812).

N° 29. L'abbé Morellet, ami d'Holbach, y mourut en 1810. Le général de Bouillé. Le marquis d'Aligre (1810). Benjamin Constant y mourut en 1830. Mme Lindsay, l'Éléonore et la veuve du grand homme politique, mourut également dans la rue d'Anjou en 1845, au 15 (ancien).

N°23. Intéressant portail. N° 12. Emplacement de l'hôtel du comte de Lassalle, marquis de Louvois (1856).

N° 11. Hôtel dit jadis de Lorraine. L'évêque de ce nom était évêque de Bayeux (1720). Le maréchal de Contades, doyen des maréchaux de France (de 1780 à 1793). Il y présida les dernières séances du tribunal de connétablie. A été la mairie de l'arrondissement après 1860. Aujourd'hui, locaux de France Télécom et de la Poste.

N° 8. La Fayette y mourut en 1834. (Inscription). Le physiologiste Magendie y mourut également en 1855. Mascaron au-dessus de l'entrée.

N° 4. Emplacement de l'hôtel de Polignac (1780) qui fut habité par la spirituelle comtesse Diane de Polignac. En 1830, Mme de Boigne, née d'Osmond, habitait le 4 de la rue d'Anjou, et la maison appartenait au comte de La Tour du Pin-Chambly.

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Dictionnaire Villes et monuments
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