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Hôpital de la Trinité, à Paris (IIe arrondissement). - Cet  ancien hôpital, situé entre les rues Saint-Denis et Greneta, avait été fondé dans le XIIe siècle sous le nom de la Croix-de-la-Reine. Il fut agrandi par Philippe-Auguste et destiné principalement à héberger les pèlerins qui, le soir, trouvaient fermée la porte de Paris, dite porte aux Peintres. Son enclos était très vaste et renfermait, outre l'église et les bâtiments de l'hôpital, des terrains cultivés. L'église occupait l'emplacement du nº 266 de la rue Saint-Denis.

Vers la fin du XIVe siècle, des bourgeois de la rue Saint-Denis s'étaient avisés, plutôt par esprit de piété que par plaisir, de se réunir pour représenter les traits les plus intéressants de la vie de Jésus. Ils obtinrent en 1402 de Charles VI des lettres-patentes qui les érigeaient en confrérie, sous le titre de « maîtres, gouverneurs et confrères de la confrérie de la Passion et résurrection de Notre-Seigneur », et les autorisaient à faire leurs jeux en public, les jours de dimanche et de fête. Alors ils louèrent la grande salle de l'hôpital de la Trinité, laquelle avait vingt et une toises de long, sur six de large; et c'est là que furent jouées ces pièces naïves appelées mystères, qui traduisaient par personaiges toutes les histoires de l'Ancien et du Nouveau Testament, les vies des saints, les actes des apôtres, la destruction de Troie, et, plus tard, les sotties, farces et moralités des Enfants-Sans-Souci, dont la confrérie se réunit à celle de la Passion. La foule accourut à ces spectacles si nouveaux, qui semblaient le complément des spectacles augustes des églises: et, pendant un siècle et demi, sauf les interruptions causées par les guerres civiles, l'hôpital de la Trinité fut le lieu le plus populaire et le plus fréquenté de Paris.

En 1545, les religieux de la Trinité ayant cessé d'exercer l'hospitalité, le parlement ordonna

« que les enfants des pauvres invalides compris sur les rôles de l'aumône et unis en loyal mariage, âgés pour le moins de six ans, seroient charitablement reçus dans cet hôpital, nourris et instruits dans la religion et dans les arts et métiers». 
D'après cela, les confrères de la Passion abandonnèrent leur théâtre et se transportèrent dans la rue Coquillière, à l'hôtel de Flandre. L'hôpital de la Trinité devint alors une maison d'orphelins, où étaient élevés cent garçons et trente-six filles, auxquels on apprenait des métiers, et qui, à cause de leurs habits, étaient appelés les Enfants-Bleus. Cet établissement, qui était administré par six bourgeois du quartier et le curé de Saint-Eustache, acquit en peu de temps de la prospérité. L'enclos de l'hôpital étant devenu par privilége de Henri II un lieu d'asile, des maisons s'y bâtirent, des ruelles y furent ouvertes, et des ouvriers de diverses professions vinrent y travailler en franchise. Alors l'hôpital de la Trinité devint une sorte d'école des arts et métiers. En effet, il fut décidé que, 
« à l'égard des compagnons qui auraient montré pendant six ans leurs métiers aux enfants-bleus, ou bien à l'égard des enfants qui, après leur apprentissage, auraient consacré six années à l'instruction des autres apprentis, que, tous les ans, il serait reçu un compagnon et un enfant maîtres-jurés en franchise et sans frais. » 
Cette école pratique produisit une foule d'artisans habiles, et la plupart des maîtres qu'elle a donnés ont acquis une sorte de renommée: on cite parmi eux le tapissier Dubourg, qui, en 1594, fit les tapisseries de Saint-Merri, et que Henri IV mit à la tête de la manufacture royale des tapis de la Savonnerie.

L'hôpital de la Trinité fut supprimé en 1790, et ses biens furent attribués à l'administration générale des hospices. L'église, qui avait été reconstruite en 1598 et 1671, a été démolie en 1817; l'enclos fut transformé en rues et passages, autrefois entièrement occupés par des fabriques, et il ne reste plus grand-chose de ce vénérable berceau du théâtre français, de cette modeste école industrielle. (Th. Lavallée).
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Passage de la Trinité, à Paris.
Le passage de la Trinité, sur l'emplacement 
de l'ancien Hôpital de la Trinité.
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Dictionnaire Villes et monuments
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