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Dictionnaire
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| Catacombes de
Paris Dans des circonstances géologiques
favorables, c.-à-d. quand les gisements de matériaux sont
à proximité, l'ouverture des carrières coïncide
avec l'origine des cités; et, réciproquement, l'abondance
et la variété des matières influent sur le développement
des centres de population. La ville de Paris Aussi les exploitations auxquelles se prêtait
la nature variée du sol se sont-elles retirées devant l'extension
continue de la population, s'éloignant ainsi toujours plus du reste
de la cité. Mais, pendant un grand nombre de siècles, les
exploitations furent abandonnées à elles-mêmes, soumises
à aucune espèce de surveillance, entreprises sans autorisation,
portées çà et là sans distinction et sans connaissance
des limites des propriétés, enfin uniquement livrées
à l'aveugle routine et à la plus ou moins grande activité
des extensions. Il est facile de concevoir et de présumer tous les
abus qui doivent résulter d'un mode d'exploitation aussi vicieux.
D'après cela, on s'explique qu'une grande proportion du sol de Paris Dans la description qu'il a faite des catacombes
de Paris Antérieurement à 1774, on paraît n'avoir pas eu sujet de s'inquiéter des inconvénients graves que présentent les excavations souterraines pour la stabilité des habitations et la sécurité des voies publiques. Il fallut qu'un grand effondrement survint dans le cours de cette année 1774, près de la barrière d'Enfer, pour fixer, sur le danger et sur la convenance d'y remédier, toute l'attention de l'administration. « Une visite générale et la levée des plans de toutes les excavations ayant été ordonnée en 1776, on acquit la certitude, ainsi que l'affirmait la tradition, que les temples, les palais et la plupart des voies publiques des quartiers méridionaux de ParisCette situation ayant été constatée, une commission spéciale fut nommée par le conseil d'État avec mission d'ordonner et de faire exécuter tous les travaux reconnus nécessaires. C'est à cette époque et sur la proposition de ladite commission que fut créée l'Inspection générale des carrières. Le jour où, par arrêt du conseil d'État, on nommait le premier inspecteur général, le 4 avril 1777, une maison située rue d'Enfer était engloutie dans un terrible effondrement, témoignant en quelque sorte de la nécessité et de l'urgence de la nouvelle création. Les anciennes carrières de gypse Ces travaux étaient à peu
près terminés en 1780 et le lieutenant général
de police, Lenoir, proposa d'y transporter les ossements qui encombraient
les cimetières intérieurs de Paris Ce ne fut que le 9 novembre 1785, à
la suite d'accidents graves survenus dans les caves avoisinant le cimetière,
et sous la pression de l'opinion publique effrayée, que le conseil
d'État rendit enfin un arrêt qui ordonnait la suppression
du cimetière et la transformation de son emplacement en place publique
propre à l'établissement d'un marché. L'évacuation
du cimetière des Innocents Nonobstant des circonstances aussi délicates
et périlleuses, dit un rapport du temps, grâce à l'extrême
activité déployée et à la bonne organisation
des détails, on parvint, en prévenant tout scandale, à
fouiller et rechercher successivement toutes les fosses, et, en même
temps, conserver les antiquités curieuses et les monuments intéressants
dont le terrain était couvert; enfin, transporter, d'une part, dans
les cimetières en activité les corps non décomposés
ou ensevelis récemment, tandis que, d'autre part, on recueillait
successivement toutes les dépouilles sèches ou les ossements
qui, depuis tant de siècles, extraits et retirés de ce gouffre
pour en céder la place à de nouvelles générations
déjà éteintes à leur tour, s'entassaient successivement
sous les portiques, les arcades,
les caveaux, les charniers et même les combles ou terrasses et autres
monuments funéraires. Il ne fallut pas moins de quinze mois pour
transporter les ossements du cimetière et du grand charnier des
Innocents Le succès de la translation des
corps et des ossements du cimetière des Innocents On pénètre aujourd'hui dans
les catacombes par de grands escaliers établis l'un à Denfert-Rochereau,
dans un des pavillons de l'ancienne barrière d'Enfer, l'autre près
de Montsouris, à l'endroit appelé la Tombe-Issoire; le troisième
au lieu appelé la Fosse-aux-Lions, parce qu'il était jadis
occupé par un cirque où l'on faisait combattre les bêtes
féroces. Moins connues peut-être des Parisiens que des étrangers,
les catacombes de Paris Les portes sont disposées, ainsi
que les vestibules, de manière à produire un certain effet
architectural dans le genre funéraire. De nombreux piliers et des
murs supportent les ciels des carrières et découpent l'espace
en de nombreux méandres dont le développement atteint 800
m. Les ossements sont empilés entre les piliers et contre les murs
de manière à présenter des parements ou surfaces visibles,
verticales et planes, sur lesquelles se détachent en saillie des
cordons horizontaux de têtes juxtaposées, des os longs croisés
en sautoir et d'autres dispositions ornementales compatibles avec le caractère
du lieu. On évalue à plus de trois millions la totalité
des individus dont les restes ont été recueillis. Des inscriptions
françaises et latines, quelques-unes grecques, italiennes et suédoises,
sont gravées sur les piliers. Les unes indiquent l'origine et la
date de la translation des ossements qu'elles concernent; le plus grand
nombre, empruntées aux littératures sacrée et profane,
expriment des sentiments religieux et philosophiques, conformes à
ceux qu'inspirent l'aspect sépulcral et la tristesse du lieu. On
chemine d'ordinaire assez lentement le long des galeries, quand on prend
part à une visite des catacombes, à cause des particularités
qui attirent à chaque instant l'attention, puis parce que la sécurité
des visiteurs exige qu'il ne se fasse pas de longues solutions de continuité
dans la suite des curieux qui s'allonge quelquefois sur plus de 200 m.
Il résulte de cette circonstance que le temps qui s'écoule
entre l'entrée et la sortie est assez long. Cependant le trajet
tout entier est compris entre la place Denfert-Rochereau, où a lieu
la descente, et un point de la rue Dareau, situé entre l'avenue
du Général Leclerc (ancienne av. d'Orléans) et l'avenue
René Coty (ancienne av. de Montsouris), à la Tombe-Issoire.
L'idée assez générale que le Panthéon Les puits reliant le sous-sol à la surface sont en assez grand nombre, dans la région de l'Ossuaire, pour assurer une ventilation convenable. A moins de circonstances particulières, capables de produire des courants d'air actifs, la température est sensiblement invariable et voisine de 11°C. Une des curiosités de la visite se rencontre sous la rue Dareau; ce sont deux cloches de fontis dont les parois ont été enduites d'une forte couche de ciment qui en assure la stabilité et la conservation. Des zones diversement colorées figurent la tranche des couches dans lesquelles ces cloches pénètrent. Les hauteurs de ces cavités, curieux et intéressants spécimens d'un accident fréquent dans le sol parisien sous-miné, sont respectivement de 11 m et 11,30 m. La procession des visiteurs, s'offre aussi à elle-même un spectacle pittoresque, lorsque, serpentant dans les circonvolutions de l'Ossuaire, ses tronçons sont en situation de s'apercevoir réciproquement. Les galeries pleines d'ombre apparaissent tout à coup populeuses et vivement éclairées. Les catacombes ou les carrières de pierres à bâtir situées sous les voies et sous les édifices publics ont été l'objet de travaux consistant dans la recherche et le comblement des fontis et des vides nuisibles, dans l'établissement de piliers et de murs en maçonnerie. Pour accomplir cette oeuvre, la Ville a dépensé chaque année, depuis 1777, des sommes importantes qui se sont accrues après l'annexion en 1860 des XIIIe, XIVe, XVe et XVIe arrondissements : ces arrondissements présentaient de vastes étendues sous-minées compromettantes pour la sécurité publique. Au début du XXe siècle, grâce à la persévérance avec laquelle les travaux ont été poursuivis pendant plus d'un siècle, le sol des rues, généralement consolidé, n'était plus exposé à s'effondrer sous les véhicules ou sous les passants, et les travaux d'art égouts, conduites de gaz ou d'eau, etc., étaient assurés contre les avaries qui pouvaient auparavant résulter de l'écroulement de vides souterrains. Des tournées fréquentes furent également organisées vers cette époque dans le but de prévenir, autant que possible, des accidents semblables à celui survenu, en 1879, dans le passage Gourdon, accident dans lequel trois maisons furent compromises de la manière la plus grave, et à celui d'avril 1880, qui faillit engloutir plusieurs maisons du boulevard Saint-Michel, en face de l'École des Mines. Ces maisons n'avaient été préservées que grâce au dévouement du chef d'atelier et des ouvriers de l'inspection des carrières qui réussirent à restaurer les piliers de soutènement à moitié minés. (L. Knab). |
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© Serge Jodra, 2006. - Reproduction interdite.