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| Bourse du Commerce.
- Cet édifice circulaire surmonté d'une coupole de fer due
à l'architecte Bélangé, est cerné par la rue
de Viarmes sur sa moitié occidentale et par le jardin des Halles
sur le côté opposé. Sur l'emplacement de cette Bourse
du Commerce et des rues avoisinantes s'élevait jadis l'hôtel
de Nesle. Les seigneurs de Nesle qui l'avaient construit le donnèrent
à Saint Louis et celui-ci en gratifia
sa mère, la reine Blanche, qui, d'après Sauval, y serait
morte en 1252. Charles de Valois et d'Anjou posséda ensuite l'hôtel
jusqu'à sa mort en 1325. Son fils Philippe de Valois, régent,
eu gratifia, en 1327, Jean de Luxembourg dit l'Aveugle, roi de Bohème,
qui y résida souvent, et l'hôtel fut dit hôtel
de Bohème ou de Behaigne, d'après la prononciation de l'époque.
Le roi de Bohème, ami de la France, ayant été tué
à la bataille de Crécy en 1346, sa fille Bonne hérita
de l'hôtel. Elle avait épousé Jean, duc de Normandie,
qui fui roi de France, mais elle ne fut jamais reine étant morte,
en 1349 avant l'avènement de son mari, Jean dit le Son (1350). Son
fils qui fut Charles V, donna l'hôtel en 1355 au comte de Savoye.
En 1373 il appartenait ii Louis, duc d'Anjou, évadé d'Angleterre,
frère de Charles V et fils, comme lui,
de Bonne de Luxembourg. Sa veuve, Marie de Châtillon, vendit l'hôtel
en 13S8, quatre ans après la mort de son mari, au roi Charles
VI, qui en fit l'acquisition pour son frère Louis de France,
duc d'Orléans, et dès lors l'hôtel est dit d'Orléans.
Les ducs d'Orléans l'agrandirent aux détriment des terrains provenant de l'enceinte de Philippe Auguste (chemins de ronde, murs, fossés et remparts) et Louis II, duc d'Orléans donna ces agrandissements aux Filles Pénitentes qui y construisirent leur monastère en 1497. En 1498 le roi Louis XII, l'année même de son avènement donna le reste de son hôtel d'Orléans à Robert de Framezelles, et ce dernier revend cet ancien hôtel de Bohème aux Filles Pénitentes. Celles-ci habitèrent ce terrain pendant soixante-dix-huit ans. En 1572, Catherine
de Médicis, craignant le voisinage de Saint-Germain l'Auxerrois,
à cause d'une prédiction d'un astronome, abandonna les Tuileries.
Elle acheta l'hôtel d'Albret qui s'ouvrait rue du Four (Vauvilliers)
et acquit ensuite plusieurs maisons entre cette rue du Four et la rue d'Orléans;
puis elle expropria les Filles Pénitentes, dont le monastère
s'étendait entre les rues d'Orléans, la rue de Grenelle-Saint-Honoré,
la rue Coquillière, et
la rue des Haches (Berger). Les religieuses
furent transférées rue Saint-Denis, à Saint-Magloire,
et la reine supprima la portion de la rue d'Orléans qui séparait
les deux terrains, celui des Filles Pénitentes et celui de l'ancien
hôtel d'Albret qui, reconstruit par Philibert
Delorme et Jean Bullant, était devenu
l'hôtel de la Reine. Catherine de Médicis mourut dans son
hôtel en 1589. Elle l'avait légué à Christine
de Lorraine, sa petite-fille, épouse de Ferdinand Ier,
grand-duc de Toscane, mais ce testament ne put être exécuté
à cause du grand nombre de dettes de la reine.
La Bourse du Commerce et la colonne de Catherine de Médicis. (Aquarelle de Victor Nicolle, XIXe s.). A la mort de la reine l'hôtel fut adjugé à Charles de Bourbon, comte de Soissons. Il fut encore agrandi par l'acquisition de plusieurs maisons et passa en 1642 aux princes de Carignan. Les jardins servirent de marché aux actions de Law. Il fut détruit en 1749. Il n'en reste qu'une belle colonne cannelée d'ordre dorique, construite par Bullant en 1572. Cette colonne, dite colonne de l'Horoscope, haute de 30 mètres, renferme un escalier par lequel la reine se rendait sur la plateforme pour consulter les astres avec son familier Ruggieri. Cette colonne fut sauvée en 1748 par Petit de Bachaumont, des mains des architectes qui allaient la démolir en même temps que l'hôtel de Soissons et donné à la Ville à la charge qu'elle ne serait pas détruite. (La fontaine est de 1810. Inscription sur la colonne, et chiffres). Sur l'emplacement de cet hôtel, qui
fut donc successivement hôtel de Nesle, de Bohème, d'Orléans,
de la Reine, de Soissons, de Carignan, on construisit en 1767 la Halle
aux Blés qui fut incendiée eu 1802, reconstruite en 1807
et incendiée de nouveau en 1845. Cette halle aux blés a été
remplacée en 1880 par la Bourse du Commerce. (F. de
Rochegude).
La Bourse du Commerce, à Paris. © Photo : Serge Jodra, 2011. |
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