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Ouidah.
- Ville Bénin, qui était, à l'époque du royaume
du Dahomey la principale ville côtière. Ouidah (appelée
encore Whydah, Fida, Hwedah,
Ouida, Juda
ou Ajuda) est fort ancienne : dès le XVIe
siècle les trafiquants d'esclaves portugais la fréquentaient;
ses habitants qu'ils disaient « judaïques » passaient
pour un reste des tribus dispersées d'Israël. Conquise en 1725
par les Dahoméens, la ville leur appartint depuis sous le nom de
Gléhoué ( = Ferme) : mais la religion du roi de Dahomey
lui défendant de voir la mer, il ne pouvait y venir. Il se faisit
représenter par un yevoghan (chef des blancs) «-qui
ouvre les chemins aux voyageurs » par des cabécères
et un agor (sorte de conseil municipal dirigé par l'agorgan
qui percevait la douane). Mais l'influence européenne balançait
depuis longtemps celle des chefs.
Ainsi, le
passé des établissements français à Ouidah
était-il déjà très ancien : sous Louis
XIV la compagnie du Sénégal y fit construire en 1670,
après une mission de d'Elbée, un fort qui est tombé
en ruine au XVIIIe siècle et dont
Péronne a retrouvé les archives intactes dans une armoire
de fer, en 1838. En 1841, le gouvernement loua ses terrains à la
maison Régis de Marseille pour y établir un comptoir, et
par la suite de nombreuses maisons françaises se sont établies
dans la ville. En décembre et janvier la rade était couverte
de navires venus pour le commerce, rendu plus difficile par les vexations
et les restrictions locales; la rade d'ailleurs n'était pas
sûre.
Ouidah, qui comptait
à la fin du XIXe siècle 19
500 habitants se composait alors de deux villes distinctes
:
1° à l'intérieur
d'une cité indigène, à 3 kilomètres de la côte,
dans une sorte d'île rattachée à la terre par d'étroites
levées, où l'on trouvait des temples fameux consacrés
aux serpents
pythons : à cet animal
sacré se rattachait une mythologie complexe; jadis les arbres
étaient aussi sacrés, et il était défendu aux
étrangers de couper du bois;
2° sur le littoral se trouvait la cité
européenne où s'élevaient des factoreries surmontées
de drapeaux multicolores. L'influence portugaise a longtemps dominé
sur la ville : officiellement les Portugais y renoncèrent en 1885;
ils gardèrent cependant un fort et une garnison qui dans la
guerre entre les Français et le roi Behanzin défendit les
commerçants français. Les établissements anglais et
allemands étaient nombreux (les Allemands ne furent pas été
arrêtés à l'ouverture des hostilités, ce qui
les fit soupçonner de s'entendre avec le Dahomey pour importer des
armes par Petit-Popo). Enfin les maisons de commerce françaises
étaient en grand nombre et l'influence française était
dominante.
Ouidah fut importante
au temps de la traite des esclaves; elle n'exportera plus ensuite que de
l'huile de palme; pourtant le mouvement des échanges y restait considérable.
Ouidah et les côtes environnantes, après avoir été
revendiquées par le Portugal, puis par l'Allemagne, ne sont furent
disputées au Dahomey que par la France qui l'a annexée en
1886. En 1960, à l'indépendance du Dahomey (devenu Benin
en 1972) Ouidah accrut son importance. Elle compte aujourd'hui 41 000 habitants
et accueille un festival du film renommé. |
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