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| Morlaix
(Mons relaxus, Morlaeum, en breton Montroulez) est une commune
de France Morlaix est une ville fort ancienne. On
ne connaît pas la date de sa fondation, et il n'est pas prouvé
qu'elle s'appela primitivement Julia, puis Saliocan, ni que
le christianisme y ait été
introduite dès l'an 72, par Drennulus, disciple de Joseph
d'Arimathie et premier évêque de Tréguier Cette cité fut lente à se
développer; elle n'était qu'un petit port de commerce et
de pêcherie et ne formait encore, au XIe
siècle, qu'une seule paroisse, Saint-Mathieu, renfermant dans son
sein la ville close et, sur le Mons Relaxus, le château
dont l'emplacement, entre les deux rivières, est aujourd'hui planté
d'arbres. Il reste encore quelques vestiges des anciens remparts; la porte
Bourret a été démolie il y a une trentaine d'années
ainsi que la tour d'Argent, atelier monétaire des ducs au XVe
siècle. Cependant, les ducs de Bretagne Plus tard, durant les guerres de Cent ans En 1522, les Anglais surprirent par trahison la ville, qui fut par eux mise à sac et brûlée, mais ils furent obligés de se retirer et leur arrière-garde fut taillée en pièces dans les bois de Styrel par les gentilshommes bretons; la fontaine voisine, rougie de leur sang, prit leur nom : « Fontaine des Anglais (Feunteun or Saozon). En mémoire de l'événement, la communauté de ville ajouta à ses armoiries pour support un lion et le léopard à deux têtes d'Angleterre, avec la devise : S'ils te mordent, mords-les. Mais vingt ans encore, Morlaix fut inquiété par les Anglais, qui vinrent piller et incendier la ville, en 1532, pendant les guerres de François Ier. Enfin, ce monarque (1542) permit aux habitants de faire construire, à l'entrée de la rade, sur le rocher le Taureau, un fort qui fut terminé en 1544. La tranquillité régna dès lors, et de nombreuses maisons furent bâties en dehors de la ville close. En 1548, Marie
Stuart faisant une entrée triomphale à Morlaix, un pont
se rompit, et comme les Ecossais criaient à la trahison, le seigneur
de Rohan reprit : « Jamais Breton ne fit trahison ! » Les Morlaisiens,
plus tard, ayant pris parti pour la Ligue, le château fut assiégé
et emporté de force par les royalistes, que commandait le maréchal
d'Aumont; Mercoeur, abandonné par les Espagnols,
ses alliés, capitula (25 août 1594). Morlaix fut désolé
par des pestes en 1623, 1626, 1640. Louis XIV, en 1660, réclama
à la municipalité le château
du Taureau, qui devint une prison d'Etat. En 1772, la session des Etats
de Bretagne se tint à Morlaix. Cette ville n'eut pas à souffrir
durant le règne de la Terreur.
Morlaix offrait jadis cette particularité d'appartenir à
deux évêchés différents, qui ont été
supprimés: le côté droit de la rivière, à
l'évêché de Tréguier Morlaix a été la ville de naissance du théologien Nédellec, général de l'ordre des dominicains, disciple de saint Thomas d'Aquin, mort en 1323; d'Albert le Grand ou de Morlaix, auteur d'une Vie des saints de Bretagne, né en 1600; du marin Cornic, mort en 1809; du général Moreau (1763-1813); du littérateur Souvestre (1806-1854). Ce qui frappe la vue tout d'abord à
Morlaix, c'est le viaduc du chemin de fer, au-dessous duquel le clocher
de l'église Saint-Melaine, écrasé
par ce voisinage, semble petit et insignifiant. Ce pont immense, jeté
sur l'étroite vallée où coule la rivière, a
une longueur de 285 m; sa hauteur est de 58 m au-dessus des quais. Il est
divisé en deux étages composés, l'étage inférieur
de 9 arches de 13,5 m d'ouverture, et l'étage supérieur de
14 arches de 15 m avec un passage pour les piétons entre les deux
étages. C'est dans les îlots granitiques de la rade que l'on
est allé chercher les matériaux de construction. L'oeuvre
moderne grandiose permet de saisir le panorama de la contrée, la
rivière sinueuse aux bords frais, les promenades délicieuses
et, plus près, le double amphithéâtre de la ville aux
maisons étagées sur les pentes convergentes de ses deux collines,
et elle ne fait que donner plus d'intérêt, par le contraste,
aux reliques du vieil âge qui demeurent encore. Ce sont, dans des
rues
abruptes et tortueuses, de vieilles maisons en bois aux étages successivement
en surplomb, aux cours intérieures vitrées ou lanternes,
aux portes et aux solives richement et bizarrement
sculptées, aux porches appelés
lances; maisons aussi curieuses par leurs façades que par
leur disposition intérieure. Elles datent des XVe,
XVIe et XVIIe
siècles, et plusieurs ont survécu de manière à
donner à la ville l'aspect d'une cité du Moyen âge En ce qui concerne les édifices
religieux, L'église Saint-Mathieu se
fait remarquer par une tour de la Renaissance Les armes de Morlaix sont : D'azur au navire équipé d'or, aux voiles éployées d'hermine. (Ch. Delavaud). |
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