 |
Montbéliard
est une commune de France ,
dans le département du Doubs, sur la rive droite de l'Allaine au
confluent de la Luzine; population : 27.600
habitants. Ancienne place de guerre qui défendait l'un des débouchés
de la trouée de Belfort ,
protégée par son ancien château,
les forts du Mont de Chaux et du Mont-Bart et plusieurs batteries. L'ancien
château comtal domine toute la ville et se compose de constructions
pour la plupart du XVIIIe siècle;
cependant la tour Bossue est de 1425, la tour Neuve de 1594, et quelques
parties des courtines remontent aussi aux XVe
et XVIe siècles. Eglise
moderne de Saint-Maimboeuf. L'église Saint-Martin, du commencement
du XVIIIe siècle, a été
convertie en temple protestant. Halles
à portiques du XVIe siècle,
au premier étage desquelles ont été installés
le musée et la bibliothèque.
Maisons de la Renaissance .
Hôtel de ville de la fin du XVIIIe
siècle. Statue de Cuvier
par David d'Angers.
Montbéliard (Mons Peligardi),
d'origine ancienne, fut attribué, lors du démembrement de
l'empire de Charlemagne, an royaume de Lothaire;
il devint à l'époque de l'organisation de la féodalité
le chef-lieu d'un comté compris entre le comte de Bourgogne et l'évêché
de Bâle. Il fit alors partie du royaume de Bourgogne
et releva avec lui de l'empire d'Allemagne .
Voici la liste de ses comtes particuliers que l'on ne connaît que
depuis le XIe siècle. Louis, comte
de Mouson et de Bar (1034); Thierry Ier,
fils du précédent (après 1065) ; Thierry II, second
fils du précédent (ca. 1104); Amédée de Montfaucon,
fils d'Agnès, fille aînée du précédent
et de Richard de Monfaucon (après 1162); Richard, fils aîné
du précédent (après 1183); Thierry III (le grand baron),
fils du précédent (après 1237); Renaud de Chalon,
comte de Bourgogne, et sa femme Guillemette, arrière-petite-fille
de Thierry III (1282); Otton, fils du précédent (1321); Henri
de Montfaucon et sa femme Agnès, soeur ainée d'Otton (1332);
Etienne, fils du précédent (1366); Henriette, petite-fille
du précédent, épousa Eberhard, comte de Wurtemberg,
et par elle le comté de Montbéliard échut en 1397
à la maison de Wurtemberg qui le posséda jusqu'en 1790.
En 1473, Charles
le Téméraire tenta de réunir le comté de
Montbéliard à ses Etats, mais subit une sanglante défaite
entre Montbéliard et Héricourt. Dès 1525, Faret prêcha
la Réforme à Montbéliard; elle y fut favorisée
par les princes de Wurtemberg et, grâce à eux, le comté
devint le refuge des protestants des
pays voisins. A la fin du XVIe siècle,
il y vit une colonie d'anabaptistes, dont les descendants, agriculteurs
pour la plupart, ont formé longtemps un groupe de population tout
à fait distinct. En 1587 et en 1588, le duc de Guise attaqua sans
succès la ville et dut se retirer. Le maréchal de Luxembourg
s'en empara en 1676 et en fit raser la citadelle et les fortifications,
mais les troupes françaises durent l'évacuer à la
paix de Ryswick. En 1793, les Français occupèrent pacifiquement
le pays, les habitants arborèrent eux-mêmes le drapeau tricolore
et l'annexion fut prononcée par un décret de la Convention
du 10 octobre. En 1814, les Autrichiens
occupèrent quelque temps Montbéliard. Le 15 janvier 1871,
les troupes allemandes qui occupaient la ville en furent délogées
et ce fut le commencement de la bataille d'Héricourt à la
suite de laquelle l'armée allemande reprit l'offensive.
Montbéliard a vu naître les
deux Cuvier, le naturaliste Duvernoy, les frères
Haag, historiens de la Réforme, et Dorian, l'un des membres du gouvernement
de la Défense nationale. (GE). |
|