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Marennes.
- Commune du département de la Loire Atlantique, à 2 kilomètres
à l'Est de l'Océan, embouchure de la Seudre, rive droite,
mis en communication avec cette rivière par un chenal, dirigé
Sud-Sud-Ouest, de 3 kilomètres, où se trouve le port; 4770
(2006). Marais salants; ostréiculture, production des huîtres
vertes renommées, parcs ou claires sur les bords vaseux de
la Seudre : huîtres plates (genre Ostrea), engraissées
et verdies, huîtres portugaises (genre Gryphée).
Marennes est situé, géologiquement,
dans une presqu'île crétacée, étage cénomanien,
terminée par la pointe du Chapus, et comprise entre deux grands
espaces d'alluvions modernes, marais aujourd'hui, golfes au temps des Romains
et même au Moyen âge ,
golfe de la Seudre au Sud-Ouest, golfe de Brone au Nord-Est. Marennes était
alors une île et désignée comme telle en d'anciens
titres, jusque dans le XVIIe siècle.
Ses huîtres sont déjà mentionnées et appréciées
par Ausone (IVe
siècle). Au Moyen âge, l'église de Maremnia existait,
selon une charte de 1047, qui la concède à l'abbesse de Sainte-Marie
de Saintes : cette église était sous le vocable de Saint-Pierre-de-Sales,
nom sous lequel le bourg est souvent cité dans les chartes des XIe
et XIIe siècles. Ce lieu passa ensuite
sous la domination des seigneurs de Pons, auxquels il appartenait en 1380;
il fut plus tard concédé à la maison des Martel.
Les salines de Marennes avaient à
cette époque beaucoup d'importance. Lorsque François
Ier voulut
étendre la gabelle sur ces terres qui en avaient été
exemptées par les souverains anglais
et par les rois de France ,
ses prédécesseurs, il en résulta une insurrection
générale du pays, qui se renouvela sous Henri
II, où elle fut comprimée par le maréchal Anne
de Montmorency (1548). Les habitants de Marennes prirent part à
ces mouvements, et peu après se convertirent au protestantisme .
Lors des guerres de religion, la ville fut souvent prise et reprise par
les deux partis; la victoire resta définitivement aux catholiques
(1570). Après la révocation de l'édit de Nantes (1685),
Fénelon
eut à lutter, à Marennes, non seulement contre les protestants,
mais aussi contre les Jésuites .
Au XVIIIe siècle, Marennes était
le chef-lieu d'une élection et le siège de l'amirauté
de Brouage. Il y eut un présidial qui fut supprimé en 1666.
L'industrie s'y partageait avec Brouage
l'approvisionnement de la grande pêche depuis le golfe de Gascogne
jusqu'au Zuyderzee. Mais sa déchéance survint; puis les marais
salants abandonnés se transformèrent en marais gâts
insalubres; heureusement, Le Terme, sous-préfet de Marennes, en
1818, commença d'assainir la contrée : les canalisations,
les dessèchements, ont obtenu un résultat complet. Marennes
a vu naître Patrie Lucas, le héros de Trafalgar
(1764-1849).
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Clocher
de St. Pierre de Sales,
à
Marennes.
Marennes est une petite ville bien bâtie,
montrant l'ancien hôtel des fermes, une maison Renaissance ,
le couvent des Récollets devenu Palais de justice, le temple protestant,
jadis chapelle du couvent des jésuites; enfin, l'église et,
son clocher. L'église de Saint-Pierre-de-Sales,
mutilée par les guerres civiles, fut abattue par l'abbesse de Saintes,
Françoise de la Rochefoucauld, en 1602, et rebâtie. L'église
actuelle (1638) offre tous les styles. On y remarque de belles peintures
murales. C'est un monument historique ainsi que le clocher. Ce clocher
est le plus élevé du département; il a 82 m et sert
d'amer aux marins; il est quadrangulaire et terminé par une plateforme,
d'où s'élance une pyramide octogone, support de la flèche
dentelée. Statues
de Chasseloup-Laubat et de Le Terme.
Aux environs, château de la Gâtaudière.
(Ch. Delavaud).. |
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