| . |
| |||||||
| Marengo.-
Bourg d'Italie Bataille
de Marengo.
Masséna capitule le 4 juin, et,
malgré cette conquête, le général autrichien
se sent enserré de toutes parts. Le 9, Lannes culbute le général
Ott à Montebello, et Suchet, poursuivant Elsnitz, vient fermer le
passage de la Bochetta à Montenotte. Mélas se concentre alors
à Alexandrie
Plan de la Bataille de Marengo (juin 1800). Le champ de bataille de Marengo s'étend
dans une plaine largement mouvementée, située à l'Est
de la ville d'Alexandrie L'armée française, qui allait prendre part à la bataille du 14 juin 1800, se composait : de 3 corps d'armée placés sous les ordres des généraux Victor (division Gardanne, 3638 hommes; division Chambarlhac, 5287 hommes), Lannes (division Watrin, 5083 hommes), Desaix (division Monnier, 3614 hommes; division Baudet, 5316 hommes); de la garde consulaire (1232 hommes); de 3220 hommes de cavalerie sous les ordres des généraux Murat, Kellermann et Champeaux, et enfin de 618 hommes d'artillerie et du génie : en tout 28 008 combattants. Les forces autrichiennes en ligne furent de 28524 hommes dont 5230 cavaliers. Dès l'aube, l'avant-garde française,
sous les ordres de Gardanne qui occupait Pietrabona, aperçut l'armée
ennemie déployée entre Alexandrie Attaqué d'abord par O'Reilly, Gardanne résista victorieusement, mais vint ensuite Haddick qui se déploya malgré la mousqueterie des Français, et déjà les têtes de colonne de Keim paraissaient quand Victor ordonna la retraite par échelons et réunit la division Gardanne à celle de Chambarlhac sur une ligne oblique allant de Marengo vers la Bormida et détachant un bataillon de la 101e à la Stortiglione pour parer aux entreprises de O'Reilly. Alors s'engage un combat des plus meurtriers pour le passage du ruisseau; on se bat à bout portant; Haddick est tué et remplacé par Bellegarde; ses troupes sont repoussées en désordre; Keim tente sans plus de succès un nouvel effort. Kellermann, avec le 8e dragons et la brigade légère, repousse les cavaliers de Pilati qui veulent prendre Victor en flanc et les bouscule dans le Fontanone. Mais voici plus de deux heures que les troupes de Victor luttent ; les munitions commencent à manquer et la retraite va s'imposer. L'arrivée de Lannes au Nord de Marengo avec la division Watrin et la brigade de cavalerie Champeaux rétablit le combat, pendant que Bellegarde fait face à ce nouvel adversaire et que Ott entendant un feu violent sur sa droite se rabat de ce côté. Il était environ dix heures, Bonaparte
arrivait à San Giuliano avec la division Monnier qu'il avait gardée
avec lui pendant qu'il envoyait aides de camp sur aides de camp rappeler
Desaix et presser sa marche de Rivalta vers le champ de bataille. Instruit
du danger de Victor et de Lannes, il envoie la garde consulaire appuyer
la droite de ce dernier, puis la brigade Carra-Saint-Cyr de la division
Monnier pour s'emparer de Castel Ceriolo; Monnier suivait avec la seconde
brigade en réserve. Environ 15000 Français supportaient depuis
cinq heures les attaques de près du double d'adversaires. Victor
avait son centre enfoncé; sa gauche pliait en désordre malgré
les efforts de Kellermann qui dans son rapport raconte que sa brigade resta
alors « en panne » pendant deux heures sous la canonnade. Lannes
à son tour était forcé de céder le terrain
et se retirait lentement sous la protection de la garde consulaire et de
Monnier qui étaient dans l'obligation de se conformer à ce
mouvement. A une heure, rien ne pouvait plus arrêter les Autrichiens;
la bataille était perdue pour les Français; Mélas,
blessé et fatigué, ayant eu deux chevaux tués sous
lui, impatient d'annoncer à la cour de Vienne son succès,
remit le commandement à Keim, en lui ordonnant de poursuivre l'ennemi
avec toute l'armée, et rentra à Alexandrie La retraite des Français continuait, et l'armée autrichienne, croyant la bataille terminée, s'organisait pour la poursuite au son des musiques militaires. Vers quatre heures la division Boudet conduite par Desaix arriva enfin à San Giuliano. Les troupes de Victor et de Lannes avaient tellement souffert que Bonaparte fut sur le point de n'employer ce renfort qu'à couvrir la retraite; mais Desaix brûlait de combattre et tirant sa montre : « La bataille est perdue, dit-il au premier consul, mais il reste encore le temps d'en gagner une autre. »L'avant-garde autrichienne, approchant de San Giuliano, se déploie sur deux lignes, dont Zach, le chef d'état-major de Mélas, commande la seconde en personne. Keim et Bellegarde suivent en une seule colonne. O'Reilly avait pris la route de Novi et Ott marchait de Castel Ceriolo sur Villanova et la Ghilina. En attendant, Desaix forme sa division en ligne, à l'abri d'un pli de terrain, et réunit toute son artillerie commandée par Marmont en avant de son front. A gauche, Victor rallie les débris de son corps. A droite, Lannes, la garde et Monnier occupent une ligne oblique de San Giuliano dans la direction de Castel Ceriolo. En arrière et à gauche de Lannes se trouve toute la cavalerie sous Kellermann. Dès que Zach apparaît, il est reçu par la mitraille de Marmont. La 9e légère, entraînée par Desaix, s'élance sur les têtes de colonne, mais son intrépide chef tombe mortellement frappé (6 heures). Les grenadiers de Lattermann repoussent
victorieusement l'attaque, quand Kellermann avec 300 cavaliers se jette
sur leur flanc et rompt leur colonne. Saisis de terreur, les dragons de
Lichtenstein, les brigades Pilati et Nobili fuient à toute bride.
Les bataillons de l'avant-garde tourbillonnent, attaqués de toutes
parts; Zach et Saint-Julien sont faits prisonniers avec 37 officiers et
1620 soldats. Keim essaye vainement de résister; les fuyards bousculent
les bataillons qui se réforment. Tout disparaît derrière
Marengo, pour s'engouffrer dans Alexandrie Desaix et Kellermann avaient changé une défaite en victoire. Le premier payait de sa vie la gloire qu'il venait de conquérir, et le second ajoutait les lauriers de Marengo à ceux de son père, le vainqueur de Valmy. Les Autrichiens laissaient sur le terrain 10000 morts ou blessés; Mélas, désespéré, signait le lendemain la convention d'Alexandrie par laquelle le Piémont, l'Etat de Gênes, Parme, Milan et presque toute la Lombardie étaient abandonnés aux Français; son armée se retirait derrière le Mincio avec les honneurs de la guerre. Les généraux autrichiens avaient préféré conserver à leur pays des forces qui, avec les corps épars, se montaient encore à 50000 hommes, que de courir la chance précaire de poursuivre la lutte avec des troupes cernées et démoralisées. |
| . |
| ||||||||||||||||||||||||||||||||