 |
Bagnères-de-Luchon
(ou Luchon) est une ville du département de la Haute-Garonne,
arrondissement de Saint-Gaudens,
au confluent de la Pique et de l'One; 2900 habitants. La ville de Luchon
occupe un angle à l'Ouest de la vallée de Luchon, et forme
un triangle compris entre trois avenues nommées les allées
d'Etigny, de Barcognas et des Soupirs. La célébrité
de Luchon est due à ses thermes.
Histoire.
Au-dessus de la porte principale de l'Établissement
thermal, on a placé un autel antique
où on lit cette dédicace : DEO.LIXONI.FLAVIA.RVFI.F.PAVLINAE.
V.S.L.M.; d'autres autels votifs dédiés à ce même
dieu Lixon, qui a donné son nom à la localité et qui
devait être la divinité topique des sources, ont été
découverts dans la vallée et recueillis dans divers musées.
Ils attestent la renommée dont jouissaient, dès l'Antiquité ,
les thermes de Bagnères. On les reconnaît généralement
dans les Thermes onésiens, cités comme magnifiques par Strabon.
Au reste, des fouilles faites à diverses reprises ont amené
la découverte de nombreux débris de l'époque romaine ,
des vestiges d'anciennes piscines, des autels, un grand bassin à
revêtement de marbre, une statue mutilée,
des substructions d'habitations, et des inscriptions qui ont été
pour la plupart transportées au musée de Toulouse.
A Saint-Martory ,
à Valentine, à Labarthe-de-Rivière, à Barcugnas
et ailleurs encore, on a pu suivre les traces de la voie antique qui de
Toulouse conduisait aux bains de Luchon.
La prospérité de la ville
ne résista pas aux invasions; pendant le Moyen âge ,
les eaux de Luchon conservèrent une réputation locale, mais
remplacement des thermes était devenu un marécage; un réservoir
carré, creusé devant la grotte d'où s'échappaient
les eaux, quelques baignoires formées de troncs d'arbres, au milieu
d'un pays sauvage et désert, furent longtemps les seules installations
de Bagnères. Peu à peu cependant, la réputation des
sources s'accroissant, un village se reforma graduellement. Il était
compris dans le pays de Comminges ,
passa au XIe siècle avec ce comté
à la maison d'Aragon ,
fit plus tard retour aux comtes de Comminges, et fut enfin réuni
à la France
avec le comté par Charles VII, en 1453.
Luchon était alors devenue une ville dotée de privilèges
qui lui furent maintenus. Au XVIIe siècle,
elle fut comprise dans la généralité d'Auch.
Ravagée, en 1744, par un corps d'armée
de Charles d'Autriche ,
détruite en 1723 par un incendie, elle dut sa prospérité
nouvelle à l'intendant d'Etigny. Après une visite de la vallée,
en 1754, il fit analyser les eaux, ouvrir des routes, et projeta la construction
d'un établissement thermal qui, commencé par son successeur,
ne fut achevé qu'en 1845. D'autres établissements, construits
par des fermiers des eaux et des particuliers, ne tardèrent pas
à s'élever, mais l'affluence des baigneurs les rendit bientôt
insuffisants. En 1827, la commune de Luchon acquit la propriété
de toutes les sources et songea à élever un nouvel établissement;
la première pierre en fut posée le 20 août 1848.
Monuments.
L'Etablissement thermal, construit par
l'architecte Chambert, s'élève à l'extrémité
Sud de l'allée d'Etigny; il a 91 m de façade sur 53 de profondeur;
la façade se compose de cinq pavillons
précédés d'un péristyle
de vingt-huit lourdes
colonnes de marbre
blanc; le pavillon du milieu donne accès dans la salle des pas-perdus,
décorée de fresques allégoriques,
peintes de 1854 à 1858 par Romain Cazes. A côté des
thermes s'élève l'Etablissement Sauterat, créé
en 1856. De l'ancienne église ne subsiste
que le clocher 'roman;
la nouvelle construction dans le même style a été décorée
de fresques par Romain Cazes. Un vaste Casino a été construit,
sous la direction de l'architecte Castex.
Les principales promenades sont les belles
allées de tilleuls, créées par l'intendant d'Etigny,
et auxquelles on a donné son nom; le quinconce, planté devant
les Thermes, et le bois, planté en jardin
anglais, qui les domine; l'allée de la Pique, plantée d'ormeaux
en 1823; l'allée des Veuves, qui la continue, en suivant le torrent
et rencontre l'allée de la Pique, plantée de platanes, en
1810. Citons encore les allées des Platanes ou de Barcugnas, le
chemin de la Casseyde et l'allée des Soupirs. (Y.). |
|