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Lübeck

Lübeck est une ville et grand port d'Allemagne (Schleswig-Holstein). Population : 215 000 habitants. 

C'était autrefois l'une des quatre villes libres de la Confédération germanique, au confluent de la Wacknitz et de la Trave, à 12 km de la Baltique, au Sud-Est du Holstein. La ville a été construite dans une plaine riveraine de la lagune où finit la Trave. Ce fleuve reçoit ici la Stecknitz (qu'un canal relie à l'Elbe) et la Wackenitz. La campagne est consacrée en partie à l'horticulture. La Wackenitz, venant de l'Est, et la Trave, venant de l'Ouest, enveloppent presque complètement la vieille cité qui se trouve dans une presqu'île rattachée à la terre ferme (au Nord-Est) par un isthme de moins de 300 m de large. 
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Lubeck.
Lübeck et la Trave, vers 1900.

Monuments.
Inscrite depuis 1987 sur la liste du patrimoine mondial par l'Unesco, Lübeck est une des villes les plus pittoresques de l'Allemagne; les maisons à hauts pignons, de style gothique ou Renaissance, y sont très nombreuses; les hautes tours, les portes fortifiées, les églises gothiques achèvent de donner une physionomie archaïque à l'ancien chef-lieu de la Hanse

Les rues sont généralement larges et droites. Au centre de la ville est le marché, au Nord-Est duquel s'élève l'hôtel de ville; le long passe la grande rue qui traverse la ville du Sud au Nord, reliant les places du Klingberg et du Kubberg. L'ancien rempart a été démantelé en 1802 et converti en promenade. Les principaux monuments sont : 

L'Hôtel de ville.
L'hôtel de ville, formé de deux bâtiments à angle droit, construit en plusieurs fois, achevé en 1442. C'est un édifice gothique en briques, à pignon énorme et clochers pointus. On y adjoignit, en 1570, une galerie en style Renaissance. A l'intérieur sont la salle de la guerre (fin du XVIe siècle), somptueusement décorée; l'ancienne salle de la Hanse, où se tenaient les diètes, est divisée en pièces plus petites. Au-dessous de l'aile septentrionale est un caveau célèbre, commencé au XIIIe siècle, achevé en 1443, dont on admire les hautes voûtes
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Lubeck : l'hôtel de Ville.
La place du marché de Lübeck, avec à droite l'hôtel de ville et, au fond, l'église Sainte-Marie.

L'église Sainte-Marie.
Parmi les églises, la plus belle est celle de Marie (Marienkirche), commencée en 1163-1170, mais entièrement reconstruite de 1276 à 1310; c'est un des chefs-d'oeuvre du gothique allemand; imitée des cathédrales françaises, elle fut élevée par les bourgeois qui voulaient éclipser la cathédrale épiscopale. C'est un édifice en briques, à trois nefs, long de 102 m, large de 57 m, haut de 49,5 m; le plafond de la nef centrale est à 38,6 m du pavé, celui des bas côtés à 21 m; deux tours de 124 m la dominent. On y remarque une danse macabre de 1463, un autel de 1697, des tombeaux, plusieurs des oeuvres les plus intéressantes de l'ancienne sculpture allemande
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Lubeck : Marienkirche.
L'église sainte-Marie (Marienkirche), à Lübeck.

La cathédrale.
La cathédrale, bâtie en 1173, fut agrandie de 1276 à 1335; la nef centrale et le transept sont romans, l'Est du choeur et les bas côtés gothiques; la galerie du Nord, très élégante, est du début du XIIIe siècle; citons les deux tours de 120 m, de beaux sarcophages, un beau triptyque de Memling (1491). 
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Lubeck : la cathédrale.
La cathédrale (Dom) de Lübeck et le musée.

Les autres monuments.
L'église de Jacques (fondée en 1227) a une tour de 96,6 m ; l'église de Pierre (de 1300) a cinq nefs et une tour de 87 m.; l'église de Catherine est un bel édifice gothique du XIVe siècle, etc.

L'hôpital Saint-Esprit (du XIIIe siècle) a une belle chapelle gothique, de jolies boiseries. Citons encore les portes de la ville dites de la Burg (1444) et de Holstein (1477), hautes bâtisses en briques; la maison de la Compagnie de navigation, qui a gardé son aspect d'autrefois, etc. 
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L'Hôpital du Saint-Esprit (Heiliggeisthospital).

Histoire.
La ville de Lübeck (Luibice) est d'origine slave; le chef wende Gottschalk (mort en 1066) la possédait; elle fut détruite en 1138 par le prince des Rugiens. Adolphe II de Holstein la rebâtit en 1143, la transportant  plus au Sud; du confluent de la Schwartau où elle s'élevait d'abord, il la plaça dans la presqu'île entre la Trave et la Wackenitz. Grâce à sa position, elle prospéra rapidement aux dépens de sa voisine Bardewiek. Henri le Lion s'en inquiéta, mais quand il se la fut fait céder par Adolphe de Holstein (1157), il la favorisa, lui donna une constitution, y transféra l'évêché d'Oldenbourg (1163), édifia la cathédrale. Frédéric Barberousse la prit en 1181 et étendit ses privilèges (1188). En 1201, Waldemar Il de Danemark la soumit avec le Holstein; en 1225, elle s'affranchit et l'empereur Frédéric Il la déclara ville libre (1226). Ses citoyens eurent une part à la fameuse victoire de Bornhoevede, qui brisa l'hégémonie danoise (1227); en 14234, ils vainquirent les Danois sur mer à l'embouchure de la Warnow. 
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Lubeck : Marienkirche.
La porte de Holstein (Holstenthor), à Lübeck.

Lübeck se plaça à la tête de la Hanse  (Le commerce médiéval en Europe du Nord). La grande guerre de 1361-1370 avec le Danemark plaça ce royaume dans une sorte de vassalité (traité de Stralsund, 24 mai 1370). En 1408, un soulèvement démocratique renversa le patriciat, mais celui-ci fut restauré par l'influence de l'empereur et du roi de Danemark (1416). L'appui du bourgmestre de Lübeck Nicolas Broems assura à Gustave Vasa la couronne de Suède par la conquête de Stockholm (1523). Mais Broems, qui était catholique, fut chassé par une insurrection, et la réforme adoptée (1531). Le célèbre Wullenweber fut quelque temps dictateur; ses plans de conquête du Danemark échouèrent ; la constitution aristocratique fut restaurée et Broems rappelé (1535). Les progrès de la Suède affaiblirent Lübeck ; elle s'allia au Danemark contre la Suède, mais n'y gagna rien (traité de Stettin, 1570). La décadence politique était liée à la décadence commerciale.

Au XVIIe siècle, l'aristocratie fut enfin renversée; la constitution de 1669 fit une part à la bourgeoisie dans le gouvernement. Les guerres furent très nuisibles à Lübeck; au XVIIIe siècle elle se releva; le blocus de l'Elbe (1803) lui fut aussi très profitable, en paralysant le commerce de Hambourg. Dans la guerre franco-prussienne de 1806, Lübeck voulut rester neutre, mais Blucher s'en empara le 5 novembre 1806, et, le lendemain, elle fut prise d'assaut par Bernadotte, Soult et Murat. En 1810, elle fut annexée à la France. Les traités de 1814-1815 restaurèrent sa liberté; elle n'avait alors plus que 23,000 habitants, au lieu des 90,000 du XVe siècle. Lübeck prit part à la guerre danoise de 1849 et suivit depuis les destinées de l'Allemagne. (GE).

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Dictionnaire Villes et monuments
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