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Lhassa ,
Lhasa,
ou même Hlasssa (chinois Lo-sa). - Ville de la Chine ,
capitale du Tibet
et ville sainte des bouddhistes
lamaïques, à 170 km au Nord de la grande chaîne de l'Himalaya,
sur la rive droite de la rivière Kitchau ou Oni-mouren, à
40 kilomètres de son confluant avec le Tsang-bo et à 3630
m d'altitude. La population y est estimée à 255 000 habitants
environ, dont 60 000 Tibétains d'origine, le reste étant
composé majoritairement de Chinois d'autres régions. Au début
du XXe siècle, on évaluait
la population civile sédentaire de Lhassa à 15 000 personnes,
dont 9 000 femmes; celui des prêtres et moines à près
de 20 000; celui de la population flottante, composée de pèlerins,
entre 15 000 et 40 000.
L'accès de la ville sainte a été
pendant de longues périodes interdit aux explorateurs européens.
Le premier, celui qui fit connaître l'existence de Lhassa, fut le
moine Odorico di Pordenone (1316-1330); puis
vinrent des jésuites, Antonio
d'Andrada (1624), Grüber et Dorville (1661), Freyre et Desideri
(1716); des capucins qui y établirent
une mission permanente de 1719 à 1741. Après leur expulsion,
on ne peut citer avant 1900 que les voyages de Manning (1811), Huc
et Gabet (1844), les pandits Naïnsingh (1866 et 1875), A. K. (1879-1880),
puis, au début du XXe siècle
ceux de Francis Younghusband, qui commandait le corps expéditionnaire
britannique qui s'installa à Lhassa en 1904, d'Alexandra David-Néel
et de Heinrich Harrer, qui ont fourni des renseignements précis
sur la ville, avant la sinisation active dont elle est l'objet depuis l'annexion
du Tibet
par la République populaire de Chine
dans les années 1950.
Voici comment elle pouvait être décrite
Lhassa à l'époque des dalaï-lamas
( L'histoire du Tibet ).
La ville n'avait que 6 à 7 kilomètres de tour et 5 000 maisons.
La cité proprement dite avait 2 de long sur 1,5 de large. Elle n'avait
pas d'enceinte, ce qui la différenciait des villes chinoises ;
elle était entourée de jardins. Les rues étaient larges
droites, les faubourgs très malpropres. Les maisons en pierre ou
brique étaient soigneusement blanchies. Dans un faubourg les maisons
étaient bâties en cornes de boeuf et de mouton. L'alimentation
en eau provenait du Kitchau, coulant à 500 m de là.
Les principaux monuments de Lhassa recensés
par les voyageurs de l'époque étaient-:
le temple de Ihio au centre; le temple de Giami-Lakanga, près du
palais du gouverneur chinois. A 1 kilomètre à l'Ouest de
la ville s'élevait la montagne sainte du Potala, haute de
100 m, ayant 2 km de tour; elle portait et porte toujours le monastère
du Potala ,
formé de plusieurs temples magnifiques, et qui était alors
la résidence du dalaï-lama.
Autour du grand palais étaient une quantité de plus petits,
résidences des lamas qui servaient leur grand prêtre ou bouddha
vivant. L'ancien palais avait été détruit par les
Dzoungares au début du XVIIIe siècle;
il a été, reconstruit par l'empereur chinois Kang-hi.
Le mont Potala, centre religieux de l'Asie intérieure depuis le
VIIe siècle, a été
depuis cette époque le lieu d'affluence de pèlerins venus
de tout le Tibet, de la Chine
et de la Mongolie .
On ne peut séparer de Lhassa les
monastères qui ont été construits en abondance tout
autour, dans la plaine de 10 km de large sur 20 km de long dont elle occupe
le milieu. On citera parmi les principaux de ces gompas : au Nord
Mourou,
Ramoché,
Choumkiouling,
Sera
(5500 moines au début du XXe siècle);
au Nord-Ouest, Lia ou Lhalou (5500 moines);
Gentou,
Chemchounq,
Dabchi
; à l'Ouest, Tankyaling,
Kontyaling,
Daïboung
(8 000 moines); Pseboung, où venaient les lamas mongols;
au Sud, Tchotchoting, etc. Ces couvents formaient de petites villes
aux rues sinueuses, avec, au centre, le temple renfermant l'autel et la
bibliothèque. La plupart de couvents, comme dans le reste
du Tibet ,
ont été saccagés lors de la Révolution culturelle
(1966-1977), beaucoup ont été détruits. Le Potala ,
le temple de Jokhang, tous deux à Lhassa même, le monastère
de Sera, et une poignée d'autres ailleurs au Tibet sont cependant
restés des lieux vivants du bouddhisme
tibétain.
Quand le bouddhisme étaiet encore
la religion des maîtres du pays, à la fin du jour tout travail
cessait; les habitants de Lhassa se groupaient pour prier. Lors des fêtes
du nouvel an, au mois de février, les moines venaient passer un
mois dans la ville; ils en étaient alors les princes, sous la direction
d'un lama du couvent de Daïboung nommé le Jalno. Ils campaient
sous la tente. Après avoir acheté leurs livres saints au
couvent de Mourou, dans lequel ils s'imprimaient, les lamas se retiraient.
Dans les deux larges avenues plantées
d'arbres qui menaient au Potala ,
la circulation était très active; autour du mont sacré
l'attitude de tous était grave et silencieuse. Dans la ville, le
commerce était très actif, grâce à la multitude
des voyageurs. La population sédentaire comprenait : des Tibétains,
des Pébouns venus de l'Inde
par le Bhoutan ;
des Katchis, musulmans du Cachemire
qui avaient pour gouverneur leur mufti, des Chinois.
Les Pébouns étaient la classe industrielle : métallurgistes,
étameurs, fondeurs, bijoutiers, mécaniciens, teinturiers.
Les Katchis étaient la classe commerçante, la plus riche
: agents de change, marchands d'objets de luxe et de toilette, de draps
russes, de soieries chinoises. Les Chinois étaient des employés
ou soldats. A l'époque impériale (soit jusqu'en 1911), la
garnison comprenait 500 soldats chinois et 1000 soldats tibétains.
A l'époque, l'industrie principale
de Lhassa était la fabrication des lainages que les Pébouns
teignaient de couleurs indélébiles. On y faisait aussi beaucoup
d'articles religieux, des kourdjé (bougies parfumées), des
tasses en bois, etc. Les marchands y arrivaient en décembre et repartaient
en mars. L'économie actuelle de Lhassa est le reflet de la volonté
de la Chine
communiste pour transformer le Tibet en une province comme les autres.
Elle repose en partie sur l'industrie manufacturière (textiles,
cuirs, plastiques, broderies, etc.), sur le commerce des denrées
agricoles produites autour de la ville, et aussi de plus en plus, sur le
tourisme. L'inauguration, en 2006, d'une ligne de chemin de fer entre la
ville chinoise de Golmud et Lhassa a accentuée encore davantage
le processus d'intégration de la capitale du Tibet
au reste de la Chine, et gommé d'autant ses derniers particularismes.
(A.-M.
D.). |
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