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Les Grecs
et les Romains
donnaient le nom de labyrinthe .
à des constructions souterraines ou non, où les chambres
et les couloirs étaient tellement enchevêtrés que le
visiteur s'y perdait et ne pouvait en retrouver l'issue. Il semble que
le type primitif du labyrinthe soit dû à l'Égypte ,
où le roi Amenemhhat III dit construire à Crocodilopolis
un édifice dont le nom égyptien était Lapi-ro-hunt,
et dont les Grecs auraient fait Labyrinthos ( Labyrinthe
de Crocodilopolis ).
C'est du modèle de ce labyrinthe que semblent s'inspirer les labyrinthes
construits ou évoqués dans le monde gréco-romain.
A Lemnos, un artiste crétois, Smilis, commença ainsi un labyrinthe
que terminèrent Rhoecos et Théodoros de Samos
(et non de Lemnos, comme dit Pline). On en voyait
quelques vestiges au temps de Pline; ce qui en faisait le prix, c'était
cent cinquante colonnes faites au tour à l'aide d'une roue si habilement
suspendue que la main d'un enfant eût suffi pour les travailler.
Pline mentionne également un labyrinthe en Etrurie ;
c'était la tombe de Porsenna,
près de Clusium; Pline n'en parle qu'en s'abritant sous l'autorité
de Varron. C'était, dit-il, un monument
quadrangulaire; chaque face avait 300 pieds de large et 50 de haut. A la
base se trouvait un dédale dont on ne pouvait sortir si l'on s'y
engageait sans un peloton de fil. Au sommet s'élevaient cinq pyramides,
dont quatre aux quatre angles et une au milieu; elles étaient très
larges à la base (75 pieds) et très hautes (150 pieds). Le
sommet de toutes ces pyramides était couronné par un globe
d'airain et un chapeau d'où pendaient des sonnettes et des chaînes
qui, agitées par le vent, rendaient un son pareil à celui
de Dodone .
Sur le globe il y avait quatre autres pyramides de 100 pieds de haut, supportant
elles-mêmes, sur leur plate-forme, un troisième étage
de cinq pyramides, que les traditions étrusques disaient aussi hautes
que tout le reste du monument. On voit qu'un architecte aurait difficilement
réalisé une pareille conception et ce monument est sans doute
imaginaire que le labyrinthe
qui fut construit par Dédale ,
à la demande de Minos ,
pour y renfermer le Minotaure
( Mythologie grecque ).
Certains auteurs, ont cependant cru que ce labyrinthe crétois pouvait
avoir eu une base réelle. Les voyageurs Tournefort
et de Cockerell, expliquaient en particulier que l'île de Crète
abonde en cavernes très étendues. Or l'un d'elles, située
près de l'ancienne Gortyne, se compose d'une foule de passages longs,
étroits et sinueux, que l'on ne peut parcourir avec sécurité
sans l'aide d'un fil conducteur. (Pierre Paris). |
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Le mot de labyrinthe,
rappelle aussi une disposition particulière du pavage des églises
au Moyen âge .
L'arrangement, la coupe et la couleur des pavés formaient; par leurs
combinaisons, des lignes sinueuses conduisant par de nombreux détours
à différentes stations, et finalement à un calvaire
figuré. Les fidèles qui ne pouvaient accomplir le pèlerinage
de la Terre Sainte venaient parcourir ces labyrinthes mystiques, pieds
nus ou à genoux, s'arrêtant aux diverses stations, jusqu'à
ce qu'ils fussent arrivés au pied du calvaire. Les enfants firent
un amusement de cette coutume religieuse. Peu à peu l'habitude de
ce pèlerinage en miniature disparut avec celle des pèlerinages
lointains, et le clergé fit enlever en beaucoup d'endroits les labyrinthes
comme inutiles et gênants.
Le labyrinthe de Sens, détruit en
1768, et celui d'Amiens ,
détruit en 1825 (puis refait à l'identique un peu plus tard),
avaient 1000 pas de longueur; celui de Chartres ,
qui subsiste encore, et qu'on a surnommé la lieue, en a 768.
On en voit aussi à la collégiale de Saint-Quentin (figure
ci-dessous) et dans la salle capitulaire de la cathédrale
de Bayeux .
Dans le labyrinthe de Reims ,
appelée Chemin de Jérusalem ,
et détruit en 1779, on déchiffrait le nom des quatre architectes
de l'église. Le dessin du labyrinthe
de l'ancienne église Saint-Bertin à Saint-Omer nous a été
conservé. (E. L.).
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Le labyrinthe de St-Quentin.
(Le labyrinthe d'Amiens,
de tracé identique
porte une rosace en son
centre).
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