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On donne ce nom
de Kourgane ou Kourgan, simple transcription d'un mot russe,
aux tumulus qui couvrent en grand nombre
les plaines depuis la vallée du Dniepr
jusqu'à celles de la Volga ,
de la Kama et de l'Oural ,
depuis Saint-Pétersbourg
jusquà la mer Noire et la Caspienne. Ces tumulus représentent,
suivant les régions, des époques et des peuples assez différents.
Ceux des rives de la mer Noire et de la rive droite du Dniepr remontent
pour la plupart à diverses époques, pour la plupart anciennes,
la civilisation ayant pénétré plutôt dans cette
région. Ceux du Nord de la Caspienne sont encore intacts.
Les mieux étudiés sont ceux
des oblasts de Perm ,
de Moscou
et de Saint-Pétersbourg, fouillés en très grand nombre.
Lorsque nous parlons du peuple des Kourganes, il s'agit évidemment
de celui qui a élevé les tumulus de la Russie
centrale, surtout ceux de Moscou et de Saint-Pétersbourg. Ce peuple
qui a joui d'une civilisation empreinte surtout d'influences orientales,
notamment persanes ,
tout en ayant les mêmes caractères anatomiques essentiels
que les auteurs de tumulus d'autres régions, bien plus anciens,
appartient à notre époque. Ses dernières sépultures
ne remontent pas au delà du XIIIe
siècle de notre ère. Il a été submergé
sous les flots des invasions mongoles
et dominé ensuite par la conquête scandinave
et slave .
Dans le vaste espace où l'on rencontre
des kourganes, le mode de construction de ces monuments funéraires
varie beaucoup d'une province à l'autre. Dans les uns, on ne trouve
que des objets et des ustensiles de l'époque du Néolithique;
d'autres ne renferment que des armes, des vases, des ornements de l'époque
du bronze; d'autres, enfin, ne recèlent que du fer. On peut qualifier
tous ces kourganes de préhistoriques parce qu'aucun texte écrit
ne relate l'histoire des peuples qui les ont élevés; mais
leur antiquité, comme on l'a remarqué plus haut, n'est pas
nécessairement très grande et l'on croit que les kourganes
si remarquables de la région de Kazan ,
par exemple, datent seulement, des IXe,
Xe et XIe
siècles de notre ère.
Ces kourganes sont construits d'après
trois types différents les uns ont été simplement
élevés sur le sol non creusé; les autres ont à
leur base une fosse peu profonde dans laquelle le défunt était
déposé. Enfin, dans une troisième classe de kourganes,
on trouve à la base une fosse analogue à celles que nous
creusons aujourd'hui, mais dont les parois recevaient un revêtement
de cailloux, et au chevet de laquelle on plaçait une grosse pierre.
Les kourganes de la première espèce
ont leur base entourée d'un cercle de galets granitiques; un autel
de cailloux était dressé dans la partie occidentale de ce
cercle et servait à faire quelque sacrifice, car on le trouve recouvert
d'une couche de cendres et de charbon. C'est sur cette couche qu'était
déposé le défunt, tantôt assis et le dos appuyé
contre l'autel, tantôt couché et ayant la tête placée
sur une des pierres qui en formaient la base; mais il avait toujours les
pieds tournés vers l'orient. Au-dessus du cadavre on entassait du
sable et de la terre de manière a avoir un monceau de forme hémisphérique.
Très souvent à côté des cadavres ainsi ensevelis
on voit un squelette de cheval.
Tantôt le kourgane ne contenait que
la dépouille d'un seul mort; tantôt les individus y étaient
ensevelis en grand nombre. Les squelettes de femme y sont ordinairement
accompagnés de beaucoup d'objets de parure. dans la plupart des
kourganes les morts sont simplement inhumes; mais, dans d'autres, ils ont
été incinérés, et quelquefois leurs cendres
sont renfermées dans des urnes. Il y a des kourganes très
petits et d'autres dont les dimensions et la hauteur sont considérables.
(DMC / GE). |
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