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Kairouan

Kairouan ou Kairwan est une ville de la Tunisie, centrale, à 58 km de Sousse, à 165 km au Sud de Tunis, au milieu d'une région dénudée, en partie marécageuse, mais productive en certaines années. La ville est entourée d'une enceinte en briques, flanquée de tours et tourelles et percée de cinq portes; en dehors sont des faubourgs populeux, des cimetières où l'on vient se faire enterrer de très loin, car Kairouan est terre sainte. 

La ville forme un rectangle presque régulier; les rues sont relativement peu animées; les maisons, à terrasses blanchies à la chaux, ont peu d'ouvertures au dehors et semblent repliées sur la cour intérieure; les souks ou bazars, quartiers commerçants où les diverses industries sont groupées par genres, sont beaux et bien fournis; mais la ville manque d'eau. 
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Kairouan : la mosquée.
Vues de la grande mosquée de Kairouan. 
Colonnes de la mosquée de Kairouan.

II s'y trouve d'innombrables zaouïas (chapelles et écoles religieuses) et trente mosquées avec minarets. La plus remarquable, la Grande Mosquée, renferme cinq à six cents colonnes, formant comme une forêt et qui produisent une grande impression sur le visiteur; les musulmans croient que celui qui en ferait le compte deviendrait aveugle; un escalier bâti avec des pierres provenant de ruines romaines, monte à la plate-forme d'un minaret élevé d'où l'on a une vue étendue sur toute la plaine. En dehors de la ville est une autre mosquée, aussi digne d'attention, appelée la mosquée du Barbier, parce qu'elle renferme le corps d'un personnage qui avait l'insigne honneur de raser la tête du Prophète.

Cette ville, vraisemblablement bâtie sur l'emplacement de l'ancien Vicus Augusti, bâtie en 675 de notre ère par Okba ben Nafi, le conquérant de la Berbérie, et pendant longtemps elle fut la capitale de l'Ifrikia. Elle devint indépendante sous les Aghlabites, à la fin du VIIIe siècle. Elle fut enlevée aux Aghlabites par les Fatimides, qui la cédèrent en 970 aux Zeïrites. Ces derniers en furent dépossédés par les Almohades en 1150. Au XIIIe Kairouan tomba au pouvoir de Tunis. Depuis, bien qu'ayant décliné, elle est demeurée une des cités célèbres de l'Islam, une ville sainte. 

Des pèlerins y venaient en grand nombre; les établissements religieux y étaient très riches, et nul chrétien, nul juif ne souillait de sa présence la ville d'Okba. Ce n'est que par exception que de rares voyageurs européens pouvaient y pénétrer, sans pouvoir d'ailleurs en visiter les mosquées. En 1881, lors de la campagne de Tunisie, les Français pensaient trouver beaucoup de résistance dans cette ville, foyer du fanatisme religieux; il n'en a rien été; le général Etienne y est entré sans coup férir. Aujourd'hui, on visite librement les mosquées de Kairouan. (E. Cat).
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Kairouan : le minaret de la grande mosquée.
Le minaret de la grande mosquée. Photos : © Angel Latorre, 2008.
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