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Harrar,
Harar
ou Adar (93 400 habitants en 2006), ville d'Ethiopie ,
jadis capitale d'un État musulman, le Harrar (auquel appartenaient
aussi les villes de Bouhana, Fiambiro et Tchallanko), situé entre
les pays des Somalis ,
des Afar et des Gallas. Elle est située à 350 kilomètres
de Berbera ,
à 280 de Zeïla et à 280 d'Ankober
et connue de ses habitants et des Abyssins
sous le nom d'Hararghi; les Somalis l'appellent Ada et les
Gallas Adaré.
Les Égyptiens
s'y sont établis en 1875, ils y entretenaient une garnison de 5000
hommes sous prétexte de la protéger contre ses voisins, mais
c'est au pillage et aux exactions que se livra surtout le corps d'occupation.
En passant sous le joug des Égyptiens, les habitants de Harrar n'ont
fait que changer de maîtres; précédemment ils se trouvaient
à la merci des pillards gallas qui leurs imposaient une contribution
sur les caravanes; après la conquête ce fut aux fonctionnaires
qu'il fallut payer la dîme et la sécurité n'augmenta
guère, car on vit les hyènes rôder autour de la ville.
Dans les années 1880, le pays de harrar passa entre les mains de
Ménelik,
puis, au cours de la décennie suivante, ce furent les britanniques
qui y ont arboré leur drapeau.
A cette époque,
Harrar occupe une superficie de 48 hectares et est enfermé dans
un rempart de pierres cimentées, que flanquent 24 tours crénelées;
les 9500 maisons à terrasses dont elle se compose ne sont pas disséminées
comme celles de Gondar
et des autres cités éthiopiennes, mais serrées, au
contraire, les unes contre les autres. Elles ont peu d'ouvertures et donnent
sur des ruelles étroites, escarpées et tortueuses; les places
sont irrégulières et en petit nombre; elles se trouvent généralement
à côté des mosquées, dont la plus grande et
la seule digne de mention a été édifiée par
des architectes turcs de Moka.
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Habitants
de Harrar sur une ancienne gravure.
D'après Burton
qui a visité Harrar au milieu du XIXe
siècle, la ville a alors une physionomie tout arabe; elle s'étend
sur une colline, est dominée au nord par une ligne de hauteurs dont
le point culminant est le Kondoa, au sud par la montagne de Hakim d'où
sortent plusieurs ruisseaux arrosant les jardins de la ville et se perdant
dans les marais ; les flancs de cette dernière montagne sont creusés
de grottes nombreuses occupées par des singes fauves à queue
longue et à crinière touffue.
L'altitude moyenne
de la ville est de 1860 mètres, sa température est en moyenne
de 12 à 15°; aussi forme-t-elle une sorte d'oasis et a-t-elle
dans ses environs des champs cultivés qui, au besoin, suffiraient
à sa consommation, et des plantations de caféiers. Mais son
importance historique a surtout été commerciale et, au XIXe
siècle, des routes, rayonnant dans toutes les directions, lui apportent
les produits de l'intérieur, que les habitants exportent en Égypte
ou en Arabie par les deux ports de Berbera
et de Zeïla; leur café est expédié d'Aden et
de Hodeïdah comme moka; la pomme de terre, le tabac, les raisins,
le pavot, les orangers sont les autres produits du pays. L'industrie est,
à cette époque, sans importance et est à peu près
limitée à la fabrication des toiles pour toges, des robes
noires des femmes ou des robes rouges des jeunes filles; on fabrique aussi
de très belles poteries fines.
Les Harrari sont
des musulmans chiites ,
ce qui permet de supposer qu'ils ont été convertis par les
Persans ou les Arabes du sud; ils se munissent le soir pour mâcher
des feuilles de qât et ils débutent et ils terminent par la
lecture de quelques versets du Coran
; selon eux, la « plante des saints » leur permet de veiller
plus tard pour louer Allah. Contrairement aux habitudes des autres musulmans ,
les femmes sont considérées et elles marchent le visage découvert;
elles vont même vendre leurs denrées au bazar, les hommes
se réservant le labeur plus fatigant des champs. Avant la
conquête égyptienne, l'émir avait seul plusieurs femmes;
les divorces étaient remarquables par leur peu de fréquence.
Les femmes avaient presque le monopole d'une langue propre à la
cité et nommée, pour cette raison, le harrari. |
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