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Dictionnaire
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| Ghadamès
ou Rhadamès. - Ville et oasis du Sahara La ville est située à la
partie Sud-Ouest de l'oasis; elle est de forme à peu près
circulaire, entourée d'un mur d'enceinte, mal construit et en mauvais
état, qu'on peut escalader sans peine en plusieurs endroits, par
les jardins. On y accède par quatre portes et intérieurement
elle est divisée en deux quartiers, séparés par un
mur continu, celui des Beni-Ouasit et celui des Beni-Oulid. Jadis ils étaient
continuellement en guerre, et pendant longtemps encore il est arrivé
que les habitants d'un quartier passent toute leur vie sans avoir mis le
pied dans l'autre. De la porte principale, qui est du côté
Ouest, un long corridor conduit à la place du Marché. Les
rues sont de véritables souterrains recouverts par le premier étage
des maisons et où de loin en loin des jours ont été
ménagés pour donner un peu d'air et de clarté; les
petites rues adjacentes n'ont même pas de ces jours et on s'y trouve
dans des ténèbres complètes. Les maisons, au nombre
de 1400 environ, sont la plupart en briques de terre séchée
au soleil ou toub, quelques-unes en pierres. Presque toutes ont un étage
sur rez-de-chaussée; celui-ci, obscur, n'ayant que le jour qui tient
par un trou du toit, sert de magasin ou de dépôt
pour les provisions. Le premier étage, qui prend jour par le haut
sur la terrasse, sert à l'habitation. Dans cette ville restée
très traditionnelle, les terrasses sont le vrai séjour des
femmes; elles y tissent, y brodent, y font la cuisine, et peuvent facilement,
malgré les murettes de terre qui séparent une terrasse d'avec
celle de la maison voisine, passer d'un toit à l'autre et se rendre
visite; des rues même, superposées à celles obscures
du rez-de-chaussée, constituent comme une ville supérieure,
et l'on peut ainsi par les toits parcourir tout Ghadamès. Il s'y
tient un marché d'objets de toilette, d'ustensiles, de provisions,
dont l'accès est interdit aux hommes qui ne peuvent venir sur les
terrasses que le soir; inversement les femmes ne circulent pas en principe
pendant le jour dans les rues inférieures et n'y vont qu'au coucher
du Soleil pour aller prier à la mosquée La population de Ghadamès est extrêmement
mélangée, mais le fond est surtout berbère; c'est
à cette fraction évidemment qu'appartiennent les Beni-Ouasit
et des Beni-Oulid, les plus anciens habitants de l'oasis et qui se disent
nobles; il y a aussi, se prétendant également nobles, des
Ouled-Bellil, qui sont d'origine arabe. Un quatrième élément,
plus nombreux que les trois autres, mais qui n'a ni richesse ni influence,
est celui des Atria, les uns descendant d'anciens esclaves noirs affranchis,
les autres métis de Berbères et de femmes noires. Au Sud-Ouest
de la ville, sur un plateau appelé plateau des Idoles, il y a un
village de Touareg. Près de là, un peu plus au Nord, est
une gracieuse petite oasis habitée par des marabouts, Zaouïa-Sidi-Maabed.
Enfin bon nombre de marchands de la Tripolitaine, des oasis du Sahara
Ancienne vue de Ghadamès. La langue dominante est un dialecte berbère, qui se rapproche de celui des oasis du désert libyque et du tamachek; mais les marchands savent aussi assez souvent l'arabe, le tamachek ou touareg proprement dit, quelquefois les langues du Sahel; ils écrivent en caractères arabes, mais en se servant de la langue maternelle. Les femmes des classes nobles sont, dit-on, remarquables par la régularité de leurs traits et l'élégance de leur costume, qui est tout différent de celui des femmes arabes. La culture des jardins n'occupe qu'un petit
nombre des habitants; en dépit d'un travail incessant, d'un emploi
intelligent des engrais, la production agricole de l'oasis est restreinte
à cause du manque d'eau. Les Ghadamésiens sont obligés
d'acheter aux caravanes et aux nomades une bonne partie des choses dont
ils se nourrissent. Ils trouvent quelques ressources dans la fabrication
de chaussures et d'objets en cuir estimés, ainsi que dans celle
des étoffes et des bijoux. Mais ce qui traditionnellement a fait
vivre surtout Ghadamès, c'est son commerce transsaharien. Certains
habitants avaient, dans le passé, des succursales à Kano Ghadamès existe sans doute depuis
une antiquité reculée, la belle source d'aïn Fers ayant
à toute époque constituer un pôle d'attraction. Elle
nous est mentionnée sous le nom de Cydamus comme ayant été
soumise par le chef romain Cornelius Balbius en l'an 49 de notre ère.
Une inscription trouvée près de Ghadamès par Duveyrier
nous apprend en outre qu'au milieu du IIIe
siècle un détachement de la troisième légion
Augusta, cantonnée à Lambèse (Algérie Ghadamès a été visitée
par de nombreux explorateurs européens ( |
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© Serge Jodra, 2005. - Reproduction interdite.