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El Fayoum

Le Fayoum occupe, à l'Ouest de la vallée du Nil, le vaste bassin elliptique où vient, après avoir franchi la chaîne libyque, au seuil d'El-Lahoun, se jeter le bras occidental du Nil, appelé Bahr Youssef (= Rivière de Joseph), et qui coule entre deux contreforts (le Sidimant et le Gisr el-Gadala). La région bénéficie d'un système d'irrigation très complexe et très ancien. A l'époque pharaonique, le Fayoum forma primitivement  le nome de Shodou, puis plus tard le nome Arsinoïtes, du nom d'Arsinoé, la femme de Ptolémée Philadelphe. Son ancienne capitale, dont nous ne connaissons que le nom grec Crocodilopolis, prit alors le nom d'Arsinoé. Il semble que ce soit à partir de cette époque que l'élément indigène de sa population rurale, ne pouvant s'habituer à cette nouvelle désignation, lui donna celui de Ptom (le pays de l'eau), qui nous a été conservé par les Arabes. 

A quelle époque remontent les premiers travaux de canalisation qui, en permettant au Nil de franchir le seuil d'El-Lahoun, fertilisèrent cette région perdue pour l'agriculture? Peut-être sous le règne de Narmer (le fondateur semi-légendaire de l'Ancien Empire), auquel la tradition attribuait la création de la digue de Kocheicha, laquelle, en réglant le débit des deux bras du fleuve en aval de la prise d'El-Lahoun, devait forcément élever les eaux au niveau voulu pour permettre l'inondation de cette oasis. Quoi qu'il en soit, le pharaon qui s'appliqua le plus particulièrement à cette oeuvre grandiose, ce fut Amenemhat III (XIIe dynastie, Moyen Empire). C'est à ce roi qu'il convient de reporter tous les bienfaits que les Grecs attribuèrent au légendaire Moeris. Le Fayoum se partageant avec le Delta le fâcheux privilège de cacher, sous les alluvions, les débris de constructions plus éprouvées que dans tout le reste de l'Égypte.

Ce qu'il nous est permis d'entrevoir, c'est que le Fayoum ne fut pas négligé au temps des Bubastites, et que Crocodilopolis, agrandie par Osorkon Ier, devint, ainsi que nous l'apprend la stèle de Piankhi, la ville d'Osorkon. Si nous en croyons les Grecs, le Labyrinthe était employé, sous la XXVIe dynastie, comme lieu d'assemblée par les grands vassaux des princes de Saïs. Actuellement, les seuls restes antiques qui puissent être interrogés par les archéologues sont les suivants : 

Mit-Farès (anc. Crocodilopolis), ruines d'époques romaine et chrétienne, mine de papyrus grecs et démotiques. C'est là que Mariette trouva la partie supérieure d'une statue colossale présentant tous les caractères des monuments hyksos; Medinet-el-Fayoum (à 2 km), restes d'un grand temple avec représentations d'Amenemhat ler et de Ramsès II; Begig, obélisque de granit au nom de Sésostris Ier; Biahmou, restes de deux pyramides (celles qu'on a identifiées avec les pyramides du lac Moeris); El-Lahoun, restes d'une pyramide; Awarat-el-Makta, pyramide dont Flinders Petrie a découvert l'entrée et dans laquelle il a trouvé, outre deux sarcophages vides et sans inscription, un fragment de vase d'albâtre au nom d'Amenemhat III; ruines de palais ou de ville (en brique crue) dans lesquelles Lepsius a relevé le nom d'Amenemhat III, de Makherourâ (Amenemhat IV) et de la reine Sewekneferou, tous ces noms appartenant à la XIIe dynastie. Ce sont ces ruines qui ont été identifiées par Lepsius avec le Labyrinthe. Birket-Keroun, ruines au Sud-Est de ce lac, à El-Hammami, et au Kasr-Keroun (Dionysias?), époque romaine. Kasr-el-Brint, débris de constructions en briques crues; Kharab-el-Yahoud (id.).
Les diverses fouilles au Fayoum ont surtout mis au jour des objets de Basse époque romaine (sarcophages), des terres cuites et des bronzes grecs de l'époque alexandrine; enfin de la céramique de style mycénien. (G. Bénédite).
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Dictionnaire Villes et monuments
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