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| Dieppe,
Deppa.
- Chef-lieu d'arrondissement (sous-préfecture) du département
de la Seine-Maritime (Haute Normandie -
Dieppe : le quai Henri IV et le port de plaisance. Ci-dessous : la Grande rue et (à droite) la rue Saint-Jacques.
Le port de Dieppe, aménagé et agrandi au XIXe siècle, est le plus sûr et le plus profond (le nom de Dieppe serait une altération de deep) de la Manche; il offre une profondeur de plus de 7 m en morte eau. Malheureusement l'entrée du chenal est obstruée par une barre variable, formée de galets qu'une écluse de chasse ne suffit pas à refouler. L'entrée du port est formée par deux jetées de 628 et 682 m de longueur; le chenal donne accès dans l'avant-port. Histoire.
A partir de cette époque et pendant plus d'un siècle, la prospérité de Dieppe ne cessa de se développer; la ville et le port s'agrandirent; de nombreux vaisseaux furent armés dont les expéditions, et les découvertes accrurent le commerce et l'industrie de la ville. Le protestantisme y fit depuis le milieu du XVIe siècle des progrès rapides; les luttes et les persécutions religieuses la désolèrent bientôt et, à la fin du XVIIIe siècle, la révocation de l'édit de Nantes provoqua l'émigration d'un grand nombre de ses habitants déjà décimés par les épidémies de peste de 1668 et de 1670. Une attaque de la flotte anglo-hollandaise acheva la ruine de la malheureuse cité. Le 17 juillet 1694, l'amiral Barklay la bombarda à l'improviste et la détruisit de fond en comble. Trois édifices seulement, le château et les églises de Saint-Jacques et de Saint-Rémy, échappaient à l'incendie qui suivit le bombardements. La reconstruction de la ville, commencée par Louis XIV, ne fut achevée qu'en 1720; mais elle fut réduite pendant longtemps au rang de simple port de pêche. Napoléon Ier en 1803 songea à s'en servir comme base d'opération contre l'Angleterre; il pensa aussi plus tard à en développer le commerce et prescrivit de grands travaux maritimes qui ne furent jamais exécutés. Les bains de mer, mis à la mode par la duchesse de Berry, sont devenus pour Dieppe, en y attirant chaque année une masse considérable d'étrangers, une nouvelle source de prospérité, en même temps que l'amélioration et l'agrandissement du port provoquaient la renaissance de l'industrie et du commerce de la ville. Dieppe a subi de très importants bombardements au cours de la Seconde guerre mondiale. Dans la seconde moitié du XXe siècle, les activités commerciales du port ont progressivement décliné. Mais la vocation touristique de la ville est restée entière, ainsi que son importance comme port de pêche. -
Monuments.
L'église Saint-Rémy a été
construite au XVIe siècle et maladroitement
restaurée après le bombardement de 1694. La façade
principale a été à la fin du XIXe
siècle l'objet d'une nouvelle restauration.
L'église Saint-Rémy. Le château,
aujourd'hui converti en musée de la ville, et qui fut utilisé
jusqu'en 1923 comme poste militaire (caserne Ruffin), a été
construit en 1435, comme défense contre les Anglais; il domine Dieppe,
la vallée et la mer. De nombreux travaux d'appropriation lui ont
fait perdre son caractère primitif; il conserve toutefois un aspect
assez pittoresque. C'est un carré de bâtiments entouré
de profonds fossés et flanqué de quatre tours rondes. Dans
l'une d'elles, qui a conservé les lambris de ses appartements, on
montre la fenêtre d'où la duchesse de Longueville se serait
échappée en 1650 pour s'enfuir en Hollande. L'enceinte basse
du château a été détruite en 1876 par l'ouverture
de la rue de la Barre. Une partie du musée est aujourd'hui consacrée
à la marine (maquettes de navires et instruments de navigation),
on y trouve également des peintures d'artistes ayant séjourné
dans la régions (Sisley, Pissaro, Van Dongen, Isabey, Boudin, etc.),
ainsi qu'une remarquable salle des Ivoires.
Le château de Dieppe. Des anciennes fortifications ne subsistent
que des débris de la tour aux Crabes, et la porte des Tourelles
(qui s'est aussi appelée Porte du Port d'Ouest et Tour Jumelle.),
près de la falaise du château. Construite au XVe
siècle, cette porte est la seule subsistante des sept anciennes
portes de la ville, dont cinq donnaient sur la mer. Elles ont été
détruites en même temps que le rempart qui les reliait entre
elles, dans le cadre des travaux visant à moderniser la ville au
XIXe siècle. Utilisée comme
prison
La porte des Tourelles. Dans les fossés du château une porte donne accès à un souterrain ou tunnel, long de 1800 m, construit au XVIe siècle et qui traverse tout le faubourg de la Barre. Il renferme aujourd'hui les conduites d'eau qui, de la vallée de la Scie, viennent alimenter la ville. L'hôtel de ville, édifice
moderne, a été élevé sur l'emplacement de l'ancien
couvent des Jésuites. Le collège
communal a été reconstruit en 1700 sur l'emplacement de l'ancienne
maison d'Ango, du XVIe siècle, dont
on a conservé quelques médaillons en pierre et quelques salles
pavées de carrelages émaillés.
La statue de Duquesne, à Dieppe. Au fond, l'église Saint-Jacques. Sur la place du Marché (place Saint-Jacques) s'élève la statue de Duquesne par Dantan aîné, érigée en 1844. La plage de Dieppe, longue de plus d'un kilomètre, s'étend de la falaise qui supporte le château à la jetée de l'Ouest. Plusieurs casinos successifs ont été construits à Dieppe. Le premier datait des années 1870. En 1932, un nouveau casino, style arts déco, l'a supplanté. Il a été victime, comme tout le front de mer des combats qui ont suivi le débarquement (manqué) des Alliés du 19 août 1942 (c'est l'opération Jubilee, dans laquelle 15000 soldats Canadiens sont engagés : 6000 seront tués ou faits prisonniers à la suite d'un assaut de neuf heures). Le casino actuel date de 1960. (GE).
Dieppe : le front de mer (boulevard du Maréchal Foch); au fond, le château. Ci-dessous : la plage et les falaises. © Photos : Serge Jodra, 2010. ![]() |
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