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Cracovie
Cracovie, Carrodunum en latin, Craków en polonais, Krakau en allemand, est une ville de Pologne (Petite-Pologne, Galicie), sur la rive gauche de la Vistule, à 248 kilomètres au Sud de Varsovie; environ 800 000 habitants (près d'un million et demi pour l'agglomération). 

Monuments.
Cracovie est, au point de vue monumental, la ville la plus intéressante de Pologne. Elle comptait autrefois soixante-cinq églises.  Depuis 1978, la vieille ville est inscrite sur la liste du patrimoine mondial par l'Unesco.

La cathédrale Saint-Stanislas.
Le plus remarquable édifice religieux est la cathédrale-basilique Saint-Stanislas (Katedra Wawelska, église du château sur la colline de Wawel). En 966, époque de l'introduction du catholicisme en Pologne, on bâtit un modeste temple à cette place. Agrandi sous Vladislas Herman, puis sous Boleslas III en 1305, il fut orné en 1359 par Casimir le Grand avec une munificence toute royale. 
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Cracovie : la cathédrale Saint-Stanislas (cathédrale de Wawel).
La cathédrale Saint-Stanislas, à Cracovie.

La cathédrale de Cracovie est le Panthéon de la Pologne car elle contient les tombeaux de presque tous les rois depuisVladislas Lokiétek (mort en 1333) jusqu'à Auguste II; ce sont des monuments précieux pour l'histoire de l'art, puisqu'ils ont été généralement exécutés peu de temps après la mort de chaque souverain. Les tombeaux de Casimir le Grand et de Vladislas Jagellon, tous deux en marbre rouge, sont surtout remarquables. On y trouve les tombeaux de plusieurs autres hommes célèbres, notamment ceux de Kosciuszko, de Sobieski et de Mickiewicz. Le trésor est fort riche. Des 18 chapelles que comprend l'édifice, celle dite de Sigismond est particulièrement belle et riche. Au milieu du choeur est le magnifique mausolée de l'évêque Stanislas, assassiné par Boleslas le Hardi.

Les autres églises.
L'église de Sainte-Marie date du XIIIe siècle, a une tour haute de 73 m, des vitraux intéressants et un merveilleux autel de Weit Stoss.

Il faut citer encore l'église de Saint-Pierre et Saint-Paul (XVIe siècle), l'église de Sainte-Catherine, l'église de l'Université (XVIIIe siècle) qui renferme un monument en l'honneur de Copernic

Les édifices civils.
Parmi les édifices civils, le plus intéressant est l'ancien château royal, transformé ensuite en citadelle. Sur la place du Marché s'élève la halle aux draps, intéressant édifice du XIVe siècle dont le premier étage renferme aujourd'hui une galerie de tableaux et un musée national. Les anciens remparts de Cracovie ont été convertis en promenades; il en reste un débris fort intéressant, la porte Saint-Florian au faubourg de Piasek (XVe siècle). A une heure environ de la ville s'élève le tumulus de Kosciuszko.
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Cracovie : la cour du château de Wawel.
La cour intérieure du château de Wawel, à Cracovie. Images : The World factbook.

L'université de Cracovie, fondée en 1364, est la plus ancienne de l'Europe orientale; elle porte le titre d'université Jagellonienne (ou Jagellone).

Histoire.
Cracovie est une des plus anciennes villes de la Pologne. Suivant la légende, elle aurait été fondée par un personnage mythique appelé Cracus. Des localités portant un nom analogue se trouvent en Bohème et dans le Mecklembourg. Dès ses origines, elle fut la capitale de la Grande-Pologne. Au commencement du XIe siècle, elle devint le siège d'un évêché. A dater du XIIe, elle fut colonisée par de nombreux Allemands auxquels les rois de Pologne accordèrent l'usage de leur législation nationale. A dater de 1319, elle devint le lieu de couronnement et la résidence des rois. 

Florissante par les arts et par le commerce à l'époque des Jagellons, Cracovie compta jusqu'à 400,000 habitants. Elle déclina sous la dynastie de Vasa surtout lorsque la capitale de la République fut transportée à Varsovie. A l'époque des partages, elle ne comptait plus que 40,000 habitants. Occupée en 1794 par les Prussiens, elle fut cédée à l'Autriche en 1796. En 1815, le congrès de Vienne fit de Cracovie la capitale, d'un petit Etat indépendant et neutre qui comprenait 140,000 habitants et qui portait le nom de République. Il était gouverné par un conseil de douze sénateurs qui avaient à leur tête un président confirmé par les trois puissances voisines, la Prusse, l'Autriche et la Russie. La milice était composée de 500 fantassins et 50 gendarmes à cheval. 

En 1833, le territoire de la République fut occupé par les troupes russes, plus tard par les troupes autrichiennes qui ne l'évacuèrent qu'en 1841. En 1846, la République, du commun accord des trois puissances copartageantes, fut adjugée à l'Autriche (et bientôt à l'Empire Austro-Hongrois). Elle avait eu pour présidents Wodzicki, Wieloglowski, Haller et Szyndler. Cette violation des traités de Vienne fit grand bruit en Occident, mais elle ne provoqua que des protestations platoniques. La ville bénéficia d'ailleurs de cette nouvelle situation, moins oppressive que dans les régions soumises à la Prusse ou à la Russie, et bénéficia d'un notable essor culturel pendant cette période. 

Cracovie revint à la Pologne reconstituée, après la Première Guerre mondiale. A la suite du pacte sur le partage de la Pologne, entre Hitler et Staline, Cracovie est tombée, en 1939, dans le giron de l'Allemagne nazie. Les nombreux Juifs de la ville, d'abord relégués dans le ghetto, souvent victimes d'assassinats, furent ensuite déportés dans les camps d'Auschwitz et du camp voisin de Plaszow  Une grande rafle visa également de nombreux intellctuels et universitaires, qui seront déportés pour leur part dans les camps de concentration de Dachau et de Sachsenhausen. 

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la ville, se retrouve sous la férule du régime pro-soviétique placé par Moscou à la tête de la Pologne, qui limite fortement les libertés publiques, mais engage une politique d'industrialisation (en particulier avec le centre sidérurgique de Nowa-Huta), à l'origine de la rapide croissance démographique de la ville. Celle-ci devient ainsi la deuxième (ou la troisième après Lodz?) plus grande ville de Pologne après Varsovie. (L. Léger).

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Dictionnaire Villes et monuments
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