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Colonne Antonine

Colonne Antonine. - Ce nom s'applique proprement à la colonne de l'empereur Antonin le Pieux, qui fut dressée au Champ de Mars, à Rome, après sa mort en 461, par les soins de ses fils adoptifs et successeurs, Marc-Aurèle et L. Verus. Elle était dorique, en granit rose, monolithe, unie, avait 14,7 m de haut, 1,84 m de diamètre, et posait sur un piédestal quadrangulaire, orné, sur trois côtés, de bas-reliefs en marbre blanc représentant, l'un, l'apothéose d'Antonin et de Faustine, les deux autres, une procession militaire autour de leur bûcher. Le 4e côté portait l'inscription de dédicace de Marc-Aurèle et de Vérus à leur père :
« Au divin Antonin Auguste Pieux, Antonin Auguste et Verus Auguste, ses fils. »
Enfouie verticalement sous terre au milieu des décombres qui ont formé au Moyen âge la colline artificielle du Monte-Citorio, elle a été mise au jour en 1705. La statue d'Antonin, qui la couronnait, avait disparu de bonne heure; le fût, en granit rouge d'Egypte, a été débité en morceaux quand le monument a été découvert; il ne reste plus aujourd'hui de cette colonne que le piédestal (aux jardins de la Pigna au Vatican).
Colonne Antonine. - L'expression de colonne Antonine se donne d'habitude à la colonne de Marc-Aurèle, qui se dresse aujourd'hui encore à Rome sur la piazza Colonna. Cette colonne, qui devait faire partie de la décoration du forum de Marc-Aurèle, a été élevée en 180, en souvenir des victoires remportées par cet empereur dans sa campagne sur les bords du Danube contre les Marcomans. L'inscription qu'on lit aujourd'hui à sa base et que l'architecte Fontana y fit graver en 1589, sous le pontificat de Sixte-Quint, attribue ce monument à Antonin le Pieux; de là l'appellation usuelle, mais erronée, de colonne Antonine.
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Rome : colonne antonine.
La colonne Antonine, par Agostino Tofanelli (1833).

La colonne de Marc-Aurèle est une reproduction de la colonne Trajane; dorique et en marbre blanc comme elle. Elle se compose de 28 blocs, ajustés et posés sans ciment, mesurant 38,47 m, et formant le fût, autour duquel un immense bas-relief en spirale représente la guerre marcomane en 174, comme les bas-reliefs de la colonne Trajane racontent les campagnes de Trajan contre les Daces. Parmi ces bas-reliefs, il en est un qui représente le Jupiter pluvius et qui est ainsi un souvenir matériel de la pluie miraculeuse que les chrétiens attribuaient aux prières de leurs frères de la légion fulminante. L'exécution de ces bas-reliefs est inférieure à celle de la colonne Trajane, qu'ils rappellent cependant beaucoup tant par la disposition matérielle que par le style. 

Dans l'intérieur de la colonne, qui repose sur un piédestal quadrangulaire, haut de 8,12 m, est un escalier à vis éclairé par 40 petites fenêtres, et conduisant par 190 marches sur le chapiteau, qui a un amortissement surmonté jadis de la statue de Marc-Aurèle. La statue de Saint Paul, en bronze doré, y a été mise en 1589, pour remplacer celle de l'empereur romain détruite depuis longtemps. 

La colonne de Marc-Aurèle, dorique pour les formes du chapiteau, corinthienne par ses proportions, est une imitation de la colonne Trajane, mais beaucoup moins belle que cette dernière, comme oeuvre d'art; les bas-reliefs ont une exagération de saillie qui fait mal sur un fût de colonne.  (G. L.-G.).

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Dictionnaire Villes et monuments
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