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Chenonceau(x)

Chenonceaux est une commune de France, dans le département de l'Indre-et-Loire, sur le Cher, à 14 kilomètres au Sud d'Amboise; 340 habitants. Le village est surtout connu pour son château

La château de Chenonceau (sans x), bâti sur le Cher, est une des plus belles constructions de la Renaissance française, II se compose d'un pavillon carré flanqué aux angles de tourelles en encorbellement et surmonté de hautes lucarnes et de cheminées chargées d'ornements; ce pavillon est relié à la rive gauche du Cher par un pont de trois arches, sur lequel a été bâtie une galerie de 60 m de longueur; les détails de l'architecture de cette façade ont été choisis avec beaucoup de goût; les piles du pont continuées en tourelles et terminées en terrasses au premier étage, les lucarnes ménagées dans le toit, introduisent dans cette partie du monument une variété du meilleur effet. Quant au pavillon principal, il est complété à l'est par la chapelle et la librairie construites sur les avant-becs, et reliées entre elles par une loggia découverte. 
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Château de Chenonceaux.
Le Château de Chenonceau.

L'histoire de la construction de Chenonceau explique la disposition de ses différentes parties. Chenonceau appartint d'abord à la famille des Marques, qui le possède depuis le XIIIe siècle, et le fait reconstruire vers le milieu du XIVe. C'est à cette époque qu'est bâtie la tour un peu lourde, mais non sans élégance, qui subsiste encore en avant du château. Les Marques élèvent en outre sur le Cher un moulin fortifié. Le mauvais état de leurs affaires les force, en 1496, à vendre leur terre; mais grâce aux lenteurs de la procédure, c'est seulement en 1513 que Thomas Bohier, général des finances de Normandie, qui en était acquéreur, put entrer en possession. Il eut alors l'idée d'utiliser les énormes piles sur lesquelles était établi le moulin pour y bâtir un nouvel édifice. La construction, surveillée et activement poussée par sa femme Catherine Briçonnet, était inachevée à sa mort. La succession de Thomas Bohier, comme celle de tous les financiers sous l'ancien régime, fut assez difficile à liquider, et Antoine Bohier dut céder Chenonceau à François Ier

En 1547, Henri II le donna à Diane de Poitiers; à la mort du roi, Catherine de Médicis força la maîtresse déchue à échanger Chenonceau contre Chaumont. C'est Catherine de Médicis qui, sur les plans de Philibert Delorme, fit élever la galerie et le pavillon des Dômes, utilisé pour les écuries. Après la mort de Catherine de Médicis, Chenonceau passe à Louise de Lorraine, puis à la duchesse de Mercœur et à la maison de Vendôme. Au XVIIIe siècle, Dupin l'acheta, et le château resta dans sa famille jusqu'en 1864. A cette époque, il fut acquis par Mme Pelouze, née Wilson, qui y a fait exécuter d'immenses travaux de restauration. 
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Le jardin de Catherine de Médicis, à Chenonceau.

En 1888, Chenonceau a vu reparaître les gens de justice et il a été acquis par le Crédit foncier de France; les richesses artistiques, les meubles anciens, les tableaux, les objets précieux de toutes les époques accumulés par les différents propriétaires ont été vendus aux enchères et dispersés; il ne subsiste des travaux entrepris par Mme Pelouze que la galerie de tableaux du premier étage, où d'admirables toiles des plus illustres maîtres contrastent singulièrement avec l'ornementation surchargée d'ors et de glaces, qui leur sert de cadre.

Ainsi apparaît donc cette histoire d'une des plus riantes et des plus magnifiques résidences qu'il y ait en France; par une étrange destinée, les exploits d'huissier et les discussions de la basoche ont tenu dans la vie de Chenonceau presque autant de place que les préoccupations artistiques, les fêtes galantes, les réunions de femmes aimables, de lettrés, d'artistes dont l'imagination évoque le souvenir, même dans le silence des grands appartements dénudés. 

II est impossible d'entrer ici dans le détail des merveilles architecturales de Chenonceau, ni dans la description des aménagements intérieurs : il faut cependant donner une mention aux plafonds peints, aux cheminées et surtout à l'escalier à rampes parallèles et à paliers, qui est avec celui d'Azay-le-Rideau un des plus beaux spécimens du genre. Il faut noter aussi que Chenonceau comme Azay, et beaucoup plus que Blois, a été, dès l'origine, disposé pour devenir une habitation de plaisance, dans laquelle il avait été possible, de nos jours, d'introduire sans trop de difficultés une partie du confortable des habitations modernes. Le château est accompagné de jardins et de parcs, aux larges ombrages, qui ajoutent au charme de sa situation. (Jules Gautier).

Château de Chenonceaux.
Le Château de Chenonceau. Le pont et la galerie ont été construits par Philibert Delorme.
© Photos : Serge. Jodra, 2013.
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Dictionnaire Villes et monuments
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