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Charleville-Mézières

Charleville-Mézières est une ville de la France, dans le département des Ardennes, dans la vallée de la Meuse, au col d'un vaste méandre que forme le fleuve. Population : 55 500 habitants. Elle est formée de la réunion, en 1966, de plusieurs anciennes communes, Charleville, Mézières, Mohon, Etion et Montcy-Saint-Pierre. Les deux premières étaient les plus importantes.

Charleville.
Charleville est située sur la rive gauche de la Meuse, en face de Mézières, c'est une cité commerçante, aux rues larges et régulières, tracées d'après un plan uniforme. Port très fréquenté, que le canal des Ardennes met en communication avec la Seine, l'Oise et l'Aisne. Un autre canal, long de 550 m, relie Charleville avec Moncy-Notre-Dame, sur la Meuse, évitant ainsi aux bateaux un détour de 4450 m.

Histoire.
Charleville a été fondée, en 1606, sur l'emplacement du bourg d'Arches, l'antique Arcae Remorum, colonie rémoise, dont le pont qui réunit à Mézières la nouvelle cité a gardé le nom. En 894, ce domaine, dont le château fort avait été ruiné, fut cédé par Charles le Simple aux évêques de Liège. Après eux, il appartint successivement aux comtes de Porcien et à ceux de Rethel; enfin, en 1566, il entra dans la maison de Gonzague par le mariage d'Henriette de Clèves, héritière des duché de Nevers et comté de Rethel, avec Louis de Gonzague, duc de Mantoue et gouverneur, pour le roi, de la province de Champagne. Ayant établi sa résidence à Arches, le nouveau seigneur obtint du roi Charles IX, à l'occasion de ses noces avec Elisabeth d'Autriche célébrées dans l'église de Mézières le 26 novembre 1570, l'érection de sa seigneurie en principauté souveraine. La fantaisie magnifique de son fils et successeur, Charles de Gonzague, duc de Mantoue, de Nevers et de Rethel, gouverneur de Champagne, qui rêvait de créer une capitale pour ses petits Etats, éleva dans ce lieu la ville actuelle, qui reçut le nom de son fondateur. Les premières constructions de Charleville datent du 6 mars 1606. Le plan comprenait une vaste place quadrangulaire à laquelle venaient aboutir les quatre principales rues divisant la ville en autant de quartiers égaux; trois autres places plus petites, réparties dans ces diverses quartiers; des rues tirées au cordeau, des maisons régulières. Un palais, un hôpital, des églises et un moulin devaient compléter l'ensemble de la cité. Pour hâter son développement, des privilèges nombreux lui furent accordés par Charles de Gonzague, qui obligea toutes les villes de ses duchés de Nevers, de Rethel, et de son gouvernement de Champagne à faire bâtir chacune une maison dans la capitale naissante. Ainsi furent édifiés, dans les grandes voies, ces pavillons uniformes sur les portes d'entrée desquels on lit encore les inscriptions Reims, Aï, Châlons, Epernay, Mézières, Attigny, Rethel, Château Porcien. Ce fut le seul fruit que ces villes retirèrent de leur concours forcé. Des lettres patentes, promulguées le 6 mai 1620, et enregistrées le 21 novembre 1621 par la cour souveraine de Charleville, consacrèrent les franchises de ses habitants et fixèrent définitivement leurs droits.

Depuis cette époque, Charleville est restée le centre industriel et commercial du pays, tandis que Mézières en est devenu le chef-lieu administratif. A l'extinction de la maison de Gonzague (1708), Charleville passa à la maison de Condé, et la cour souveraine fut supprimée par arrêt du parlement de Paris. Peu de temps après, la princesse de Condé remit à Louis XIV ses droits de souveraineté sur Charleville, qui fut incorporée à la France. En 1789, la cité, qui était demeurée exempte de tous impôts, refusa de jouir plus longtemps d'une pareille prérogative. 

Charleville a vu naître le savant Louis Dufour de Longuerue, abbé de Sept-Fontaines (1652-1733), auteur de la Description de la France ancienne et moderne, le bénédictin Dom Pierre Carpentier (1697-1767), le conventionnel Dubois de Crancé (1747-1814), Arthur Rimbaud (1854-1891), etc.

Monuments.
L'église (1863), édifice moderne, avec deux tours, construit dans le style roman de transition, est ornée, dans le transept, de quatre fresques exécutées par des artistes ardennais et dont l'une, celle du croisillon gauche, représentant le baptême de Clovis, provient de l'ancienne abbaye d'Orval. Sur la place du Sépulcre, ouverte sur le quai de la Meuse, deux beaux bâtiments, séparés par une jolie chapelle datant des premiers temps de Charleville, sont occupés par le collège et la bibliothèque publique. Malgré les dégâts causés par le terrible incendie de 1876, qui dévora ces deux derniers édifices, la bibliothèque renferme encore environ vingt mille volumes imprimés et quatre cents manuscrits du XIe au XVIe siècle, provenant en partie des anciennes abbayes de Ligny, de la Val-Dieu, d'Elan, de Belval et du Mont-Dieu. L'hôtel de ville, construit en 1843, est assez monumental et dominé par une tour carrée à trois étages, formant beffroi; le théâtre (1839) n'a rien de remarquable. Au centre de la ville, la place Ducale rappelle par sa disposition générale, ses maisons en briques à chaînage de pierre, s'appuyant sur des arcades surbaissées, la place des Vosges à Paris. A l'extrémité de la rue Sainte-Catherine, au bord de la Meuse, le pittoresque pavillon du Moulin, conçu dans le meilleur style du commencement du XVIIe siècle, est également un souvenir de l'ancienne capitale de Charles de Gonzague. Dans les allées d'Orléans, qui aboutissent au pont, s'élève le beau monument ou groupe en bronze, oeuvre du statuaire ardennais Croisy, consacré en 1874 à la mémoire des enfants de la cité morts dans la guerre de 1870-1871. Enfin, sur la colline du Mont-Olympe, où le prince de Gonzague avait fait bâtir, pour protéger la ville, une forteresse qui fut détruite en 1686 par ordre de Louis XIV, se voient quelques débris de murailles, noyés au milieu de la végétation d'un jardin anglais. Des inscriptions lapidaires, de l'époque gallo-romaine, ont été retrouvées sur l'emplacement actuel de Charleville. 

Les armes de Charleville sont : d'azur à un bras dextre d'argent mouvant au second parti, tenant une épée d'argent à la garde d'or, et côtoyée d'une palme d'or à droite, d'un laurier à gauche, et un soleil d'or en chef sur la pointe de l'épée.

Mézières.
Mézières est petite, enserrée dans une enveloppe de remparts; ses rues sont étroites et tortueuses. Elle se compose de cinq parties : la ville proprement dite, le Pont-de-pierre, le Pont-d'Arches, Saint-Julien et la Citadelle, située au pied et sur le penchant d'une colline, sur la rive droite de la Meuse.

Mézières n'est séparée de Charleville, sa riche voisine, que par le cours de la Meuse. Bien que chef-lieu du département, Mézières ne renferme ni les tribunaux de première instance et de commerce, ni le lycée, et les écoles normales installés à Charleville. La ville possède des fabriques d'instruments de pesage, des fonderies de fer et de cuivre, des confiseries, etc. A la fin du IXe siècle, Erlebald, comte du pagus Castricencis, fonda sur les bords de la Meuse une forteresse qui dut à la découverte d'une idole, jadis adorée par les paysans de la contrée, son nom de Maceriae. Ce castrum devint la propriété du comte de Rethel. Mézières ne prit de l'importance qu'après qu'elle fut devenue une commune : en 1233, Hugues III, comte de Rethel, lui accorda une charte. Au XVe siècle, Mézières dut un accroissement de prospérité à l'immigration de Liégeois qui abandonnèrent leur ville mise à sac par Charles le Téméraire. Mézières fut une ville de guerre de premier ordre; François Ier y construisit des fortifications qui furent complétées par Vauban; en 1748, Louis XV y fonda une école du génie militaire. La ville soutint de nombreux sièges; en 1521, le chevalier Bayard y fit une défense héroïque contre les Impériaux. En 1870, Mézières dut se rendre après un bombardement de trois jours. ( A. Tausserat / Emile Chantriot).

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Dictionnaire Villes et monuments
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