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Dictionnaire
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Alignements
de Carnac, en breton Querrec ou Kerrec, c. -à-d.
le lieu des pierres (Morbihan), sur une colline dominant la baie de Quiberon1° les alignements du Ménec au nombre de 11, comprenant 1129 menhirs;Les pierres de Carnac étaient encore au nombre de 4 000 ou environ au XVIIIe siècle; longtemps, une terreur superstitieuse Ces monuments devaient frapper de bonne
heure l'imagination populaire et ont en effet donné lieu à
diverses légendes; nous nous contenterons de rapporter ici celle
à laquelle ils doivent le nom que les paysans leur ont longtemps
donné : San Cornely Soudarded ( = soldats de saint Cornély).
Le saint « Il est à croire, dit Ogée, que les Romains plantèrent ainsi ces pierres debout pour mettre leurs tentes ou leurs baraques à l'abri et les garantir par le moyen de cette muraille continue des coups de vents violents qui règnent fréquemment sur ces côtes.-»La plupart des celtomanes ont voulu y voir des monuments du culte druidique -
Les menhirs de Carnac. Sans pousser plus loin l'énumération des rêveries et des divagations que ces pierres ont suggéré à l'imagination des uns et des autres, disons que l'on n'a pas encore d'explication satisfaisante de leur origine. Plusieurs auteurs ont prétendu, non sans vraisemblance, que ces menhirs devaient être associés à des monuments funéraires, mais c'est une conjecture que les fouilles faites à diverses reprises n'ont pas absolument vérifiées; on a, il est vrai, fréquemment trouvé à leur base des charbons, des pierres rougies par l'action du feu et des terres chargées de phosphate de chaux, mais, outre qu'il n'est pas sûr qu'il faille dater ces vestiges de la même époque que les menhirs, il se pourrait aussi que ce soit là des vestiges des sacrifices faits lors de la consécration des monuments. Mortillet, l'un des premiers à avoir vu dans tous ces mégalithes, des témoignages antérieurs aux premières invasions celtiques et y voyait des monuments commémoratifs « des espèces d'archives; chaque pierre rappelant un fait, une personne ou une date ». On peut assurément considérer que l'érection de tout monument est une manière « de prendre date », mais peut-on être plus précis sur la signification exacte des alignements de menhir? Tout ce que l'on en sait peut se résumer en trois phrases : ces alignements appartiennent certainement au Néolithique final ou au Bronze ancien, et participent de la grande vague de constructions mégalithiques qu'on observe à cette époque dans cette partie de l'Europe. Leur mise en place a demandé tellement d'efforts et sur une période qui a dû être nécessairement longue à l'échelle humaine, que l'on peut en déduire qu'ils revêtaient une importance considérable dans les conceptions, et le système de valeurs des sociétés qui en sont à l'origine. De cela, il suit que leur signification devait avoir un caractère religieux. Terminons en notant que si les fouilles faites au pied des menhirs de Carnac n'ont abouti qu'à des résultats négatifs, il n'en est pas de même de celles qu'on a pratiquées dans les tumulus épars au milieu et aux bords des alignements. Elles ont démontré que tous étaient des amoncellements, parfois considérables, de pierrailles, recouverts d'une chape de vase marine et sous lesquels se trouvaient des dolmens. Tous ces dolmens formaient des chambres sépulcrales, qui ont fourni, avec des ossements inhumés et incinérés, un intéressant mobilier funéraire composé de haches et outils divers de pierre (silex, jade, serpentine, etc.), grains de colliers, poteries, etc. Les produits de celles de ces fouilles qui ont été faites au XIXe siècle sous la direction de la Société polymathique du Morbihan ont été conservés au musée de Vannes. Chacun de ces tumulus ne recelait qu'une seule chambre sépulcrale, en sorte que, pour le mont Saint-Michel-en-Carnac, par exemple, il est établi qu'on avait accumulé environ 40 000 mètres cubes de matériaux pour recouvrir une chambre funéraire de moins de 3 mètres cubes de contenance. (A19). |
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© Serge Jodra, 2005. - Reproduction interdite.