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Bressuire

Bressuire est une commune de France, dans le département des Deux-Sèvres, à 61 km au Nord de Niort. Église en granit. Population : 19500 habitants (2016).

La ville est bâtie sur une colline de 187 m d'aItitude au pied de laquelle coule le Dolo ou Ire qui se jette dans l'Argenton; elle est dominée par les ruines de son château. Jadis ville forte importante, elle fut entièrement ruinée ou incendiée à plusieurs reprises et son développement a été ainsi constamment entravé. Placée au centre du Bocage, elle a notamment beaucoup souffert pendant les guerres de la Vendée. Néanmoins la construction de routes et ensuite de plusieurs lignes de chemin de fer lui a rendu quelque prospérité. Historiquement, la principale source de fortune du pays a été commerce du bétail (foires). 

Histoire.
Quelques auteurs ont placé à tort à Bressuire la station de Segora qui se trouvait, d'après la carte de Peutinger, sur la voie romaine de Poitiers à Nantes; cette hypothèse est rejetée aujourd'hui. Le plus ancien quartier de la ville a dû être celui de Saint-Cyprien. 

Lors de l'institution des Vigueries, Bressuire et son territoire furent compris dans la Viguerie de Thouars, et ils appartinrent ensuite aux vicomtes de Thouars. En l'an 1029, Geoffroy, vicomte de Thouars, donne à l'abbaye de Saint Cyprien de Poitiers, une église qu'il venait de fonder et le bourg qui l'entourait; dans l'acte de donation est mentionné le château de Bressuire, castrum quod vocatur Berzoriacum; Bressuire dut surtout son développement à la famille de Beaumont, ses premiers seigneurs; c'est à eux que doit être attribuée la construction du château. 

Les barons de Bressuire devaient l'hommage lige aux vicomtes de Thouars. Le premier de ces seigneurs de Bressuire dont le nom nous ait été conservé, vivait vers l'an 1060. Vers 1098 ou 1100, un Beaumont fonde le prieuré de Notre-Dame de Bressuire. L'église Saint-Jean fut construite vers la même époque; il existait encore une autre église, Saint-Nicolas, qui servait de chapelle au château. En 1190 environ, Raoul Ier de Beaumont et sa famille accordent aux habitants une charte d'affranchissement de plusieurs droits, corvées ou obligations, qui témoigne de l'état prospère de la ville, dû surtout à l'extension de l'industrie drapière. 

Au point de vue ecclésiastique, Bressuire dépendait du doyenné de Thouars ; en l'an 1208, le pape Innocent III consacre la création du doyenné de Bressuire décidée quelques années avant par l'évêque de Poitiers, et le nouveau doyen, à la tête de 67 paroisses, fixe sa résidence à Saint-Porchaire. 

Pendant les luttes de Philippe-Auguste et de Jean Sans Terre, les seigneurs de Bressuire, conformant leur conduite à celle des vicomtes de Thouars, leurs suzerains, furent tour à tour les alliés et les adversaires du roi de France. Mais en 1214, Philippe-Auguste punit la défection du seigneur de Bressuire et de son suzerain en livrant cette ville aux flammes ainsi que les autres bourgs de la région. 

Louis VIII trouva les Beaumont fidèles à sa cause lorsqu'il acheva la conquête du Poitou en 1224. Après le traité de Brétigny (1360), Louis de Beaumont dut se soumettre aux Anglais. Ceux-ci ne retrouvèrent plus dans le Poitou la même popularité que sous Philippe-Auguste, et ils furent obligés de placer des garnisons dans les principales villes fortes, notamment à Bressuire, munie de fortes murailles de granit depuis le XIIIe siècle environ. 

En 1371, Du Guesclin, poursuivant des troupes anglaises commandées par Cressonval, atteignit les fugitifs devant Bressuire; environ 500 d'entre eux furent tués sous les murs de la ville. Du Guesclin ne pouvant obtenir du gouverneur qu'il rendit la place, ordonna l'assaut. La ville fut prise et la garnison massacrée; le château dut se rendre aussi. 

En 1420, le duc de Bretagne, Jean V, prisonnier des Penthièvre, fut enfermé quelque temps au château de Bressuire. Dans le courant du XVe siècle, les seigneurs de Bressuire s'occupèrent de réparer les fortifications de la ville et le château; plusieurs impôts ou taxes furent levés à cet effet. Jacques de Beaumont eut la confiance du roi Louis XI, comme le témoigne une curieuse correspondance échangée entre eux; Louis XI, trouvant en lui un serviteur dévoué et sans scrupules, s'en servit dans maintes circonstances et l'en récompensa par de nombreuses faveurs. 

La baronnie de Bressuire passa par alliance aux Laval-Montmorency, en 1510, puis aux Fiesques, au marquis de Chausseraye, au marquis de Dangeau, l'auteur du Journal, aux Luynes, à Jean d'Abbadie, président à mortier au parlement de Navarre

Bressuire fut le chef-lieu d'une subdélégation depuis le XVIIe siècle jusqu'en 1786; elle dépendait de l'élection de Thouars. En 1790, elle fut comprise dans le district de Châtillon. Sa population avait considérablement décru par suite des guerres de religion, de la révocation de l'édit de Nantes, et du mauvais état de l'industrie des draps.

Bressuire pendant les guerres de Vendée.
Pendant la Révolution, Bressuire avait été d'abord sacrifiée à Châtillon qui fut choisi comme chef-lieu d'un des six districts du département des Deux-Sèvres. Bressuire n'eut que le tribunal civil (16 février 1790). Des troubles éclatent dans cette ville dès la constitution de la municipalité, ils préludent par l'émeute du 31 décembre 1790. Les habitants de cette ville refusent de laisser subsister le tarif (ou octroi) établi en 1749 et brisent les barrières. La promulgation de la constitution du clergé et les intrigues des prêtres réfractaires provoquent une vive agitation dans la campagne; la ville est occupée militairement, sur la demande des patriotes, soutenus par les députés Gallois et Gensonné, envoyés en mission dans le département, et par le général Dumouriez alors commandant la 12e division. 

Les jacobins de la ville en profitent pour envahir le couvent de Saint-François (13 septembre 1791) et confisquer ses cloches. Mais une municipalité nouvelle est élue peu après (10 novembre). Le maire Delouche entre en conflit avec les jacobins; le 27 juillet 1792, jour de la foire de Saint-Jacques, une rixe éclate entre les paysans et les habitants de Bressuire. Delouche prend parti pour les paysans, il est forcé de s'enfuir, et le directoire du département le suspend de ses fonctions (14 août). Le maire fugitif forme à Moncoutant un rassemblement (19 août) et marche sur Bressuire (22 août) avec plus de six mille hommes, auxquels se joignent le 23 de nombreuses bandes commandées par Gabriel Baudry d'Asson, Richeteau de la Coindrie, Cousseau, de Feu, etc.

Le 24, à midi, Baudry d'Asson attaque Bressuire du côté des moulins Cornet. Mais la garde nationale et la petite garnison de cette ville font bonne contenance et tiennent les paysans en échec par un feu de mousqueterie. Le soir, vers cinq heures, Bressuire fut délivrée par des secours venus de Rochefort, de Niort, etc., et commandés par Pierre Baugier. L'insurrection fut sévèrement réprimée; mais les paysans avaient eux-mêmes pris l'initiative des massacres en tirant sur la troupe et en brûlant les maisons des curés constitutionnels et des patriotes. Comme toujours les principaux meneurs se sauvèrent. A la suite de cette résistance héroïque, Bressuire, par décret du 30 août, fut érigée en chef-lieu du district ou détriment de Châtillon qui n'avait pas résisté aux insurgés.

Pendant la grande guerre, Bressuire dès le 15 mars 1793 recueillit les autorités de Châtillon. Quétineau l'occupa le 21 mars, il fait arrêter Lescure, au château de Clisson, mais il est battu aux Aubiers le 13 avril et il est forcé d'évacuer la ville le 2 mai, oubliant à dessein Lescure. Bressuire est occupé le lendemain par l'armée vendéenne qui en démolit les murailles, mais n'y séjourne pas. Cette ville est prise par Westermann comme quartier général et grand dépôt pendant les combats de Châtillon (3 juillet).

Elle est reprise le 6 juillet par les Vendéens, et devient le chef-lieu d'une division de la grande armée, commandée par Lescure. Les républicains commandés par Chalbos rentrèrent le 7 octobre dans cette ville et firent leur jonction avec Rey. Repoussant une attaque nocturne de Lescure, ils partirent le 9 octobre pour attaquer à Nueil les royalistes, Défaits à Châtillon le 11, Westermann et Chalbos se réorganisent à Bressuire. Une garnison est laissée dans cette ville tandis que les républicains se mettent à la poursuite de la grande armée. 

De là partent en 1794 les colonnes infernales du général Grignon. Puis le 13 février 1794 le général Ange est obligé d'évacuer la ville devant Stofflet; le royaliste Marigny s'établit dans les environs; il ne peut empêcher Grignon de brûler la ville, le 14 mars 1794, mais il le force de l'évacuer définitivement après le combat de Boismé (18 avril) et de se retirer au camp de Chiché. De nouveau occupée par les bleus de Cauclaux, 26 mars 1795, surprise par Stofflet le 1er ou 2 février 1796, Bressuire était tellement ruinée que le Directoire fut obligé de décharger la ville el le district d'une partie de la contribution de l'emprunt forcé de 600 millions (1796). Elle n'avait plus que 630 habitants en l'an IX et 1043 en l'an XII.

Monuments.
L'église Notre-Dame (mon. hist.) date du XIe siècle, mais a été en partie reconstruite au XVe siècle. D'après Bélisaire Ledain, la nef serait du XIIe siècle et le choeur du XVe. Le clocher de 56 m de haut. est une construction originale et d'un fort bel aspect; la base est du XVe siècle, l'étage supérieur a été achevé en 1542 par l'architecte L. Gendre Odonnet, la lanterne, détruite par un ouragan, a été refaite en 1728. 

Les ruines pittoresques du château donnent encore une idée suffisante de ce qu'il a été; quelques parties ont été démolies pour faire place à une construction moderne. Ce château était l'un des plus considérables de la région; il avait un périmètre de 700 m et 48 tours. 

On peut signaler encore les ruines de Saint-Cyprien, chapelle da XIe siècle, dans le faubourg du même nom, au-dessous du château, et les restes de l'aumônerie de Saint-Jacques, chapelle de la même époque, fondée pour donner asile aux pèlerins qui se rendaient à Saint-Jacques de Compostelle; l'usage des anciens pèlerins de se réunir le jour de la fête du saint fut l'origine de la foire de Saint-Jacques. Enfin, pour construire la mairie, en 1820, on a démoli l'ancien couvent des Cordeliers qui avait été fondé en 1404, par Jean de Beaumont, sa femme, Mathurine d'Argenton, et son neveu Gui de Beaumont. (L. Bougier et G. Regelsperger).

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Dictionnaire Villes et monuments
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