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Bergues

Bergues (Gruonoberg, Bergas, Winociberga, Winoci mons, Bergues-Saint-Winoc, en flamand Bergen) est une commune de France, dans le département du Nord, à 10 kilomètres au Sud-Est de   Dunkerque,  au milieu de la Moër et au point de jonction de plusieurs canaux, au pied d'une montagne (berg), d'où l'on a une vue magnifique. 

La ville de Bergues, fortifiée par Vauban, est demeurée jusqu'au XIXe siècle une place forte de deuxième classe, dont les défenses (fort Français et fort Louis) se reliaient à celles de Dunkerque.

Histoire.
Il est peu de villes, même parmi les places frontières, qui aient subi autant de vicissitudes que celle-ci : cinq fois détruite de fond en comble, elle s'est toujours relevée de ses ruines. Le lieu où elle s'élève faisait partie au IXe siècle des domaines de l'abbaye de Saint-Bertin; le comte de Flandre Baudouin II la fit entourer de murailles, y fonda une église où il fit déposer le corps de Saint-Winocq qui ne tarda pas à attirer une grande affluence de pèlerins. Détruite au XIe siècle par une inondation, elle ne tarda pas à se relever et fut pendant tout le cours des XIIe et XIIIe siècles un centre important de l'industrie lainière. C'était alors le chef-lieu d'une importante châtellenie qui obtint en 1240 une keure ou charte de privilège qui lui lut confirmée depuis a diverses reprises. 

Robert Il d'Artois s'en empara en 1297 au nom du roi de France Philippe le Bel; mais cinq ans après les Français en furent chassés et la ville se donna au comte de Flandre. Les Anglais l'occupèrent à la fin du XIVe siècle. Après la bataille de Rosebecq, Charles VI s'en empara, la livra au pillage ét l'incendia (1383). Elle fut reconstruite par le duc Philippe le Hardi, mais à la fin du XVe siècle, un incendie la détruisit de nouveau (1494). En 1558, le maréchal de Termes l'enleva d'assaut, massacra la population et livra la ville à l'incendie. Le traité de Cateau-Cambrésis la rendit en ruines à Philippe Il qui la releva. 

Reprise sur les Espagnols en 1658, elle leur fut rendue l'année suivante par la paix des Pyrénées. Assiégée par Louis XIV en personne pendant la guerre de Dévolution (1667), elle fut laissée à la France parle traité d'Aix-la-Chapelle et aussitôt Vauban fut chargé de la fortifier. Bergues fut en 1694 le chef-lei de l'une des neuf subdélégations de la Flandre flamingante. En 1790 on y plaça le chef-lieu de l'arrondissement qui fut plus tard transféré à Dunkerque. En 1792, le duc d'York l'assiégea en même temps que Dunkerque, mais la bataille d'Hondschoote ne tarda pas à faire lever le siège.
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Bergues : Ancienne abbaye Saint-Winoc.
Bergues : Ancienne abbaye Saint-Winoc.
L'ancienne abbaye Saint-Winoc.

L'ancienne abbaye bénédictine de Saint-Winoc avait d'abord été établie à Wormhoudt au commencement du VIIIe siècle; elle fut transférée au XIe siècle sur une colline à l'Est de la ville de Bergues; supprimée en 1792, elle a été complètement démolie à l'exception des deux tours sans caractère, la tour blanche et la tour bleue, entretenues aux frais de l'Etat, parce que, très visibles de la haute mer, elles servent d'amer aux navires.

Monuments.
L'église Saint-Martin, construite en briques au XVIIe siècle, en style gothique et remaniée depuis, conserve la chasse de saint Winoc et quelques tableaux intéressants provenant de l'abbaye. 

L'hôtel de ville, réédifié en 1867, a conservé quelques parties du XVIIe siècle. Les tableaux du musée proviennent aussi de l'abbaye. Nous relevons parmi les attributions du catalogue : les noms de Ribera, de Van Dyck, de Breughel , de Metzu, etc. 
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Bergues : le beffroi.
Le beffroi de Bergues, vers 1900.

Le beffroi (mon. hist.), un des plus beaux de la région, est une haute et massive tour carrée, en briques, élevée au XVIe siècle; il est couronné par une lanterne octogonale contenant le carillon et flanqué de quatre tourelles. 

Plusieurs maisons ont conservé le caractère de l'architecture dite espagnole. (GE).

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Dictionnaire Villes et monuments
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