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Dictionnaire
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| Bapaume.
- Commune du Pas-de-Calais, au point de partage des bassins de la Somme
et de l'Escaut; 4300 habitants. Bapaume était située, au
Moyen âge Monuments.
La
Bataille de Bapaume.
Messieurs, leur dit-il, vous avez peut-être raison, mais laisser bombarder Péronne sans tenter de le secourir, lorsque j'ai sous mes ordres au moins 30 000 hommes et 90 pièces de canon, c'est encourir à coup sûr le déshonneur. Or, j'aime mieux être battu en faisant mon devoir que déshonoré par une accusation de pusillanimité, nous partirons demain matin pour marcher à l'ennemi : vous recevrez ce soir les ordres de marche.Jetons un coup d'oeil sur les positions prussiennes et les troupes qu'allait aborder l'armée du Nord. Ces troupes formaient l'aile droite de la première armée, dont l'aile gauche opérait sur la basse Seine; elles étaient sous le commandement en chef du général de Goeben. Le général comte de Gröben, commandant la 3e division de cavalerie, était à Bucquoy avec trois compagnies d'infanterie, dix escadrons et demi et une batterie. La 15e division occupait Bapaume avec onze bataillons, quatre escadrons et quatre batteries. Son chef, le général de Kummer, avait placé en première ligne la 30e brigade d'infanterie (général de Strubberg) avec trois escadrons et trois batteries, de Bapaume à Béhagnies, et en seconde ligne la 29e brigade (général de Bock) sur la ligne Bertincourt-Sailly-Sallisel, avec un escadron et deux batteries. Le 8e bataillon de chasseurs restait à la disposition du général de Goeben vers Combles et Morval, avec deux batteries à cheval. Sur la route de Péronne à Cambrai |

| Nous sommes le 2 janvier,
le ciel est gris, le temps froid. Les troupes françaises se mettent
en marche dès la première heure. La division Derroja du 22e
corps (général Lecointe) qui forme la droite arrive jusqu'à
Bucquoy d'où les Prussiens se sont retirés sur Puisieux et
Miraumont, puis elle fait un à-gauche et vient cantonner
à Achiet-le-Petit, sans avoir tiré un coup de fusil. Au centre,
la division du Bessol du même corps, avec laquelle marche le général
Faidherbe,
se dirige sur Ablainzevelle qu'elle atteint vers midi. Au 23e
corps (général Paulze d'lvoy), la marche est loin d'être
aussi facile. La division Payen s'est avancée par Boisleux et Ervillers,
et au sortir de ce dernier village déploie la brigade Michelet pour
enlever Béhagnies; deux batteries sont mises en position à
droite et à gauche de la route. La brigade Delagrange reste en réserve
à Ervillers. La brigade Michelet s'avance avec confiance sur trois
colonnes, croyant le village occupé seulement par des avant-postes
peu nombreux. La colonne du centre n'atteint les premières maisons
quand un feu terrible l'accueille et la refoule en désordre. Elle
ne tarde pas pourtant à se reformer, s'élance de nouveau
et enlève Béhagnies, rejetant les Prussiens sur Sapignies.
Mais la colonne de droite a fait un trop long détour et n'est pas
en mesure de la soutenir, et la colonne de gauche, accueillie, elle-même
de près par des volées de mitraille et chargée par
la cavalerie, est rejetée sur Ervillers, laissant 250 prisonniers
aux mains des Prussiens, qui réoccupent immédiatement Béhagnies.
Il est environ deux heures. La division Robin (mobilisés) du 23e
corps n'a pas encore paru sur le champ de bataille, ce n'est que vers deux
heures et demie qu'elle est signalée près de Mory, ayant
perdu un temps précieux à passer par Croisilles et Saint-Léger,
au lieu de suivre la division Payen. On peut affirmer que, si elle eût
figuré dans l'affaire de la matinée, elle eût pu, par
sa seule présence. lui donner une tout autre issue. Cependant la
brigade Delagrange s'est portée en ligne à Ervillers pour
remplacer la brigade Michelet, et le reste de la journée se passe
sans que l'on sorte de part ni d'autre de ses positions.
Au centre, Faidherbe, qui ne sait rien de ce qui vient de se passer au 23e corps fait attaquer Achiet-le-Grand dont il chasse les Prussiens; et occupe également Bihacourt. A cinq heures, il fait arrêter le 22e corps en arrière de Biefvillers et de Grévillers et établit son quartier général à Achiet-le-Grand. Vers sept heures du soir, le général de Kummer, trouvant la brigade Strubberg trop en l'air, la fait rentrer à Bapaume où se trouve ainsi réunie toute la 15e division, Il compte défendre la ville en s'appuyant sur la ligne Grévillers, Biefvillers, Favreuil et Beugnâtre. Le général de Goeben sera à Pys avec un bataillon, quatre escadrons et quatre pièces. Le prince Albrecht qui est à Fins reçoit du général de Goeben, resté à Combles, l'ordre d'amener son détachement à Bertincourt. En outre, Goeben demande aux troupes de Barnekow qui investissent Péronne trois bataillons et quatre batteries qui devront arriver à neuf heures du matin à Sailly-Saillisel. Les ordres de Faidherbe
pour le 3 janvier sont que le 23e corps
reprendra sa marche par la route de Bapaume, la division Payen suivant
directement la route, la division Robin marchant de Mory pour tourner Favreuil.
La division du Bessol s'avancera de Bihucourt sur Biefvillers, et Derroja
qui est à Achiet-le-Petit se dirigera sur Grévillers. Le
3, le jour se lève très sombre, la terre est couverte de
neige, le froid intense. De grand matin, Faidherbe recommence l'attaque
au centre, du Bessol se lance sur Biefvillers et Derroja sur Grévillers.
A gauche, la division Payen entre à Béhagnies et Sapignies
évacués par l'ennemi ainsi qu'on l'a vu, et se rabat sur
Favreuil fortement occupé. Quant à la division Robin, dont
les troupes ne sont pas capables de rester en ligne sous la moindre fusillade,
elle se borne à couvrir notre gauche par sa présence. A droite,
Grévillers est vivement enlevé par les troupes du général
Derroja, et Biefvillers, vigoureusement défendu, l'est lui-même
bientôt, à la faveur d'un mouvement tournant par la gauche,
exécuté par les troupes de du Bessol. Puis, l'artillerie
française ayant éteint le feu des canons prussiens, les soldats
français s'élancent directement sur Bapaume, trouvant Biefvillers,
la route de Bapaume et les maisons d'Avesnes encombrés de blessés
prussiens; ils font là de nombreux prisonniers. La division du Bessol
pénètre même dans le faubourg d'Arras
Les positions le 3 janvier 1871. A gauche, le 23e corps se rend maître de Favreuil, aussitôt que son chef a fait remplacer à la gauche de sa ligne d'attaque la division Robin : deux bataillons de la brigade Delagrange. De ce côté, les Prussiens se mettent en pleine retraite, et il se produit sur toute la ligne une sorte d'accalmie. Dans l'après-midi, les Prussiens qui ne veulent pas encore s'avouer battus cherchent à tourner la droite des Français par Tilloy. Le général Lecointe dirige sur ce village la brigade Pittié qui s'en empare, malgré une vive résistance, et s'y maintient. Ensuite c'est Ligny qui est vivement disputé, mais reste en définitive aux Prussiens. A la nuit tombante. les Français n'en sont pas moins victorieux sur toute la ligne, puisque les Allemands ont été chassés de toutes les positions qu'il occupait le matin. Les troupes françaises passent dans les villages conquis la nuit que les Prussiens emploient à évacuer Bapaume et à se mettre en retraite. Les quelques lignes suivantes, extraites de l'ouvrage du grand état-major prussien sur la Guerre franco-allemande, se chargent de montrer l'état où les troupes françaises avaient réduit leur adversaire : « [...] de leur côté, les Allemands non plus n'étaient rien moins que désireux de reprendre la lutte immédiatement. L'artillerie ne parvenait même pas à reconstituer un approvisionnement suffisant [...]. Les soldats avaient un besoin urgent de repos. Afin de le leur ménager, la retraite en arrière a été décidée; et dans la matinée du 4, le mouvement était déjà en voie d'exécution, quand les avant-postes annoncèrent que l'ennemi s'était retiré des villages au Nord de Bapaume. »Faidherbe laissa cependant passer l'occasion de donner à sa victoire un caractère décisif, en ne faisant pas coûte que coûte recommencer le lendemain la marche en avant, comme le voulaient plusieurs de ses généraux cette fois plus confiants que lui. Il n'y a pas à douter que Péronne aurait été délivré le lendemain même, puisque le major Schell du grand état-major prussien nous apprend dans son livre les Opérations de la première armée que « le général Barnekow reçut à deux heures (le 3) l'ordre de se tenir prêt à lever le siège-».Le général en chef de l'armée du Nord, en présence du froid extrême, de la fatigue des troupes, de la nécessité du ravitaillement, et comptant sur une défense de Péronne assez longue pour lui permettre de renouveler sa tentative à quelques jours de délai, donna l'ordre à ses troupes de se retirer, le 4, à une dizaine de kilomètres au Nord de Bapaume, dans leurs cantonnements de Boileux, pour se refaire avant de reprendre la lutte. La bataille de Bapaume avait avait coûté à la France 1319 hommes tués ou blessés et 800 disparus dont le plus grand nombre se composait de mobilisés du général Robin, rentrés sans plus de façon dans leurs foyers. Les Allemands avouèrent le chiffre de 40 officiers et 740 hommes tués ou blessés, mais des témoignages dignes de foi portent ce nombre à 1100 hommes environ. Si l'on fait abstraction de la division Robin qui fut pour les Français plutôt un élément de faiblesse qu'une aide efficace, à cause de la confiance que sa pusillanimité inspirait aux Prussiens, nous évaluerons les forces françaises à environ 25 000 hommes dont un quart de mobiles. Les Allemands disposaient de 15 000 hommes abrités derrière les obstacles les plus faciles à défendre. (GE). |
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© Serge Jodra, 2006. - Reproduction interdite.