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Arezzo,
Arretium.
- Ville d'Italie
(Toscane), à 80 km au Sud-Est de Florence;
95 000 habitants. Cette ville domine le val de la Chiana, singulier
cours d'eau à double pente, qui met en communication le Tibre
et l'Arno, en arrière de l'Ombrone et du Subapennin toscan.
C'est une des plus anciennes villes de
l'Italie. Sous le nom d'Arretium,
elle jouait un rôle important dans la confédération
des douze villes étrusques; mais
elle fut une des premières à se soumettre aux Romains.
Dès le temps de Porsenna, elle donna l'exemple
de la défection et devint l'alliée des Romains (509 av. J.-C).
Le préteur Métellus y fut exterminé
avec 13,000 légionnaires, par les Ombriens
et les Gaulois réunis (283 av. J.-C). Arretium était en communication
avec Bologne, à travers les Apennins ,
par la belle voie Flaminienne dont
il existe encore des substructions apparentes, comme pour la plupart des
anciennes voies romaines.
Pendant la guerre sociale, Arretium avait
pris fait et cause pour les Italiens. Sylla détruisit
la ville. Mais elle fut rebâtie entre la mort de Sylla et celle de
César, et reçut le titre de colonie.
Arezzo fut très éprouvé lors des invasions des Barbares.
Les Guelfes
et les Gibelins s'y livrèrent des luttes acharnées; les
Tarlati y dominèrent quelque temps. Enfin, Florence y fit reconnaître
définitivement son autorité depuis le commencement du XVIe
siècle.
Arezzo a vu naître beaucoup d'hommes
célèbres : Mécène,
l'ami d'Auguste, descendant de l'antique famille
royale des Cilnii (Maecenas atavis edite regibus, dit de lui Horace,
Odes, I, 4); Saint Laurent, martyr; Guido Aretino (Guy
d'Arezzo), l'auteur du Micrologue, traité d'harmonie
musicale, qui donna leurs noms aux six notes du plain-chant;
le grand poète
Pétrarque; Pietro
Aretino (Pierre l'Arétin), le poète
licencieux; Leonardo Aretino (Léonard Bruni),
le secrétaire de l'historien de la République de Florence;
Vasari,
le biographe des peintres italiens;
des
Accolti,; Concini,
le favori de Marie de Médicis, dont
elle fit un maréchal de France, etc.
Michel-Ange
est né dans un château voisin d'Arezzo.
De nombreux monuments attestent encore
aujourd'hui l'ancienne splendeur d'Arezzo :
Le Dôme ou cathédrale
d'Arezzo est un édifice de style
gothique italien, fut commencé en 1277 par Jacques l'Allemand,
et continué par Margaritone. Au XVe
siècle on l'agrandit; alors un dominicain
français, Guillaume de Marseille, dit Marcilla, l'orna de très
beaux vitraux, et exécuta les peintures
de la voûte. Les objets d'art qu'on remarque à l'intérieur
sont : le maître-autel en marbre, avec des bas-reliefs représentant
la vie de Saint Donat par Giovanni de Pise; les tombeaux de l'évêque
Tarlati de Pietramala par Agostino et Agnolo de Sienne, du pape Grégoire
X par Margaritone, et du physicien Redi; les fonts baptismaux, par
Simone, frère de Donatello; plusieurs
tableaux de Franciabigio, de Vasari et de Carlo Maratta. A une porte latérale
de la cathédrale sont deux défenses d'éléphant,
qu'on dit dater du passage d'Hannibal. On conserve
enfin des archives, qui contiennent environ 2000 documents depuis Charlemagne
jusqu'à Frédéric
II.
L'église
Santa-Maria della Pieve, construite au début du IXe
siècle, sur l'emplacement d'un ancien temple, a une façade
ornée de sculptures très anciennes.
Le palais public et le palais municipal
sont décorés de vieux écussons des podestats. La maison
où est né Pétrarque (10 juillet 1304) et la maison
de Vasari attirent aussi les voyageurs.
Citons aussi un magnifique portique
sur la place du Marché et les ruines d'un amphithéâtre.
(H.
Vast / B. / A19). |
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