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![]() | Ajaccio (Adjacium, Aiazzo en génois) est le chef-lieu du département de la Corse-du-Sud, située sur la côte Ouest de la Corse![]() ![]() ![]() Ajaccio n'existe sur son emplacement actuel que depuis 1492. Antérieurement, la ville s'étendait à environ deux kilomètres au nord de la vallée occupée aujourd'hui par les vignobles et les olivettes de Saint-Jean, entre l'oratoire de Sainte-Lucie et la route qui conduisait à l'ancien pénitencier de Castelluccio au Sud-Ouest, la colline de Notre-Dame-de-Lorette au Nord-Ouest, Castel-Vecchio et la Sciarabola au Nord-Est, et la route nationale qui longe la mer au Sud-Est. A différentes reprises on a découvert dans les vignes de Saint-Jean et tout près du mamelon de Castel-Vecchio des vases contenant des bracelets en cuivre et des résilles en or, ainsi que de nombreuses monnaies et médailles romaines. Mais l'ancien Ajaccio est-il l'Ourkinion polis (Urcinium civitas) de Ptolémée? Les archéologues et les géographes sont aujourd'hui d'accord pour répondre non; la plupart pensent que ces mots désignent les populations éparpillées sur le territoire qui porta au Moyen âge Le document irrécusable le plus ancien où il soit fait mention d'Ajaccio (Adjacium) est une lettre adressée en l'an 600 par le pape saint Grégoire le Grand, à Boniface, défenseur en Corse, pour lui prescrire de faire procéder par le clergé et par le peuple à l'élection des évêques d'Ajaccio et d'Aléria ![]() Ajaccio au début du XXe siècle. La ville se situe sur la rive septentrionale de son superbe golfe, garanti des vents du Nord par une montagne de 790 m. En 1492, Ajaccio fut transféré, avec son siège épiscopal, à l'endroit où il se trouve aujourd'hui; ce fut pour des raisons de salubrité, paraît-il, que les habitants transportèrent leurs demeures sur la pointe sud du port; la ville ancienne ne tarda pas à disparaître. Lors de la guerre des Trois-Evéchés, le roi de France, Henri II, à l'instigation de Sampiero de Bastelica, envoya en Corse
Lorsque éclata la Révolution, Ajaccio s'était partagée en plusieurs camps; les soutiens de l'autorité royale, officiers, fonctionnaires, moines, la plupart de vieilles familles génoises, et leurs partisans, eurent à lutter contre les Paolistes et les représentants des idées nouvelles dirigés par les Bonaparte, Filippo Masseria, Peraldi, Pozzo di Borgo. On organisa la garde nationale; on fonda un club patriotique. Paoli, revenu de l'exil, fut nommé président du directoire du département et commandant en chef des gardes nationales. Mais, la Révolution avançant, Paoli devint le chef des contre-révolutionnaires et livra la Corse C'est d'Ajaccio, dans la nuit du 28 septembre 1815, que Murat partit pour son expédition de Calabre Un historien du XVIe siècle, Agostino Giustiniani, évêque de Nebbio, et un historien du commencement du XVIIe, Aurelio d'Istria Sorba, nous ont laissé des descriptions de l'Ajaccio du Moyen âge Ajaccio jusqu'à l'occupation française fut une ville purement génoise. Lors de la lutte de la SS. République avec Gio. Paolo de Leca, les Génois seuls pouvaient habiter la cité; à cette époque on y fit venir cent familles de la Riviera di Ponente, ainsi que quelques nobles citoyens de Gênes; on y envoya en garnison de nombreux soldats qui, les troubles apaisés, restèrent dans le pays, s'y marièrent et y firent souche. Dans tous les actes officiels Ajaccio est appelé « colonie » par le gouvernement génois. La garnison d'Ajaccio ne devait pas comprendre de Corses ni de natifs, même Génois ou fils de Génois. Quiconque était né soit dans la cité, soit dans la juridiction ne pouvait être élu capitaine, lieutenant, caporal des cohortes à pied. Aucun Corse ou fils de Corse ne pouvait être employé dans la chancellerie. Toutefois, dès la fin du XVIe siècle, nous voyons les Anciens adresser une supplique au Sénat de Gênes pour le prier d'accorder : que tous ceux qui habitent la ville depuis son édification jusqu'à l'année 1553 soient réputés citoyens d'Ajaccio de quelque nation qu'ils puissent être, que tous participent aux mêmes charges et jouissent des mêmes droits. ![]() Sur le golfe d'Ajaccio : la tour de Capitello. Le gouvernement de la métropole était représenté par le commissaire (commissario), qui remplissait en même temps la charge de podestat de la ville. Le commissaire, nommé pour dix-huit mois, présidait les réunions des Anciens et du Conseil; il avait droit à une garde d'arbalétriers à cheval. Dans toute cause civile il pouvait faire procéder à l'exécution de ses sentences; dans les affaires criminelles il fallait, pour toute peine afflictive, l'approbation du gouverneur général. Il jugeait les contestations entre seigneurs et vassaux. L'appel des sentences du commissaire était porté devant les syndics envoyés par le Sénat de Gênes. En 1572, la ville était administrée par le Conseil (Consiglio) et les Anciens (Antiani). Les Anciens étaient au nombre de six, quatre Génois et deux Corses. Au commencement de chaque année, en présence du commissaire et des Anciens, on mettait dans une boîte le nom de tous les hommes d'Ajaccio âgés de vingt ans, puis on tirait au sort soixante noms, trente-six de Génois et vingt-quatre de natifs; ces soixante personnes réunies aux Anciens formaient le Conseil de la ville pour une année. En 1577, on réduisit le nombre des membres du Conseil à vingt-sept; dans ce nombre étaient compris les six Anciens nouvellement élus ainsi que les six Anciens sortants. Nouvelle réforme en 1658 : on mettra dans l'urne les noms de trente citoyens ayant trente ans accomplis et sachant lire et écrire : les six premiers noms sortis sont ceux des Anciens; le tirage aura lieu tous les deux ans. Vu l'accroissement de la population, le nombre des membres du Conseil est porté de vingt-sept à quarante. Personne ne peut être nommé à un office quelconque s'il n'habite dans la cité depuis dix ans, et s'il ne possède maison, vigne, champ sur le territoire; à l'exception des citoyens génois qui peuvent participer à tous les honneurs aussitôt qu'ils viennent habiter la ville. Les Anciens nomment : le capitaine de la ville pour le maintien de la paix publique, le syndic de la commune, le capitaine de la tour et ses officiers, le médecin de la cité, les conservateurs de la santé, les membres du magistrat dell' Abondanza, della Pietà, delle Piante, etc. Pendant la période française, en vertu d'un édit du roi (mai 1771), la communauté devait élire chaque année à la pluralité des voix de ses habitants chefs de famille, âgés de vingt-cinq ans : un podestat et deux pères du commun, choisis parmi les plus distingués et devant savoir lire et écrire, etc. Ces élections devaient être confirmées par l'intendant. Le podestat était chargé de la police. Au civil il pouvait juger les affaires n'excédant pas douze livres; au criminel il pouvait condamner même à l'emprisonnement pour vingt-quatre heures, sauf à en référer au juge royal de la province. Tous les actes de la municipalité devaient être approuvés par le subdélégué. On établit à Ajaccio un siège de maréchaussée et un siège d'amirauté. Les armoiries accordées à la ville par le gouvernement génois le 28 janvier 1575 étaient : d'azur, à une colonne d'argent surmontée d'un écu d'azur à la croix de gueules, et soutenue par deux chiens d'argent contre-rampants; le tout terrassé de sinople. Pour devise : Sic Adjacenses in rempublicam Januensem. Jusqu'à la fin du XVIe siècle Ajaccio ne posséda qu'une paroisse et ne renferma que le couvent des servites. Par la suite on construisit les églises de Saint-Jérôme, de Saint Jean-Baptiste, des Jésuites, de Saint-François, de Saint-Roch dans le bourg; on y érigea le collège des jésuites, le couvent des clarisses, les couvents des capucins et des FF. mineurs de l'Observance. Pour l'entretien de l'hôpital le gouvernement génois avait décidé que tout habitant de ce côté des Monts (les Bonifaciens exceptés), qui ferait un testament, devrait léguer cinq sous de Gênes audit hôpital; si cette clause était omise, les cinq sous devaient être prélevés sur la succession. De plus, l'abattoir était affermé au bénéfice de l'hôpital. Dès le XVIIe siècle la ville fut dotée d'un mont-de-piété. Malgré sa magnifique situation au fond d'un golfe de douze milles de large, Ajaccio n'a jamais été une ville commerçante; au Moyen âge La ville renfermait plus de cent feux en 1531, environ trois cents feux en 1586, deux mille habitants en 1602, deux mille cinq cent quatre-vingt-treize en 1746 ; dix-huit mille en 1881; plus de 65 000 aujourd'hui. Parmi les personnages nés à Ajaccio, nous citerons : Napoléon, Lucien, Louis, et Jérôme Bonaparte, le cardinal Fesch, l'évêque André Giustiniani ; Giustiniani Pompée, général au service de Venise et historien; les frères Rossi, généraux sous Louis XVI; le dernier maréchal d'Ornano, et les généraux Cataneo, Fiorella, etc. (Ch. Dufourmantelle). ![]() Une ancienne vue d'Ajaccio. |
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