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Acrotère
(architecture). - Ce mot dérivé du grec akrôtèrion,
qui signifie point, extrémité, a été donné
à une sorte de piédestal,
souvent sans base ni corniche, qui se place au sommet et aux angles d'un
fronton
pour supporter des statues ou des ornements.
Le même mot signifie parfois, mais plus rarement, dans le langage
moderne, les extrémités ou faites de bâtiments; les
acrotères des corniches rampantes doivent avoir, selon Vitruve,
la moitié de la hauteur du fronton. On donne encore le nom d'acrotère
aux petits murs ou dosserets qu'on place, à, côté des
piédestaux entre le socle et la tablette des balustrades.
Les sujets placés sur les acrotères
variaient beaucoup souvent c'étaient des statues; Pausanias
rapporte que l'on voyait à Olympie,
aux angles du temple de Zeus, des vases en or, et, à son sommet,
une
Victoire du même métal, sous laquelle se trouvaient un bouclier
doré et une gorgone. Au sommet du fronton des Trésors, à
Olympie, était placé un bouclier avec des inscriptions. On
voit encore à Munich le couronnement du fronton du temple d'Egine .
L'acrotère du sommet était
couronné par un ornement formé de combinaisons de courbes,
accompagné de chaque côté par de petites figures; il
ne reste que des fragments de celui du Parthénon
qui paraît analogue. On ne connaît pour l'antiquité
grecque aucun exemple, aucune place des acrotères d'angle; toutefois,
les stèles antiques et diverses analogies y font admettre des chimères,
des antifixes, des vases sur les dessins qu'on établit aujourd'hui
des monuments supposés restaurés dans leur état primitif.
Vitruve
dit que « les acrotères ou piédestaux des angles auront
comme hauteur la moitié du tympan;
et celui qui sera sur la pointe du milieu aura, pour mieux se montrer,
un huitième en plus. Tous les membres qui doivent être assis
au-dessus des chapiteaux des colonnes,
architraves,
frises,
corniches,
tympans, pignons et acrotères doivent
pencher en avant, chacun du douzième de sa hauteur; on sait en effet
que quand nous sommes placés devant la façade
d'un édifice, si deux lignes partant du centre de notre mil s'étendent
en sorte que l'une arrive à son pied et l'autre à son faite,
la ligne qui atteindra ce sommet sera beaucoup plus longue que l'autre
: et de là vient que, plus la vue fait une ligne allongée
en montant, plus il faut que son objet se rejette en arrière; si
donc l'ouvrier fait pencher en avant, comme nous avons dit, il semblera
au regard que l'ensemble est bien d'aplomb. »
On a voulu établir que cet ornement
avait une fonction constructive l'acrotère figurerait, suivant cette
théorie, la pierre qui, dans les temples primitifs, préservait
la toiture de la violence du vent, et qui, plus tard, devient l'élément
de stabilité des frontons. Léon de Vesly a établi
des diagrammes à cet effet. L'emploi des acrotères s'est
perpétué dans des constructions modernes. (C.
N. et B.). |
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